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Moyen-Orient

Israël exclut un roman d'amour entre une Israélienne et un Palestinien des programmes des lycées

© Gil Cohen Magen, AFP | L’auteure de "Haie", Dorit Rabinyan, a pris l'exclusion de son roman des programmes scolaires avec ironie.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/01/2016

Le ministère israélien de l'Éducation a provoqué une polémique dans les milieux culturels de l'État hébreu en excluant du programme des lycées un roman relatant une histoire d'amour entre une Israélienne et un Palestinien.

Le ministère israélien de l’Éducation dirigé par Naftali Bennett, le chef de file du parti nationaliste et conservateur Le Foyer Juif, a décidé de ne pas inclure au programme des lycées juifs un roman d’amour entre une Israélienne et un Palestinien.

Selon les médias israéliens, la commission ministérielle chargée de sélectionner les œuvres littéraires des établissements scolaires l'a jugé dangereux. Le livre "Haie" ("Geder Haya"), écrit par l'Israélienne Dorit Rabinyan en 2014, serait susceptible d’attiser les tensions entre les élèves juifs et arabes.

La couverture du livre "Haie" ("Geder Haya") de l'auteure israélienne Dorit Rabinyan.

Un mariage entre un Juif et un non-juif est considéré comme une "menace"

"Ce livre pourrait inciter à la haine et provoquer beaucoup d’émotions [dans les classes]", a en effet estimé Dalia Fenig à la tête de la commission en question, au micro de la radio de l’armée israélienne.

>> À (re)lire sur France 24 : Un mariage entre un musulman et une juive convertie attise les tensions en Israël

Les relations intimes entre juifs et non-juifs et la possibilité qu'elles se concrétisent par un mariage et la fondation d'une famille "sont considérées par de larges segments de la société comme une menace pour une identité séparée", a-t-elle déclaré à la presse israélienne pour justifier sa décision.

Dorit Rabinyan, l'auteure juive d'origine iranienne, a pris, elle, l'affaire avec ironie : "Apparemment, quelqu'un au ministère de l'Éducation continue à croire que la littérature a le pouvoir de changer les choses dans les esprits malléables de la jeunesse et - allez savoir pourquoi - cela ressemble à un motif d'optimisme pour moi". "C'est au-delà de ce que je pouvais imaginer possible ici mais pour nous c'est très positif, cela va doper les ventes".

Supprimer "Haie" du programme est une "honte"

Evidemment, l’interdit entraînant souvent la transgression, cette mise à l'index de "Haie" semble avoir provoqué un engouement auprès des professionnels du livre. La librairie indépendante Tamir Books de Jérusalem a affirmé à l’AFP avoir dû passer commande pour honorer les demandes de ses clients.

>> À lire sur France 24 : Un restaurant israélien divise l'addition de 50 % si Arabes et juifs mangent ensemble

Reste qu’une partie du monde culturelle israélien s’offusque de cette décision. Pour Oriana Inbar, qui enseigne la littérature hébraïque dans un lycée de Tel Aviv, l’exclusion de ce roman des programmes est une "honte". "J’espère que le tollé va conduire le ministère de l’Éducation à changer d’avis. J’en parlerai à mes élèves et je suis certain qu’ils se précipiteront pour acheter le livre", a déclaré cette enseignante à Radio-Israël.

Le ministère de l’Éducation ne "comprend rien"

Cette décision a également scandalisé des auteurs de premier plan comme Abraham B. Yehoshua qui a rendu hommage à un "livre grand et profond". Le ministère montre qu'il "ne comprend rien à ce qu'est la vraie littérature", a-t-il déclaré.

Les relations sentimentales avec des Israéliens sont très mal perçues dans la société palestinienne. En réalité, de telles relations sont rares mais sont un sujet régulièrement exploré dans la création artistique israélienne.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 01/01/2016

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