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En Syrie et en Irak, un jihadiste français sur trois est une femme

© Facebook, (page "Raqqa is Being Slaughtered Silently") | Des femmes photographiées à Raqqa, bastion de l'EI en Syrie, en 2014.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 08/01/2016

À en croire des chiffres des services de renseignement français, le nombre de femmes françaises qui partent en Syrie ou en Irak est en nette progression. Désormais un jihadiste français sur trois est une femme. Décryptage.

Parmi les jihadistes français présents sur le sol syrien ou irakien, un sur trois s’avère être une femme. D'après les chiffres fournis dans un rapport confidentiel des services de renseignement consulté par France Info, les Françaises qui partent en Syrie ou en Irak sont de plus en plus nombreuses. "En constante progression depuis deux ans, [leur nombre] a même connu ces derniers mois une accélération", précise la radio publique.

Sur les 600 ressortissants français présents dans les rangs de l'organisation de l’État islamique (EI), Paris recensaient 220 femmes en décembre, contre 164 en septembre. En 2014, 150 Françaises se trouvaient en Syrie aux côtés des différents groupes jihadistes, toujours selon le même rapport.

"Ces données confirment une tendance observée sur toute l’année 2015 par les spécialistes qui relatent une augmentation du nombre d’hommes et de femmes françaises rejoignant les rangs de l’organisation de l’État islamique", note Wassim Nasr, spécialiste des questions jihadistes au sein de la rédaction de France 24.

Selon France Info, leur proportion est passée de 10 % en 2013 à 35 % fin 2015. En outre, un tiers de ces Françaises sont des converties à l’islam, contre seulement un sur six chez les hommes.

La question des jihadistes françaises a longtemps été sous-estimée, voire ignorée, d’autant plus que les femmes sont assez peu nombreuses à être poursuivies par la justice dans les affaires de terrorisme. À l’heure actuelle, seules 22 femmes sont mises en examen en France, contre 213 hommes.

"Les femmes sont un pilier du système sociétal de l’EI"

En général, ces Françaises n'envisagent pas ce périple seules : elles partent soit pour rejoindre leur mari, soit pour épouser un combattant sur place. Comme les hommes, les plus radicalisées font la hijra (émigration en terre d’islam) par conviction religieuse. "Elles développent un certain ressentiment à l'encontre de leur pays d'origine qu'elles considèrent comme islamophobe", expliquait récemment Myrna Nabhan, politologue spécialiste du monde arabe à France 24. Elles quittent donc un Occident "corrompu" et "mécréant" pour rejoindre cette "société islamique" idéalisée.

Une fois sur place, leur rôle ne se résume pas seulement à porter le niqab, à trouver un mari jihadiste et à procréer. Déterminées, elles viennent pour tenir un rôle "actif" au sein du califat autoproclamé par le chef Abou Bakr al-Baghdadi. "Les femmes sont un pilier du système sociétal de l’EI, insiste Wassim Nasr. Elles sont parties prenantes de la stratégie du groupe et leur rôle est primordial dans le sens où ce modèle sociétal ne peut pas exister sans elles". D’ailleurs, à des fins de propagande, l’EI n’hésite pas à communiquer sur l’importance des femmes présentes dans ses rangs, qui doivent aussi soigner les combattants blessés et s'occuper de la logistique, dans le but de séduire d’autres aspirantes jihadistes .

Éduquer les prochaines générations de jihadistes

Si, pour l'heure, elles ne combattent pas sur le front (même si elles ont le droit de s’entraîner au maniement des armes pour qu’elles puissent se défendre), elles sont chargées de recruter, via les réseaux sociaux des femmes désireuses de faire le jihad, et surtout d’élever les futurs jihadistes. "Elles ont la charge d’éduquer les prochaines générations de jihadistes et d’inculquer cette idéologie à leurs enfants, d’autant plus que ces femmes sont aussi motivées par des raisons idéologiques, peut-être même plus que les hommes", précise Wassim Nasr.

En outre, certaines d’entres elles sont enrôlées dans des brigades de police islamique, chargées de faire respecter les règles de vie, conformément à une vision ultra-rigoriste de l’islam. C’est notamment le cas de la brigade Al-Khansa, qui est exclusivement composé de femmes, et qui opère à Raqqa, la capitale officieuse du "califat". Décrites comme impitoyables et parfois violentes par des femmes qui ont réussi à fuir le groupe, elles ont pour mission de faire appliquer la charia en contrôlant, espionnant et repérant les femmes récalcitrantes ou "rebelles".

Parfois leurs responsabilités sont encore plus étendues. Capturée en mai dernier par un commando américain, Oum Sayyaf, la veuve d'un haut responsable de l'EI, était en charge des réseaux de femmes, des recruteuses, des espionnes, mais aussi de celui des esclaves sexuelles à l'intérieur du "califat", selon le Daily Beast.

Première publication : 08/01/2016

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