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EUROPE

La maire de Cologne critiquée pour ses "conseils" aux femmes pour éviter les agressions

© Oliver Berg, AFP | La maire de Cologne, Henriette Reker, lors d'une conférence de presse après la centaine d'agressions sexuelles à la gare centrale.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 07/01/2016

La maire de Cologne Henriette Reker a conseillé aux femmes de garder une distance "d’une longueur de bras" avec les inconnus pour éviter les problèmes. Une déclaration jugée choquante après la centaine d’agressions sexuelles à la gare de Cologne.

La maire de Cologne, Henriette Reker, doit se dire qu’elle a raté une occasion de se taire. Même le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas, a exprimé sur Twitter, mercredi 6 janvier, tout le mal qu’il pensait des “conseils de comportement pour les jeunes femmes les soirs de fête” prodigués par l’édile allemande. “Ce ne sont pas les femmes qui sont responsables, mais les agresseurs”, a affirmé sur le réseau social l’influent ministre.

Il répondait à des propos tenus par Henriette Reker lors d’une conférence de presse consacrée, la veille, à l’enquête sur la centaine d’agressions sexuelles à la gare centrale de Cologne la nuit du Nouvel An. En réponse à une question sur les manières d’améliorer la sécurité des femmes, la maire avait affirmé qu’elles “pouvaient toujours faire attention à se tenir à une distance d’au moins la longueur d’un bras d’une personne qu’elles ne connaissent pas”.

#EineArmlaenge

Par cette phrase, Henriette Reker a ajouté un scandale politique à un drame national. Ce “conseil”, qui peut laisser croire que les victimes des agressions de la nuit du 31 décembre n’auraient pas pris toutes les précautions nécessaires pour éviter ce qui leur est arrivé, a soulevé l'opprobre dans tout le pays.

#EineArmlaenge (“la longueur d’un bras”) est devenu le cri de ralliement sur les réseaux sociaux pour dénoncer ce dérapage verbal. Au premier rang des détracteurs, plusieurs victimes de viol ont souligné que ce n’est pas un bras qui aurait pu les sauver de la détermination de leur agresseur. Il sont nombreux aussi à juger, comme cette internaute, qu’après ses déclarations, Henriette Reker ne doit plus “être qu’à une longueur de bras de la démission”. Le député Vert de Saxe-Anhalt Sebastian Striegel “ne veut pas vivre dans un monde qui impose aux femmes de suivre de ‘règles de comportement’ pour ne pas devenir des victimes d’agressions sexuelles”

Pour dénoncer l’absurdité du “conseil” de la maire de Cologne, le journaliste suisse de la SRF (Radio et Télévision suisse) Konrad Weber se demande sur Twitter “quelle est la longueur idéal d’un bras” pour protéger les femmes d’une agression ? D’autres ont, comme souvent sur les réseaux sociaux, recours à l’humour pour ridiculiser les propos d’Henriette Reker. Certains ressortent, par exemple, des vidéos de la chorégraphie de la "Macarena" (qui comporte beaucoup de mouvements de bras) en affirmant que cette danse allait devenir le nouveau guide de survie des femmes contre les agressions sexuelles. Des photos de prothèses de bras ont souvent été postées sur Twitter par des internautes qui affirment ironiquement qu’il s’agit de la “nouvelle meilleure arme contre les agressions sexuelles en Allemagne”.

Déclaration sortie de son contexte

Face à cette déferlante de critiques, Henriette Reker a affirmé au magazine Spiegel que sa déclaration avait été sortie de son contexte. C’est vrai : la maire avait cité ce conseil comme étant l’un des exemples des “bons comportements à adopter en soirée par les jeunes filles” que la Ville de Cologne avait mis en ligne sur son site Internet et qui allait être enrichi après les agressions à la gare centrale.

Mais, comme l’explique le quotidien de gauche Sueddeutsche Zeitung, la maire devrait avoir le bon sens politique suffisant pour comprendre qu’en période de forte émotion nationale, il faut éviter de prononcer des phrases qui peuvent passer pour des mises en cause des victimes d’un drame.

Première publication : 06/01/2016

  • ALLEMAGNE

    L’Allemagne sous le choc après une centaine d’agressions sexuelles

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