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FRANCE

L’affaire Morano, prélude d’une possible fracture au sein des Républicains

© Jean-Christophe Verhaegen, AFP | L’ex-fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy a maintenu, mercredi 30 septembre 2015, ses propos sur la France, "pays de race blanche".

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 01/10/2015

Au-delà de la polémique, les propos de Nadine Morano sur la France et la "race blanche" soulignent l’évolution du paysage politique français et de la droite traditionnelle. Une fracture au sein du parti Les Républicains n'est pas à exclure.

Après trois jours de réflexion et une tempête médiatique, Nicolas Sarkozy a fini par trancher, mercredi 30 septembre, sur le cas Nadine Morano. L’investiture de l’ancienne ministre en Meurthe-et-Moselle, lors des élections régionales, devra lui être retirée, a-t-il décidé. "J'aime la liberté, j'adore le débat. Je préside une formation politique avec des sensibilités multiples, mais je n'accepterai aucun dérapage, parce que je ne veux pas la caricature de ce que nous sommes", a déclaré le président du parti Les Républicains (LR).

Les propos de Nadine Morano sur la France, "pays de race blanche" selon elle, ne ressemblent pourtant pas à un dérapage incontrôlé. L’ex-fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy les a d’ailleurs maintenus mercredi. Au contraire, pour le politologue Jean-Yves Camus, chercheur associé à l'Iris et spécialiste de l’extrême-droite, contacté par France 24, il s’agit là d’"une position qui semble mûrement réfléchie et pensée". "Il n’y a pas de raison d'y voir une déclaration à l’emporte-pièce sortie de sa bouche par précipitation, ajoute-t-il. Il s’agit bien d’une ligne politique, d’une vision de la France."

L’ancien président de la République a lui-même souvent tenu des propos proches de la ligne du Front National, que ce soit sur l’immigration, l’identité nationale, ou la délinquance des jeunes. Inspirée par son ancien conseiller Patrick Buisson, la stratégie de ses campagnes présidentielles de 2007 et 2012 a ainsi notamment consisté à faire du "Le Pen light" : adopter certaines thématiques auparavant propres à l’extrême-droite dans le but de récupérer une partie des électeurs frontistes.

"Une course poursuite assez folle avec le FN"

Mais Nicolas Sarkozy a toujours joué un numéro d’équilibriste dans ce domaine. Et sa réaction au sujet de Nadine Morano montre que pour lui, une limite a été franchie. À deux mois des élections régionales, il se devait par ailleurs d’apaiser les troupes, et en particulier les membres de l’UDI avec lesquels LR fait alliance. Acculé par Philippe Richert, la tête de liste LR-UDI-MoDem dans le Grand Est, qui lui demandait de sanctionner Nadine Morano, l’ancien chef de l’État a donc fait le choix de la raison.

"La vraie question, ça n’est pas ce que fait Nicolas Sarkozy avant les régionales ou ce qui arrive à Nadine Morano, mais de savoir qui partage à droite la vision de cette dernière, souligne Jean-Yves Camus. Cette affaire soulève de vraies questions car il y a aujourd’hui une course poursuite assez folle avec le FN pour l’hégémonie à droite et que, du côté des Républicains, on comprend enfin qu’il y a le feu à la maison, que Marine Le Pen est en passe de gagner le bras de fer."

Pour toute une frange des Républicains, incarnée notamment par les chantres de la "droite décomplexée", adopter les thèmes frontistes est devenu l’unique solution pour exister. Nadine Morano est d’ailleurs directement concernée par cette problématique puisque c’est le vice-président du parti de Marine Le Pen, Florian Philippot, qui conduit la liste FN dans le Grand Est.

"Nadine Morano se dit qu’elle doit aller chercher les électeurs du Front National, poursuit Jean-Yves Camus. C’est tout à fait symptomatique du débat qui a agité la droite après 2012 : certains estiment que Nicolas Sarkozy a perdu parce qu’il s’est trop aventuré sur le terrain du FN, d’autres parce qu’il ne l’a pas assez fait."

Le thème des réfugiés syriens devrait être central lors des élections régionales

Or les cartes ont été rebattues en trois ans. Le Front National a imposé une tripolarisation de la vie politique et ses thèses sont régulièrement reprises, que ce soit dans les propos d’intellectuels, de personnalités politiques ou médiatiques et, surtout, d'un nombre croissant de Français.

"Il y a en effet une résonnance de ce qu’elle dit chez les électeurs, estime Jean-Yves Camus. Le thème des réfugiés syriens devrait être central lors des élections régionales, car c’est la question de la culture avec laquelle ils viennent qui se pose et de l’avenir à long terme de la population française. On entend des choses sur le ‘grand remplacement’, une thématique de plus en plus ouvertement abordée. La donne a changé."

Dans ce contexte, un mauvais résultat aux régionales face au FN pourrait provoquer des règlements de compte. "Un effet Morano après les élections n’est pas à exclure, affirme ainsi Jean-Yves Camus. La possibilité de voir une vraie fracture au sein des Républicains est tout à fait réelle."

Première publication : 01/10/2015

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