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Afrique

Assinie, le phénix touristique de la Côte d'Ivoire

© Guillaume Guguen, France 24 | Assinie offre un décor paradisiaque très prisé des grosses fortunes de la Côte d'Ivoire.

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 26/10/2015

Lieu de villégiature privilégié des milliardaires étrangers et de la bourgeoisie abidjanaise, Assinie s'est toujours relevée des crises du secteur touristique ivoirien. Aujourd'hui, le village ambitionne d'attirer les classes moyennes du pays.

"Paradis de la Côte d'Ivoire", "Saint-Tropez de l'Afrique", "pointe des milliardaires"... Assinie possède autant de surnoms qu'elle compte de plages de luxe. Située à 80 kilomètres au sud-est d'Abidjan, cette zone résidentielle traversée par la lagune Aby est devenue un haut lieu de la jet-set abidjanaise, où les villas des riches hommes d'affaires étrangers côtoient celles des dirigeants politiques et des hauts fonctionnaires. Le chef de l'État sortant Alassane Ouattara y a une maison. L'ancien couple Laurent et Simone Gbagbo y avait également la leur.

Chaque week-end, des colonnes de rutilants 4x4 descendent d'Abidjan pour rejoindre le décor paradisiaque de ce village de pêcheurs qu'on dit "à l'abri des yeux". Avec son sable fin, ses cocotiers et sa brise marine qui "apporte le bon air", la station balnéaire semble hors du temps. Et de portée des feux de l'actualité qui, en cette période électorale, se sont braqués sur la Côte d'Ivoire.

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Il se dit même qu'au plus fort des événements post-électoraux de 2010-2011, Assinie a été préservée des violences. Sur le pont qui donne accès au village, les habitants, armés de fusils, auraient eux-mêmes défendu leur localité des assauts de jeunes venus de la ville voisine de Bonoua, fief de Laurent Gbagbo.

Alpha Blondy et "Les Bronzés" comme ambassadeurs

Propulsée au rang de trésor national par la star du reggae Alpha Blondy qui lui a consacré une chanson à la fin des années 1990, la presqu'île a longtemps fait les frais de la torpeur touristique dans laquelle le pays fut plongé durant une décennie. "En 1998, il y avait beaucoup de monde. Jamais nous n'avons retrouvé cette affluence", observe Augustin, piroguier qui vit du transport des touristes de part et d'autre de la lagune.

Le piroguier Augustin gagne sa vie en transportant les touristes de part et d'autre de la lagune. © Guillaume Guguen, France 24

À cette époque, l'activité économique de la région est portée par la présence d'un Club Méditerranée à Assinie et du complexe La Valtur à Assouindé. Le premier est même devenu, à son corps défendant, le symbole du tourisme de masse puisque c'est lui qui a servi de décor, en 1978, à ce classique de la comédie populaire hexagonale que sont "Les Bronzés".

Las, l'instabilité politique née du coup d'État de 1999 contre Henri Konan Bédié entraîne la fermeture des deux camps. Assinie entame alors une petite traversée du désert avant de renaître au milieu des années 2000. Malgré les crises qui ont continué de secouer la Côte d'Ivoire.

"En 2005, des Français, des Libanais et des Abidjanais ont acheté des terrains et ont commencé à construire", affirme Alphonse, jeune ouvrier dans le bâtiment. Aux abords comme à l'intérieur du village, les grossistes en ciment et les quincailleries témoignent de cet emballement pour le résidentiel.

Le tourisme, "ça ne se mange pas"

Confortées par la hausse de fréquentations des visiteurs internationaux (ils étaient plus de 470 000 à avoir visiter la Côte d'Ivoire en 2014), les autorités affirment vouloir faire du tourisme l'un des piliers du développement économique. De 0,6 % en 2011, l'apport du secteur dans le produit intérieur brut (PIB) s'élevait à 2 % en 2013 et 4,3 % en 2014, selon les chiffres officiels.

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Mais, même à l'échelle d'Assinie, la croissance, "ça ne se mange pas". "Il y a de l'argent en Côte d'Ivoire, mais il ne circule pas", regrette Alphonse. Certes, le tourisme peut être pourvoyeur d'emplois mais "les salaires sont miettes" et l'activité des habitants reste souvent cantonnée à l'informel.

De fait, le secteur peine à se structurer par manque d'interlocuteurs au sein de l'administration. La cinquantaine de piroguiers-guides œuvrant dans le village travaillent individuellement, livrés à eux-mêmes. Augustin a installé dans une rue une pancarte faisant la publicité de sa petite entreprise. Mais il n'est pas le seul. "Nous avons chacun notre coin sur le ponton qu'on a construit. Nous, on a fait des efforts, on a de la volonté mais on ne nous aide pas", explique le guide qui ne trouve des clients que par la grâce d'un partenariat officieux avec un hôtel de luxe du coin.

En un week-end, un piroguier peut empocher 60 000 francs CFA (91 euros), soit le montant du salaire mensuel minimum. Mais tous savent qu'en fédérant leurs forces, leurs revenus pourraient augmenter. "En période électorale, les cadres du village promettent de nous aider, mais ils nous blaguent", déplore Augustin.

Mariages, baptêmes et pédalo

"On peut pourtant faire des trucs super, ici", constate Michel, propriétaire depuis février d'un restaurant posé sur les bords de la lagune. Ce Français originaire du Pays basque est convaincu que le charme d'Assinie n'est pas exclusivement réservé aux grosses fortunes. Sa cible : les classes moyennes abidjanaises en quête d'échappées belles le week-end, qui s'autorisent déjà timidement quelques jours de repos sur la presqu'île.

Le restaurateur a des projets pour dynamiser ce village trop longtemps condamné, selon lui, à demeurer une zone résidentielle pour milliardaires. À côté de son établissement, Michel prévoit de développer des activités pédalo et canoë. "Le matériel doit arriver la semaine suivant l'élection".

Reste que, là aussi, Michel a l'impression de se battre seul : "Des Abidjanais viennent déjà pour des mariages, des baptêmes. Mais rien n'est fait pour leur donner envie de revenir. Comme le parc hôtelier n'est destiné qu'aux riches, se loger représente un coût. Et il n'existe aucune structure d'accueil qui, tel un office de tourisme, pourrait mettre en valeur le paysage et toutes les possibilités de balades. Il y a un manque de volonté politique mais les pouvoirs publics gagneraient à s'y intéresser."

L'offre commence toutefois à s'élargir. Un restaurant, tenu par des locaux, vient d'ouvrir à côté de celui de Michel. Un hôtel, au standing plus modeste que les "lodges" clinquants bordant la lagune, est tout juste sorti de terre près du ponton des pirogues. Rome ne s'est pas faite en un jour.

Première publication : 26/10/2015

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