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Hong Kong sous le choc après la disparition d'éditeurs critiques à l'égard de Pékin

© Anthony Wallance, AFP | Des manifestants à Hong Kong dénoncent la disparition de cinq éditeurs critiques à l'égard de Pékin.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/02/2016

Cinq responsables d’une maison d’édition hongkongaise réputée pour son ton critique à l’égard de Pékin ont disparu ces derniers mois. Le signe d’une reprise en main de l’ancienne colonie anglaise par le régime ?

Plusieurs disparitions, une lettre étrange, l’ombre d’un régime autoritaire qui agirait en coulisse et une petite librairie de quartier à Hong Kong. Tels sont les ingrédients d’un mystère qui, depuis près de deux mois, nourrit la colère des habitants de l’ancienne colonie britannique à l’égard de Pékin. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a même, mardi 5 janvier, dénoncé des “accusations sans fondements” de la part des Hongkongais.

Le pouvoir central chinois est, en effet, soupçonné d’avoir fait enlever cinq personnes liées à la librairie locale “Causeway Bay Books”, spécialisé dans les livres critiques à l’égard du régime. Lee Bo, l’un des actionnaires principaux de cette “petite boutique coincée entre des magasins de vêtements et de vitamines”, d’après la description de la chaîne BBC, a disparu depuis mercredi 30 décembre.

Enlèvement mystérieux en Thaïlande

Sa femme Sophie Choi a, certes, décidé de retirer, lundi 4 janvier, la plainte pour enlèvement qu’elle avait déposée la semaine dernière. Elle a en effet dévoilé un fax que lui aurait envoyé son mari, la veille, expliquant qu’il s’était rendu en Chine de son “plein gré pour coopérer avec les parties concernées” sans plus de précision.

Mais cette lettre n’a fait qu'augmenter le trouble des proches de Lee Bo et de la bande de la “Causeway Bay Books”. Ses amis, interrogés par la BBC, assurent qu’il s’agit bien de l’écriture de Lee Bo, mais ils soupçonnent que le texte lui a été dicté par “ceux qui le détiennent”.

Car c’est Lee Bo, lui-même, qui avait dès le mois de novembre 2014 tenté d’attirer l’attention des médias sur la vague de disparitions frappant ses proches et collègues. Il s’agit de Gui Minhai, Lui Bo, Cheung Jiping et Lam Wing-kei qui travaillent tous pour la maison d’édition Mighty Current, propriétaire de la librairie “Causeway Bay Books”.

Le cas le plus étrange concerne Gui Minhai, le fondateur de Mighty Current. Ce quinquagénaire hongkongais naturalisé suédois est le seul des quatre à ne pas avoir disparu à Hong Kong puisqu’il a été enlevé à Pattaya en Thaïlande, en novembre. Une enquête du “Guardian” a permis de retrouver une vidéo de camera de surveillance sur laquelle on peut voir l’éditeur hongkongais quelques instants avant son enlèvement. Malgré l’existence de ces images - qui montrent également un homme en train d’observer l’arrivée de Gui Minhai au pied de son immeuble - et les pressions de l’ambassade de Suède, les autorités thaïlandaises n’ont pas déployé beaucoup d’efforts pour le retrouver, affirme le quotidien britannique.

La vie amoureuse de Xi Jinping ?

Gui Minhai n’est pourtant pas le premier éditeur venu. Il a bâti une confortable fortune en publiant plus de 200 livres qui évoquent essentiellement la vie privée des dignitaires du régime chinois. Ces ouvrages connaissent un véritable succès auprès des touristes chinois qui se rendent à Hong Kong, souligne le “New York Times”. L’un de ces livres s’intéresse, par exemple, à la vie sexuelle “débridée” de Bo Xilai, la star déchue du Parti communiste qui a été condamnée à la prison à vie pour “corruption et abus de pouvoir” en 2013. Un autre s’en prend à Zhou Yongkang, l’ancien tout puissant ministre de l’Intérieur qui, à son tour, est tombé en disgrâce l’an dernier.

Mais Mighty Current ne s’intéresse pas seulement aux anciennes gloires du parti unique chinois. La maison d’édition a également fait paraître plusieurs livres dans lesquels Xi Jinping, le président, faisait une apparition. Ces ouvrages au ton irrévérencieux, qui prennent ouvertement quelques libertés avec la vérité au profit du sensationnalisme, ont le don d’irriter Pékin rapporte le Guardian.

À tel point que les proches de ces éditeurs disparus pensent que le prochain livre à paraître a été la goutte littéraire qui a fait déborder le vase à scandales. Gui Minhai n’a pas eu le temps de remettre le manuscrit à ses collaborateurs mais d'après Albert Ho, président du parti démocrate hongkongais, le livre traitait de la vie amoureuse passée de Xi Jinping, un sujet des plus sensibles. La Chine vient-elle de démontrer que  la liberté d’expression accordée à Hong Kong s'arrêtait au seuil de la chambre à coucher de son président ?

Première publication : 05/01/2016

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