Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Mali: 160 pompiers tentent de sauver le marché de Bamako

En savoir plus

LE DÉBAT

Laurent Wauquiez : quel projet pour la droite ?

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Sahel : "L'ennemi a évolué, mais nous aussi", selon l'amiral Isnard

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Chilla, un nouveau visage du hip-hop féminin français

En savoir plus

FOCUS

Sénatoriale dans l’Alabama : une élection qui divise sur fond de pédophilie

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Super Poutine"

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCO

L'OMC sous la pression des États-Unis

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Laurent Wauquiez, adroit ou à droite?"

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Mahamadou Issoufou : "L’État malien peut s’écrouler"

En savoir plus

Moyen-Orient

Riyad à la tête du Conseil des droits de l'Homme à l'ONU, stupeur et colère des ONG

© Pierre Albouy / UN GENEVA / FLICKR | L'ambassadeur saoudien Faisal bin Hassan Trad (à gauche), à Genève (Suisse), en janvier 2014.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 22/09/2015

L’ambassadeur saoudien a pris, cette semaine, la tête du panel du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU. Une décision choquante pour les ONG qui n’ont de cesse de dénoncer les violations de ces droits dans le royaume.

Après la stupeur, la colère. Les défenseurs des droits de l’Homme ont cru d'abord à une farce grotesque, avant de rapidement déchanter après la confirmation, lundi 21 septembre, de la prise de fonction du Saoudien Faysal bin Hassan Trad à la tête du panel du Conseil des droits de l'Homme de l’ONU.

L’ambassadeur de l’Arabie saoudite aux Nations unies a été élu par ses pairs en toute discrétion, dès le mois de juin, sans que cette information ne soit rendue publique. Il sera en charge de diriger l’organe qui désigne les fonctionnaires qui vont édicter les standards internationaux en matière de droits de l'Homme et dénoncer les violations constatées dans le monde. "En tant que chef d'un groupe de cinq diplomates puissants, le rôle influent donnera à Mr Trad le pouvoir de sélectionner les candidats du monde entier pour plusieurs missions d'experts", précise le quotidien britannique "The Independent".

Un des pays les plus répressifs au monde

Un comble pour un pays désigné comme étant l’un des plus répressifs au monde par les ONG de défense des droits de l’Homme. Et le dossier de la pétromonarchie wahhabite, par ailleurs accusée de financer des mouvements islamistes radicaux, est lourd : restrictions des libertés d’expression et d’association, liberté religieuse hors islam inexistante, procès inéquitables, discrimination envers les femmes et la minorité chiite, exercice de la torture et peines de mort arbitraires.

Dans son dernier rapport, publié en août 2015, Amnesty International dénonce "un système judiciaire gravement déficient" et un "recours arbitraire à la peine de mort dans le royaume". Selon l’ONG, entre août 2014 et juin 2015, "en moyenne une personne tous les deux jours" a été exécutée, en général par décapitation. "Ne tolérant toujours pas la dissidence, l’État prenait des mesures répressives contre les personnes qui le critiquaient, notamment les blogueurs et autres commentateurs en ligne, les militants politiques et les défenseurs des droits des femmes, les membres de la minorité chiite et les militants et défenseurs des droits humains" précise encore l’ONG.

"Un feu vert" pour fouetter le blogeur Raif Badawi

La nomination de Faysal bin Hassan Trad a déclenché la colère de UN Watch, chargée de s’assurer que l’organisation internationale respecte "une juste application des principes de la charte des Nations unies".

Dans un communiqué, le directeur de l’ONG Hillel Neuer estime "qu'il est scandaleux que l’ONU ait choisi un pays qui a exécuté plus de gens que Daech [autre nom de l'organisation de l'État islamique, NDLR] cette année pour présider le panel du Conseil des droits de l’Homme". Il a ajouté que "les pétrodollars et la politique l’ont emporté sur les droits de l’Homme", tout en soulignant qu’une telle décision remettait en cause la crédibilité de l’organe onusien.

Sur Internet, les critiques n’ont pas tardé à fuser. Si de nombreux internautes ont fustigé la nomination de l’ambassadeur saoudien à un tel poste, d’autres se sont attachés à rappeler le sort réservé par Riyad au blogueur Raif Badawi.

Ce dernier, qui fait partie des candidats pour le Prix Sakharov 2015 du Parlement européen, qui sera remis en octobre, est accusé "d’insultes à l'islam" pour avoir notamment critiqué certains dignitaires religieux du royaume. Raif Badawi, lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières pour la liberté de la presse, a vu sa peine de 10 ans de prison et de 1 000 coups de fouet confirmée, début juin, par la Cour suprême d'Arabie saoudite.

L’épouse du blogeur, Ensaf Haidar, qui mène une campagne internationale visant à obtenir sa libération, déclare sur sa page Facebook que la décision de l'ONU équivaut à donner "le feu vert" à l'Arabie saoudite "pour recommencer à fouetter" son mari.

Rien n’indique que le nouveau président saoudien du panel du Conseil des droits de l'Homme de l’ONU se penchera rapidement sur son sort…

Première publication : 22/09/2015

  • ARABIE SAOUDITE

    Prison et coups de fouet confirmés pour le blogueur saoudien Raif Badawi

    En savoir plus

  • ARABIE SAOUDITE

    La femme du blogueur saoudien Raif Badawi craint le pire pour son mari

    En savoir plus

  • ARABIE SAOUDITE

    L’Arabie saoudite recrute huit bourreaux sur Internet

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)