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Moyen-Orient

Liban : évacuation musclée des manifestants qui occupaient le ministère de l'Environnement

© AFP | Des manifestants évacués du ministère libanais de l'Environnement à Beyrouth, le 1er septembre 2015.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/09/2015

La police libanaise a évacué, mardi, des dizaines de manifestants qui occupaient le ministère de l'Environnement, réclamant la démission du ministre sur fond de crise des ordures ménagères.

Aux cris de "Dehors ! Dehors ! Le ministre de l'Environnement dehors !", plusieurs dizaines de jeunes militants ont occupé, mardi 1er septembre, le ministère libanais de l’Environnement, sur fond de crise des ordures ménagères et de manifestations inédites contre la corruption de la classe politique.

Après plusieurs heures, la police anti-émeute a évacué par la force les manifestants, après avoir obligé la plupart des journalistes présents à sortir du bâtiment, selon des images retransmises par les télévisions locales. Plusieurs d'entre eux ont indiqué aux médias avoir été violemment battus par la police.

Un responsable de la Croix-Rouge libanaise a affirmé que celle-ci avait "soigné sur place 15 personnes évacuées du bâtiment, dont un pour suffocation et 14 pour coups" reçus.

"Ils nous ont fracassés, certains ont été frappés à la tête", a témoigné l'un des activistes, Tarek al-Mallah, au micro de la chaîne LBCI. Sur les dizaines de jeunes qui étaient présents à l'intérieur du bâtiment depuis le début du sit-in, quatorze avaient décidé dans un premier temps de rester jusqu'à la démission du ministre. Mais plus tard dans la soirée, l'occupation du ministère a pris fin. Selon un militant cité par l'AFP,  la police a évacué "en les bousculant" la dizaine de militants qui se trouvaient encore à l'intérieur des locaux.

De son côté, le ministre de l'Intérieur, cité par l'agence de presse nationale libanaise, a déclaré qu'un accord était intervenu avec eux pour qu'ils quittent le bâtiment dans le calme. Quant au ministre de l'Environnement, il est parvenu à sortir ensuite du bâtiment dans un convoi, selon les médias locaux.

À l'extérieur du ministère, plusieurs centaines de manifestants, venus exprimer leur solidarité avec les militants qui ont occupé le bâtiment, ont fait face aux forces de l'ordre, déployés en masse dans le secteur. Certains d'entre eux ont lancé des bouteilles d'eau et divers projectiles en direction des policiers.

Plus tôt, les protestataires ont expliqué à Reuters être arrivés par petits groupes pour tromper la vigilance des gardes. Aux cris de "Machnouk, dehors!", ils s'étaient regroupés dans les couloirs du dernier étage du bâtiment, à l'extérieur duquel plusieurs centaines d'autres manifestants se sont rassemblés sous la surveillance des forces de l'ordre, présentes en nombre.

Certains militants se trouvaient dans un couloir proche du bureau du ministre, a détaillé cette employée sous couvert de l'anonymat. Le ministre Mohammad Machnouk se trouve dans son bureau, a-t-elle confirmé. Des militants étaient assis à même le sol du ministère situé dans le centre-ville de Beyrouth.

"Vous puez"

L'un des organisateurs de la campagne "Vous puez", Lucien Bourjeily, qui a été blessé au moment de son évacuation, avait affirmé à l'AFP que les jeunes "ne quitteraient pas les lieux avant la démission du Mohammad Machnouk".

Cette escalade surprise est intervenue quelques heures avant l'expiration du délai fixé par la campagne citoyenne à 16 h GMT pour obtenir la démission du ministre de l'Environnement et trouver une solution durable à une crise des ordures qui dure depuis un mois et demi. "S'ils répondent à nos revendications avant l'expiration du délai, nous nous retirerons", a ajouté Lucien Bourjeily.

>> À lire sur France 24 : "Au Liban, la crise des déchets dégénère et éveille une conscience citoyenne"

Mais le Premier ministre, Tammam Salam, "n'offrira pas le cadeau" de la démission du ministre de l'Environnement, Mohammad Machnouk, a indiqué mardi une source proche du chef du gouvernement, cité par la chaîne locale LBCI.

"Il est injuste de faire porter au ministre de l'Environnement la responsabilité d'une crise vieille de plusieurs années dont tous les partis politiques sont responsables", a ajouté cette source.

Organisée par le collectif "Vous puez", la campagne de protestations a commencé avec la crise des ordures provoquée à la mi-juillet par la fermeture de la plus grande décharge du Liban et l'amoncellement des déchets dans les rues. Mais cette mobilisation illustre surtout le ras-le-bol d'une population contre la corruption endémique, le dysfonctionnement de l'État et la paralysie des institutions politiques.

Samedi, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans la ville pour dénoncer le gouvernement d'union nationale.

Avec AFP
 

 

Première publication : 01/09/2015

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