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FRANCE

À Niort, le premier cimetière écologique pour un repos éternel bio

© Élodie Le Maou, capture d'écran vidéo AFP | Des pelouses et des arbres ornent le "cimetière naturel" de Souché, à Niort, (Deux-Sèvres).

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/11/2015

La ville de Niort est la seule commune de France à posséder un cimetière entièrement "naturel", soucieux de l'environnement. Une initiative originale qui pourrait rapidement se développer dans l'Hexagone.

Bonne nouvelle pour les écolos, qui peuvent désormais reposer en paix dans un écrin de verdure de 4 000 mètres carrés de pelouses arborées. La ville de Niort, dans l'ouest de la France, a en effet conçu un cimetière entièrement naturel.

Exit le marbre et les fleurs en plastique, la nécropole de Souché a été pensée "pour minimiser l'empreinte écologique et faire le lien entre défunts, visiteurs et la nature," explique Ève-Marie Ferrer, paysagiste à la direction des espaces publics de la mairie de Niort.

Du bio pour tous… les morts

Inauguré en 2014, le lieu de repos niortais ne rassemble pour le moment qu’une douzaine de sépultures. Sans distinction de religion, le cimetière communal accueille tous ceux qui le souhaitent, pourvu qu’ils adhèrent de leur vivant à la Charte rédigée par la ville. Pour y reposer, il faut accepter l’idée qu'il n'y aura ni caveau, ni pierre tombale, mais un pupitre de 30 centimètres en calcaire local. Pas non plus de cuve bétonnée, mais une inhumation en pleine terre.

Les linceuls et habits des défunts doivent être en fibres naturelles et les soins chimiques de conservation du corps sont strictement interdits. Le cercueil est en bois non-traité ou en matériaux recyclés et les vernis certifiés sans solvant. Les tombes peuvent toutefois être ornementées de fleurs naturelles.

Et pour pas cher

En plus d’être écologique, le cimetière est économique. L’aménagement y est réduit au strict minimum. Les arbustes sont issus des friches communales et une meule de récupération fait office de banc au centre du paisible "jardin de dispersion des cendres", où l'on a planté l'"Arbre des printemps", une sculpture en métal, également récyclée.

Les obsèques et la concession (de 15 à 30 ans) coûtent en outre "entre 1 500 et 2 500 euros", précise Dominique Bodin, le conservateur des cimetières de Niort. Un prix moyen auquel il n’est plus utile d’ajouter le coût d’une pierre tombale et d’un cercueil parfois onéreux.

Les Fradon, un couple d'enseignants retraités sont venus visiter l'endroit : "Les marchands de la mort facturent tout : poignées, capitons et même le coussin sous la tête ! Mais en a-t-on besoin ?", s'agace monsieur. Il trouve donc "géniale" cette idée "de cimetière écolo et pas cher". Madame "envisage déjà cette option" pour elle-même.

Vers de nouveaux modèles

Ce type de cimetière va sans nul doute se multiplier dans les prochaines années. D’abord pour des raisons sociologiques, puisqu'en 30 ans, les usages du cimetière ont changé. Avec une cellule familiale éclatée, "les proches ne sont plus nécessairement implantés sur le territoire communal et le besoin de perpétuer l'espace de repos et de recueillement s'est amenuisé", explique Dominique Bodin.

Les communes l'ont bien compris, en supprimant pour la plupart les concessions perpétuelles pour en faire des concessions à durée déterminée de 30, voire 50 ans. "Il faut donc s'interroger sur ce que deviendront ces stèles ou caveaux de granit importés de Chine à grands frais et difficilement recyclables, si les concessions ne sont pas renouvelées", souligne encore le conservateur.

Il y a enfin des raisons environnementales évidentes : "L'utilisation déraisonnée d'herbicides dans les cimetières traditionnels a rendu le sol tellement stérile qu'il ne peut plus absorber la matière organique des corps", observe le responsable de la ville. L'échéance proche de 2020, quand seront interdits les pesticides dans les lieux publics, doit, selon lui, inciter à "faire la transition dès aujourd'hui du cimetière minéral au cimetière végétal".

Instruit par les exemples du nord de l'Europe (Royaume-Uni, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Scandinavie), le conservateur mesure "le retard de la France", où le nombre de défunts faisant l'objet d'une crémation a décuplé en 30 ans (35 % aujourd'hui), avec une demande croissante d'espaces cinéraires de proximité adaptés.

Avec AFP

Première publication : 01/11/2015

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