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Vidéo : cinq ans après la révolution en Tunisie, le parti Nidaa Tounès rongé par les divisions

© capture d'écran France 24 | Le parti au pouvoir en Tunisie, Nidaa Tounès, a perdu la majorité à l’Assemblée après 11 nouvelles défections parmi ses députés.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/01/2016

Le parti Nidaa Tounès a perdu la majorité à l’Assemblée tunisienne, lundi, après 11 nouvelles défections dans ses rangs. Les dissidents reprochent au parti au pouvoir son autoritarisme et son rapprochement avec les islamistes d’Ennahda.

Cinq ans après la révolution de Jasmin en Tunisie et moins d’un an après l’accession au pouvoir de Nidaa Tounès, le parti présidentiel est gangréné par une crise partisane. Lundi 11 janvier, le Parlement tunisien a voté la confiance à un gouvernement largement remanié par le Premier ministre Habib Essid pour lui donner un nouveau souffle. Le même jour, 11 députés de Nidaa Tounès (L’Appel de la Tunisie) ont annoncé qu’ils quittaient les rangs de ce parti laïc, lui coûtant la majorité au Parlement.

"Au total, nous sommes 28 à avoir [quitté le parti], et ce nombre pourrait augmenter dans les jours à venir", a déclaré à Reuters la députée Sabrine Ghoubatnini. "Nos départs visent à protester contre la politique d'exclusion et le transfert dynastique du pouvoir vers le fils du président", a-t-elle ajouté.

>> À lire sur France 24 : Il y a cinq ans, Mohamed Bouazizi s'immolait par le feu en Tunisie

Suite à ces défections, Nidaa Tounès ne compte désormais plus que 58 députés sur un total de 217 à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP). Les islamistes modérés d’Ennahda, membres du gouvernement de coalition, constituent à présent le premier parti de l’Assemblée, avec 69 sièges.

Les démissionnaires de Nidaa Tounès critiquent un manque de démocratie interne et dénoncent le rôle de plus en plus important joué par le fils du président, Hafedh Caïd Essebsi. Ces désaccords, apparus l'an dernier, ont d’ailleurs donné lieu à une scission entre une faction dirigée par le fils du chef de l'État, et une autre conduite par Mohsen Marzouk, l'un des fondateurs du parti. Les dissidents fustigent également une alliance avec le parti Ennahda, jadis ennemi juré de Nidaa Tounès.

"La Tunisie est un oiseau, Ennahda et Nidaa Tounès sont ses ailes"

Cette force ayant émergé en 2013 s’était en effet imposée dans le paysage politique tunisien en menant des manifestations contre l'ancien gouvernement formé par Ennahda. Lors des élections de 2014, Nidaa Tounès, dont le programme était résolument anti-islamistes, a battu son adversaire, avant de devoir former une coalition avec lui. Un an plus tard, ces deux partis rivaux, unis dans la lutte anti-terroriste, semblent plus proches que jamais.

Illustration de cette nouvelle amitié controversée : samedi 9 janvier, le leader du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, a été reçu en invité d’honneur lors du congrès de Nidaa Tounès dans la ville de Sousse. "Pour nous la Tunisie est un oiseau, et Ennahda et Nidaa Tounès sont ses deux ailes", a-t-il triomphalement lancé lors d’un discours d’une vingtaine de minutes ponctué d'applaudissements.

>> À voir sur France 24 : En Tunisie, le cauchemar du terrorisme est de retour

Ce revirement de stratégie du parti au pouvoir s’inscrit dans un contexte de lutte antiterroriste dans le pays, alors que la Tunisie s'efforce d'endiguer les violences jihadistes après les attentats de l'an dernier, et d'encourager la croissance de son économie.

Désormais, "la gestion du pouvoir se fait autour d'alliances, pas autour de partis majoritaires et minoritaires, ce n’est plus le cas", justifie Faouzi Elloumi, le vice-président de Nidaa Tounès, au micro de France 24. Pour le ministre de la santé et également membre de Nidaa Tounès Saïd Aïdi, l’heure est en effet au "compromis utile pour le pays".

Nidaa Tounès, "un appendice d'Ennahda"

Toutefois, cette main tendue aux islamistes est considérée d’un très mauvais œil par les partisans de Mohsen Marzouk, à la tête d’une faction dissidente.

"Il n'y a plus de démocratie à Nidaa Tounès. Maintenant on désigne des gens à l'extérieur et on les fait applaudir par les congressistes. Nidaa est devenu un appendice d'Ennahda", tempête Abada Kefi, un député dissident.

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"[Le président] Béji Caïd Essebsi a trahi le peuple. Il s'est uni avec Ennahda. Il n'y a pas de différence entre lui et Ennahda", lance un autre militant.

Si ces départs d'élus de Nidaa Tounès ne menacent pas dans l'immédiat l'existence du gouvernement de coalition, ils risquent de compliquer les efforts pour faire adopter des réformes difficiles, exigées par les créanciers internationaux de la Tunisie, afin de relancer l’économie mise à mal par les trois gros attentats commis par des groupes islamistes l'an passé.

Première publication : 12/01/2016

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