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FRANCE

Deux Français partis en Syrie condamnés par la justice à six et dix ans de prison

© Jacques Demarthon, AFP | Les deux Français étaient jugés pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actions terroristes.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/01/2016

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné deux Français partis combattre en Syrie, Zakaria Chadili et Ziyeid Souied, à six et dix ans d'emprisonnement. Le premier est revenu en France, le second est toujours en Syrie aux côtés de l'EI.

Deux Français partis en Syrie en 2014 ont été condamnés vendredi 8 janvier par la justice à six ans de prison pour l'un, rentré en France, et dix ans pour l'autre, resté en Syrie. Ils étaient jugés pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actions terroristes.

>> À lire sur France 24 : En Syrie et en Irak, un jihadiste français sur trois est une femme

Zakaria Chadili, détenu en France depuis un an et demi, a été condamné à six ans de prison, alors que le procureur avait requis sept ans contre lui. Il avait passé six mois auprès d'un groupe affilié à Al-Qaïda avant de rentrer en France.

"Fragilité psychologique"

Il n'a pas été décidé pour lui de période de sûreté, ce qui rend en théorie possible des aménagements de peine dans quelques mois pour le jeune homme de 28 ans. Le président du tribunal, en annonçant la peine de six ans sans période de sûreté, a dit vouloir concilier la "nécessaire répression" pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes, et la "volonté de réinsertion" manifestée par le prévenu.

Il a aussi évoqué la "fragilité psychologique" du prévenu, et un contexte familial "problématique" : des parents séparés, des rapports compliqués des enfants avec leur mère, une Française convertie au soufisme, mouvance mystique de l'islam.

Son avocat, Me Martin Pradel, a jugé que le tribunal avait "entendu la prise de distance" de Zakaria Chadili avec ses agissements passés, et qu'il lui donnait "une chance" de se réinsérer.

À l'audience, le 8 décembre dernier, Zakaria Chadili avait raconté une radicalisation rapide à l'été 2013, au moment du jeûne du ramadan. Disant vouloir "se rapprocher de Dieu", il se brouille avec ses proches, enregistre sur son ordinateur des photos en hommage à Ben Laden, consulte la page Facebook d'un recruteur de jihadistes.

"La pile électrique"

La justice française a été moins clémente avec Ziyeid Souied, 22 ans, toujours en Syrie, qui est devenu un membre actif de l’organisation de l'État islamique (EI). Le tribunal correctionnel de Paris l’a condamné en son absence à dix ans d'emprisonnement, suivant cette fois les réquisitions du parquet. Aux dernières nouvelles, il travaillait dans la "police" de l'organisation et participait au recrutement de jihadistes étrangers. Le président a par ailleurs souligné sa "dangerosité".

Selon une source proche du dossier, les enquêteurs ont notamment obtenu des renseignements sur son parcours par une jeune femme que le jihadiste a épousée religieusement en Syrie, et qui a été entendue après être rentrée en France l'an dernier. Elle a donné des détails sur les diverses missions de Ziyeid Souied pour le groupe État islamique, sur les rémunérations qu'il percevait (un "salaire de 100 dollars" pour "des surveillances") ou sur les armes du couple.

Un proche de Ziyeid Souied, resté en contact avec lui après son départ en Syrie, a raconté, selon une source proche du dossier, que le jeune homme né à Gap (Hautes-Alpes) se vantait d'être l'un des meilleurs dans ses entraînements. Et d'être surnommé pour cette raison "la pile électrique".

Avec AFP

Première publication : 08/01/2016

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