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Moyen-Orient

Riyad annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran

© Fayez Nureldine, AFP | Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al Djoubeir, lors de la 136e Conférence de coopération du Golfe le 10 décembre 2015.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 04/01/2016

Le ministre saoudien des Affaires étrangères a annoncé dimanche la rupture des relations diplomatiques de l’Arabie saoudite avec l’Iran. Riyad a donné 48 heures au personnel de la mission diplomatique pour quitter le territoire.

L’Arabie saoudite a décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran, a annoncé dimanche 3 janvier Adel al Djoubeir, le ministre saoudien des Affaires étrangères. Cette décision intervient après l'exécution d'un dignitaire chiite par le gouvernement de Riyad qui a provoqué la colère des autorités iraniennes.

Les autorités saoudiennes ont exigé du personnel de la mission diplomatique iranienne et aux administrations qui lui sont rattachées en Arabie saoudite qu'il quitte le territoire dans un délai de 48 heures.

L'Arabie saoudite est déterminée à ne pas laisser l'Iran affaiblir sa sécurité nationale, a affirmé le ministre saoudien.

Des manifestants iraniens ont envahi l'ambassade d'Arabie saoudite à Téhéran dans la nuit de samedi à dimanche, après l'exécution dans le royaume wahhabite de 47 condamnés, dont un haut dignitaire chiite.

Cette attaque ainsi que celle du consulat saoudien dans la ville iranienne de Machhad constituent "une violation flagrante de toutes les conventions internationales", a déclaré Adel al Djoubeir en accusant les autorités iraniennes de n'avoir rien fait pour les empêcher.

"La main divine"

Samedi soir, des manifestants s'étaient massés devant les portes de l'ambassade pour protester contre l'exécution du cheikh Nimr al-Nimr, virulent critique du régime saoudien. Ils ont réussi à pénétrer dans l'enceinte et y ont tenté de mettre le feu avant d'être chassés par la police, rapporte l'agence de presse iranienne Isna.

Un des clichés diffusés sur les réseaux sociaux montre une salle saccagée et des meubles brisés, sous un portrait du roi Salman d'Arabie saoudite.

"Sans aucun doute, le sang du martyr [Nimr, NDLR] versé injustement portera ses fruits et la main divine le vengera des dirigeants saoudiens", avait averti le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.

De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a publié un communiqué appelant au calme et demandant aux manifestants de respecter les lieux diplomatiques, rapporte le site internet Entekhab. Quarante manifestants ont été arrêtés à Téhéran et quatre à Machhad.

La "plus importante exécution en masse" depuis 1980

Les relations entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite évoluent en dents de scie depuis la révolution islamique iranienne en 1979. Les deux puissances sont souvent en désaccord sur les moyens de régler les crises dans la région et s'accusent mutuellement de chercher à y élargir leur influence.

Elles avaient rompu leurs relations diplomatiques de 1987 à 1991, en raison de sanglants affrontements entre pèlerins iraniens et forces saoudiennes lors du pèlerinage à La Mecque en 1987.

La nouvelle crise a éclaté avec l'exécution du dignitaire Nimr âgé de 56 ans. Quarante six autres personnes condamnées pour "terrorisme", dont la majorité pour des attentats attribués au réseau sunnite Al-Qaïda, ont été exécutées en même temps que lui.

Il s'agit selon Human Rights Watch de la "plus importante exécution en masse" (lien en anglais) en Arabie saoudite depuis 1980.

Avec Reuters et AFP
 

Première publication : 03/01/2016

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