Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Le retour "triomphal" d'Etienne Tshisekedi à Kinshasa après deux ans de convalescence en Belgique

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Les blockbusters de l'été : américains et musclés!

En savoir plus

FOCUS

La difficile lutte contre le trafic d’armes en Europe

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Sécurité : quel modèle en Israël ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"La ligne Maginot des valeurs européennes"

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Garder la foi"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Saint-Étienne-du-Rouvray : après le choc, les questions et la polémique

En savoir plus

FOCUS

Vidéo : l'Italie se dote de nouveaux "hotspots" pour mieux accueillir les migrants

En savoir plus

LE DÉBAT

Attaques en Allemagne : menace islamique et politique migratoire en toile de fond (Partie 2)

En savoir plus

Afrique

L'ONU dénonce des viols collectifs et des exactions à caractère ethnique au Burundi

© AFP | L'ONU a dénoncé, le 15 janvier, des violences à caractère ethnique et des viols collectifs au Burundi.

Texte par Sarah LEDUC

Dernière modification : 15/01/2016

Dans un communiqué diffusé vendredi, l'ONU a dénoncé des viols collectifs, une forte augmentation des tortures attribuées aux forces de sécurité au Burundi, et la dimension "de plus en plus ethnique" de la grave crise que traverse le pays.

L’ONU s'alarme une fois de plus de la violence au Burundi. La commission aux droits de l’Homme a dénoncé, dans un communiqué rendu public vendredi 15 janvier, des violences sexuelles commises par des membres des forces de sécurité ainsi que des exactions - disparitions, tortures - qui prennent une dimension "de plus en plus ethnique" au Burundi, pays plongé depuis fin avril dans une grave crise politique.

"Tous les signaux d'alarme, y compris celui d'une dimension de plus en plus ethnique de la crise, sont en train de virer au rouge", a averti dans un communiqué Zeid Ra'ad al-Hussein, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, ajoutant qu'un "effondrement complet de l'ordre public est imminent".

>> À voir sur France 24 : "Enquête sur les accusations d’exécutions sommaires au Burundi"

Le diplomate a réclamé une enquête urgente sur les attaques qui se sont déroulées les 11 et 12 décembre à Bujumbura, la capitale, et dans ses environs. Il pointe "l'existence possible d'au moins neuf charniers". Selon des témoins cités dans le communiqué, ils contiendraient au moins 100 corps, des victimes des attaques lancées le 11 décembre contre trois camps militaires. "Le nombre croissant de disparitions forcées, conjugué aux allégations sur l'existence de lieux de détention secrets et de charniers, est extrêmement alarmant", a-t-il déploré.

Regain de violences sexuelles

L'ONU s'inquiète également des violences sexuelles commises après les événements du 11 décembre par des membres des forces de sécurité burundaises - à savoir la police et les Imbonerakure, la Ligue des jeunes du parti présidentiel - mais aussi par des civils pro-Nkurunziza, majoritairement dans les quartiers de l'opposition

Treize cas de violences sexuelles contre des femmes ont été recensés, précise le communiqué. Mais ces chiffres ne se veulent pas exhaustifs. "Ce sont des évaluations a minima qui ne comptabilisent que les cas que nous avons pu documenter", explique à France 24 Cécile Pouilly, porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU. Il est en effet à craindre que le nombre de cas de violences sexuelles soit beaucoup plus élevé. "Beaucoup de gens ont fui après les violences. Et de nombreuses femmes hésitent à parler en raison du traumatisme et du stigma social qu'elles subissent à la suite d'un viol", poursuit la porte-parole. 

Les récits reccueillis relatent le même scénario : Lles forces de sécurité seraient entrées dans la maison des victimes, auraient séparé les femmes des autres membres de la famille et les auraient violées, leur faisant subir dans certains cas des viols collectifs", précise le communiqué. Une femme victime a par ailleurs déclaré que son agresseur lui aurait dit qu’elle payait le prix d’être tutsie.

Le fléau n’est pas nouveau au Burundi, mais d'après les chiffres de l’Office des Nations sur les drogues et le crime (UNODC), le phénomène avait tendance à baisser depuis 2012. L’instabilité politique que connaît ce petit État d’Afrique centrale depuis près d’un an semble avoir rebattu les cartes, et les organisations de défense de droits de l'Homme ont noté une forte recrudescence des viols et violences sexuelles ces derniers mois. 

Violences et instabilité politique

Le Burundi a sombré dans la violence après l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza à un troisième mandat. Malgré les recours de l’opposition, qui estimait que cette candidature était contraire à la Constitution et aux accords d’Arusha qui ont mis fin à la guerre civile en 2005, le chef de l’État a été reconduit le 21 juillet. Depuis avril, au moins 439 personnes ont été tuées et 200 000 déplacées, selon l’ONU.

>> À voir sur France 24 : Les habitants de Bujumbura témoignent d'exécutions sommaires

Interrogé par RFI courant janvier, Therence Ntahiraja, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a assuré n'avoir eu connaissance d'aucun rapport permettant de confirmer des allégations de viol. Pour lui ce sont "des mensonges, des rumeurs" divulgués par des opposants, dans le but de diaboliser les forces de sécurité burundaises.

En revanche, le ministre des droits de l'Homme du Burundi, Martin Nivyabandi, a estimé que "10 000 cas de violences de genre" ont été recensés pour l'année 2015. Mais selon lui, c'est un phénomène de société sans lien avec la crise politique que connaît le pays. "Ces cas de viols ne sont pas nécessairement liés aux évènements que nous avons connus depuis avril 2015. […] C’est un phénomène de société qui est là malheureusement, que toute la société déplore, mais le gouvernement est en train de prendre des mesures énergiques pour pouvoir le juguler", déclarait-il au micro de RFI.

Première publication : 15/01/2016

  • OUGANDA - BURUNDI

    Nouveau round de discussions pour sortir le Burundi de la crise

    En savoir plus

  • BURUNDI

    Vidéo : les habitants de Bujumbura témoignent d'exécutions sommaires

    En savoir plus

  • BURUNDI

    Craintes de guerre civile au Burundi : "Le conflit n’est pas ethnique mais politique"

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)