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Le procès du marchand d'art Guy Wildenstein pour fraude fiscale s'ouvre à Paris

© Mychele Daniau, AFP | Alec Wildenstein, l'un des héritiers du marchand Daniel Wildenstein, le 7 mars 2002 à Deauville.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 04/01/2016

Le procès du marchand d’art franco-américain Guy Wildenstein s’ouvre lundi 4 janvier à Paris. L’héritier âgé de 70 ans, qui vit aux États-Unis, est accusé de fraude fiscale et blanchiment d’argent. Il encourt jusqu'à dix ans de prison ferme.

Il est l’un des principaux héritiers de trois générations de marchands d’art, propriétaire de toiles de maître prestigieux, de chevaux de course célèbres, de propriétés luxueuses. Lundi 4 janvier pourtant, Guy Wildenstein, qui vit aujourd’hui aux États-Unis, devra répondre devant la justice française d’accusations pour fraude fiscale et blanchiment d’argent. S’il est reconnu coupable, il risque jusqu’à dix ans de prison.

Le justice lui reproche d’avoir dissimulé une large partie de la fortune héritée de son père, Daniel Wildenstein, décédé en 2001, en enregistrant ses biens principalement dans des paradis fiscaux et des fonds de placement (trust). Une tendance à la cachotterie qui l'aurait repris à la mort de son frère aîné Alec en 2008. Depuis, le fisc français a refait les calculs et estimait, fin 2014, que le collectionneur lui devait quelque 550 millions d’euros.

Guy Wildenstein ne sera pas le seul membre de la famille à comparaître lundi. Sur le banc des accusés se trouveront également le fils de son frère, Alec Junior, également accusé de fraude fiscale, ainsi que la veuve de ce dernier, Liouba.

Règlement de comptes... familiaux

Dans la famille Wildenstein, ce sont les femmes qui, se sentant sans doute lésées, tirent les sonnettes d'alarme. D’abord la première épouse d’Alec, Jocelyne, qui attira la première l’attention médiatique sur les affaires de la famille à la suite d’un divorce houleux en 1998.

Puis ce sera la veuve de Daniel Wildenstein qui pointera du doigt la situation fiscale de Guy Wildenstein en portant plainte contre son beau-fils pour mauvaise évaluation du montant de la fortune familiale. On lui doit d’ailleurs d'avoir qualifié les batailles d’argent livrées au sein de sa propre famille de "Dallas-sur-Seine".

Enfin Liouba elle-même qui, s’estimant d’abord victime de mauvaise répartition, a fini par se retrouver mise en examen. Grâce à elle, les enquêteurs ont obtenu des informations décisives sur les montages offshore de Guy et Alec Junior.

Les avocats des Wildenstein devraient axer leur défense autour d’un point d’achoppement principal. La loi obligeant à déclarer au fisc français les fonds de placement ne date que de 2011, soit plusieurs années après les faits reprochés. Les avocats remettent également en cause la double mise en examen, à la fois pénale et fiscale.

 

Avec AFP

Première publication : 03/01/2016

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