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Tunisie

Cinq ans après la Révolution tunisienne : "On est parfois déçus mais on y croit encore"

© Archives AFP | Un jeune tunisien sur l'avenue Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, le 16 décembre 2013.

Texte par Majda ABDELLAH

Dernière modification : 25/01/2016

À l’occasion du cinquième anniversaire de la révolution de Jasmin, les internautes tunisiens ont investi la Toile pour exprimer leurs désillusions, tout en rêvant de jours meilleurs.

"Nous, les jeunes, on a le sentiment d’être délaissés, d’avoir fait la Révolution pour rien", affirme à France 24 Hedi Semchaoui, 32 ans, agent de réservation dans une agence de voyage à Tunis. Comme lui, les Tunisiens se désolent sur la Toile, cinq ans après la révolution de 2011, fer de lance du printemps arabe

Aujourd’hui, il ne reste plus grand-chose de la ferveur des internautes tunisiens de l'époque. L’enthousiasme des débuts a laissé place à un scepticisme ambiant. Comme plusieurs de ses amis, Hedi ne compte pas assister aux célébrations des cinq ans de la Révolution. "Je n’ai pas le cœur à ça", lâche-t-il.

Dans un tweet ce matin, il a exprimé son ressentiment. "Seul pays démocratique du Maghreb + Prix Nobel, tout le reste est pire que la période ZABA"(Zine el-Abidine Ben Ali)

Victoire amère

Une amertume partagée par de nombreux d’internautes qui rivalisent d’ironie sur le Web. Certains se moquent des récompenses et autres distinctions érigeant la Tunisie comme "la seule démocratie du monde arabe" en leur opposant le constat bien réel de la crise économique et sociale à laquelle le pays est confronté. "Injustice sociale, torture, impunité, on s’en fout on est des prix Nobel", raille la dessinatrice Willis from Tunis. Sur plusieurs dessins publiés sur son compte Twitter et largement partagés, elle croque l’état d’esprit d’une jeunesse désabusée.

"Le principal enjeu de la Révolution c’est l’emploi, et là rien a été fait", affirme Hedi Semchaoui. À l’heure où le parti de Beji Caïd Essebsi est rongé par les divisions, les internautes dénoncent l’immobilisme de la vie politique tunisienne, quand d’autres rendent hommage à la révolution du 14 janvier 2011, "seule victoire du printemps arabe".

"Après les désillusions, je brade un parti qui a changé de couleur", ironise l’un d’entre eux.

Un espoir presque sans failles

Comme plusieurs internautes, Oussama Messaoud, chef d’entreprise de 36 ans, interroge les restes de la Révolution. "Les idéaux de 2011 ont été bafoués à coup de manœuvres politiques consensuelles, au sein d’une classe politique ouverte au marchandage", affirme-t-il à France 24. Hedi Semchaoui, lui, est plus nuancé : "Nous avons seulement gagné une plus grande liberté d’expression, et c’est trop peu".

Dans le même état d’esprit, Olfa Riahi, commerciale à Tunis livre sur Facebook sa déception : "Depuis, il y a eu la fatigue, la désillusion, quelque fois une étrange amertume et un lourd sentiment d'échec...et pourtant subsiste cet incroyable élan de survie…"

5 ans déjà... Et je me rappelle la rage, la colère, la peur mélangée à cet incroyable élan de survie, le cœur qui bat si...

Posted by Olfa Riahi on Thursday, January 14, 2016

Malgré les déconvenues, Oussama Messaoud reste lui aussi fier de ce que la Tunisie a réussi à accomplir en cinq années. "Je n’échangerais aucune seconde de ce que nous vivons aujourd’hui contre ce qu’on vivait avant", assure-t-il dans un message Facebook adressé aux pessimistes de la Révolution.

"Je préfère vivre dans un pays où j’ai un maximum de dignité, où je peux choisir au cours d’élections libres que de vivre dans un simulacre de sécurité avec une pensée unique", explique-t-il.

Contre la désillusion et la rancœur, de nombreux messages d’espoir sont publiés sur les réseaux sociaux. À l’instar de celui signé par la blogueuse Sarah Ben Hamadi sur Twitter : "Nous sommes fatigués, parfois même déçus. Mais j’y crois encore".
 

Première publication : 14/01/2016

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