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Venezuela : l'investiture de l'Assemblée nationale tourne au bras de fer entre le gouvernement chaviste et l'opposition

© Juan Barreto, AFP | Le député d’opposition Julio Borges (au centre), nouvellement élu, et le chaviste Hector Rodriguez (deuxième en partant de la droite) se disputent pendant la cérémonie d’investiture du nouveau Parlement à Caracas, le 5 janvier 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 06/01/2016

La nouvelle Assemblée nationale vénézuélienne a été investie mardi. Pour la première fois depuis 1999, elle est dominée par l'opposition de droite qui a remporté les législatives du 6 décembre et apparaît déterminée à défier le président Maduro.

Un bras de fer a débuté mardi 5 janvier au Venezuela entre l’opposition de droite et le gouvernement chaviste de Nicolas Maduro. Au terme d'une cérémonie d'investiture chahutée et marquée par le départ de l'hémicycle des députés pro-chavistes (du nom du président défunt Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013), l’opposition de Nicolas Maduro s’est emparée des clés du Parlement et la nouvelle Assemblée nationale a officiellement pris ses fonctions.

Les anti-chavistes n’ont toutefois pas réussi à obtenir la majorité qualifiée des deux tiers, qui leur aurait conféré de larges prérogatives dont celles de convoquer un référendum ou de mettre en place une Assemblée constituante. Ils ne détiennent que 109 des 167 sièges de l'Assemblée nationale, mais mardi, seuls 163 députés ont été officiellement investis pour cinq ans. La prise de fonction des quatre députés manquants, trois de l'opposition et un chaviste, est temporairement suspendue par une décision du Tribunal suprême de justice (TSJ).

"Les choses changent ici"

Avec 109 députés, l'opposition détient malgré tout la majorité des trois cinquièmes qui lui permet d'adopter des mesures importantes: s'opposer aux décrets présidentiels de M. Maduro, voter une motion de censure contre des ministres ou le vice-président pouvant entraîner leur destitution.

"À partir d'aujourd'hui, les choses changent ici", a déclaré Henry Ramos Allup, le nouveau président du Parlement, en évoquant ouvertement le départ de Nicolas Maduro. Dans son discours, cet anti-chaviste farouche a réaffirmé son intention de proposer, "dans un délai de six mois", une voie "constitutionnelle pour changer de gouvernement".

En écho, Nicolas Maduro a prévenu dans la soirée qu'il défendrait d'une "main de fer" la démocratie et la stabilité du pays, affirmant que l'opposition ne le ferait pas "reculer ni trembler".

La marge de manœuvre de l’opposition amoindrie par Maduro

Dans la nuit de lundi à mardi, le président Maduro avait pourtant garanti une prise de fonction "pacifique" des nouveaux députés lors de déclarations retransmises à la télévision. Cette déclaration avait été perçue comme un signe d’apaisement mais qui a rapidement été remis en question par la décision du chef de l’État publiée mardi, de s'attribuer le pouvoir de nommer le président et les dirigeants de la Banque centrale, l'organisme qui régit la politique monétaire du pays. Jusqu'ici, cette attribution revenait à l'Assemblée nationale.

Cette nouvelle mesure vient amoindrir la marge de manœuvre de l'opposition, qui a promis de prendre des mesures fortes pour faire face à la profonde crise économique qui frappe le pays. Le Venezuela, qui possède les plus grandes réserves pétrolières du monde, a vu son économie s'effondrer ces derniers mois au même rythme que les cours du brut.

Outre l’économie, l'opposition entend faire voter une loi d'amnistie des 75 prisonniers politiques qu'elle recense, parmi lesquels l'opposant radical Leopoldo Lopez, 44 ans. Ce dernier a été condamné en septembre à près de 14 ans de prison pour incitation à la violence au cours de manifestations en 2014, qui ont officiellement fait 43 morts.

Avec AFP

Première publication : 05/01/2016

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