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FRANCE

France : l’allocation universelle dépassera-t-elle le stade de la proposition ?

© Éric Feferberg, AFP | Le député Les Républicains Frédéric Lefebvre, le 11 juin 2013, sur les bancs de l'Assemblée nationale.

Texte par Romain BRUNET

Dernière modification : 04/01/2016

Alors que la Finlande a annoncé récemment sa volonté d’expérimenter un revenu universel de base, le député Les Républicains Frédéric Lefebvre plaide pour la mise en place d'une mesure similaire en France afin d’éradiquer la pauvreté.

L’idée n’est pas nouvelle mais le député Les Républicains Frédéric Lefebvre est bien décidé à remettre sur les rails le concept d’une allocation universelle. Le principe se veut simple et efficace, selon ses partisans : le remplacement de l’ensemble des aides sociales par une allocation universelle mensuelle versée dès la naissance et comprise entre 500 et 1 000 euros permettrait d’éradiquer la pauvreté en France.

"C’est une question de bon sens mais qui devient maintenant une urgence compte tenu de l’évolution de la société, a affirmé Frédéric Lefebvre, lors d’un entretien à France 24, dimanche 3 janvier. Nous avons actuellement un système qui ne fonctionne plus. Depuis 40 ans, nous votons chaque année un budget en déficit. Or le seul moyen d’éradiquer la pauvreté avec un système moderne, c’est en inventant un nouveau modèle qui permettrait à chacun de se construire, de se former, de s’investir dans des projets et d’entreprendre. L’allocation universelle n’éloignerait pas les gens du travail comme peuvent le craindre certains. Au contraire, elle les en rapprocherait."

En réalité, la notion de revenu de base est loin d’être moderne. Les philosophes Thomas More, dès le XVIe siècle, et Thomas Paine, au XVIIIe siècle, l’évoquaient déjà. Des personnalités aussi différentes que Napoléon, Martin Luther King ou Milton Friedman ont également émis des idées proches. Au Canada, le système a même été testé localement dans les années 1970.

Plus récemment en France, Christine Boutin, Dominique de Villepin ou encore Europe-Écologie-Les-Verts ont aussi fait des propositions en ce sens. Mais celles-ci n’ont jamais dépassé ce stade. L’ancien secrétaire d’État au Commerce espère donc faire mieux et demande au gouvernement de mettre sur pied un groupe de travail qui permettrait de chiffrer la mise en œuvre d’une telle mesure. Selon lui, "il y a une opportunité exceptionnelle de se lancer aujourd’hui puisque d’autres pays font cette expérimentation".

Quarante ans après le Canada, le gouvernement finlandais vient en effet d’annoncer, fin novembre, qu’il espérait verser un revenu de base de 800 euros par mois à un échantillon de sa population à partir de 2017. Son Premier ministre, Juha Sipilä, a confié au directeur de recherche de l’institution gérant les aides sociales en Finlande, Olli Kangas, le soin de travailler sur cette expérimentation et de faire des propositions d’ici novembre 2016.

Éradiquer la pauvreté en faisant des économies

Selon Olli Kangas, cité par le site d’information américain FastCoexist.com, remplacer l’ensemble des prestations sociales par un revenu de base aurait un triple intérêt : adapter le système d’aides sociales à l’évolution du marché du travail, où le statut de salarié à plein temps pour une seule et même entreprise tendrait à disparaître ; inciter les demandeurs d’emploi qui feraient preuve de manque de volonté à fournir davantage d’efforts dans leurs recherches, puisque le revenu de base serait inférieur aux allocations chômage ; et enfin réduire la bureaucratie – c’est-à-dire le nombre de fonctionnaires – en charge de la gestion de l’ensemble des aides sociales existantes, ce qui aurait pour effet, selon le directeur de recherche, d’engendrer des économies.

"Pour la première fois, on va avoir une expérimentation à une grande échelle, souligne Frédéric Lefebvre, qui reprend à son compte les arguments d’Olli Kangas. L’expérimentation au Canada ne portait que sur une seule ville. Là avec la Finlande, on est dans la logique d’un grand pays qui se trouve en grande difficulté économique et qui décide de faire un basculement complet de son système."

Le député des Français de l’étranger résidant en Amérique du Nord parviendra-t-il à convaincre la France qu’il est possible d’éliminer la pauvreté en faisant des économies ? L’adhésion du gouvernement de Manuel Valls, ne serait-ce que pour évaluer le coût et l’intérêt éventuel d’une telle mesure, est loin d’être acquise. Le 23 octobre 2015, Frédéric Lefebvre avait ainsi déposé un amendement au projet de loi de finances 2016 pour demander au gouvernement un rapport sur l’allocation universelle. Mais le secrétaire d’État au Budget, Christian Eckert, avait refusé d’accéder à sa demande.

Cet amendement avait par ailleurs été critiqué par le Mouvement français pour un revenu de base (MFRB) qui milite pour une telle allocation depuis 2012. Dans un communiqué daté du 12 novembre, le MFBR rappelait que la proposition de Frédéric Lefebvre visait à "remplacer l’ensemble des aides sociales, le système actuel du revenu de solidarité active, de la prime pour l’emploi, des aides au logement et des exonérations de cotisations patronales", ainsi que "l’ensemble des aides au logement, au chômage, aux études ou les pensions de retraite". Or, soulignait le MFBR, "avec un tel mécanisme, une grande partie des populations soutenues par les mécanismes actuels de protection sociale seraient perdantes".

Le député Les Républicains sait donc qu’il doit encore convaincre. "Je vais voir [le ministre de l’Économie] Emmanuel Macron la semaine prochaine au CES de Las Vegas [qui se tient du 6 au 9 janvier], j’en profiterai pour évoquer le sujet, annonce Frédéric Lefebvre à France 24. C’est quelqu’un qui a la capacité à se projeter vers un nouveau modèle. J’espère qu’on pourra mettre en place ce groupe de travail pour qu’on puisse enfin, parlementaires de gauche comme de droite, se mettre autour de la table de façon sérieuse et y réfléchir ensemble."

Première publication : 03/01/2016

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