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FRANCE

La petite phrase de Valls sur l’élection de Bongo agite le Gabon

© Capture d'écran YouTube | De gauche à droite, Jérémy Ferrari et Manuel Valls lors de l'émission "On n'est pas couché", diffusée samedi 16 janvier sur France 2.

Texte par Aude MAZOUÉ

Dernière modification : 19/01/2016

Les propos de Manuel Valls tenus samedi soir sur France 2 dans l’émission "On n'est pas couché" affirmant qu’Ali Bongo n’avait pas été élu démocratiquement "au sens où on l’entend" ont vivement fait réagir au Gabon. Réactions de l’opposition.

Les opposants au président Ali Bongo n’en attendaient certainement pas autant venant de la France. Invité de l'émission de télévision "On n'est pas couché" sur France 2 samedi 16 janvier, Manuel Valls a sous-entendu que le chef de l’État gabonais Ali Bongo n’avait pas été élu démocratiquement. Aux questions de l'humoriste français, Jérémy Ferrari, sur la présence controversée d’Ali Bongo à la grande marche du 11 janvier 2015 organisée suite aux attentats de Charlie Hebdo, le Premier ministre français a préféré saluer la présence d'"un autre Africain, élu lui, Ibrahim Boubacar Keïta, au Mali". "Parce qu'il n'a pas été élu, Ali Bongo, finalement ?", lui a aussitôt demandé son interlocuteur. "Non... Pas comme on l'entend", a surenchéri le locataire de Matignon.

À Libreville, la petite phrase de Manuel Valls n’est pas passée inaperçue. Dès le lendemain, le Gabon a d’ailleurs annoncé son intention de rappeler son ambassadeur en France, Germain Ngoyo Moussavou, "pour consultation". Le ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de l’Hygiène Publique, Pacôme Moubelet Boubeya a, quant à lui, fait part de sa "surprise" et son "étonnement", alors même que les "deux pays entretiennent d’excellentes relations", lors du journal de 20 heures sur Gabon Télévision, dimanche soir.

"Au marché, à Libreville, on ne parlait que de cette affaire"

Du côté de l’opposition, en revanche, les propos ne surprennent pas. "Le Premier ministre a dit ce que les Gabonais savent déjà", a déclaré à France 24, Yves-Antoine Eyene Mba, militant de l’Union nationale et fils du défunt opposant André Mba Obame. Mieux, on savoure. "Nous sommes très très heureux que la France, partenaire séculaire du Gabon, accompagne notre pays sur le chemin de la transparence", a confié Jean Ping, candidat à la présidentielle du Front de l'opposition pour l'alternance (Fopa), la plus importante coalition de l'opposition gabonaise à France 24.

Et, aux dires des opposants politiques gabonais, ils ne sont pas les seuls à se réjouir des propos venus de Paris. "Ce matin, j’étais au marché à Libreville, tout le monde ne parlait que de cette affaire, les gens saluaient tous ses propos, chapeau au Premier ministre français", s’enthousiasme François Ondo Edou, secrétaire exécutif adjoint de l'Union Nationale (UN), formation de l'opposition gabonaise, joint par France 24. "Les journaux d’opposition mais aussi les journaux d’État ont tous relaté l’événement mais ce sont surtout les réseaux sociaux qui ont fait leur choux gras de cette affaire", poursuit-il.

Doit-on alors penser que l’on se dirige vers une crise diplomatique entre Paris et Libreville ? Rien n’est moins sûr, affirme-t-on dans les rangs de l’opposition. "Je ne vois pas le Gabon se passer d’une collaboration avec la France, et encore moins dans le contexte économique actuel, avec notamment la chute du prix du pétrole", ajoute François Ondo Edou. La question devrait être vite tranchée puisque Manuel Valls doit effectuer une visite de 48 heures dans la capitale gabonaise au cours de la deuxième quinzaine du mois de février, accompagné de nombreux chefs d’entreprises françaises.

Gaffe ou stratégie politique ?

Reste une question en suspens : s’agit-il d’un dérapage de Manuel Valls ou d’une volonté délibérée de Paris d’influencer de quelque manière sur les relations diplomatiques avec la Gabon ? Difficile de croire à une bourde du Premier ministre français quand on sait que l’émission de Laurent Ruquier n’est pas diffusée en direct. Le programme, enregistré jeudi 14 janvier durant cinq longues heures, a par ailleurs été monté de sorte qu’il n’en reste plus que deux dans sa version finale. Si le Premier ministre avait commis un impair, on imagine sans peine que les services de communication de Matignon auraient fait en sorte de couper la séquence malheureuse au montage.

La "déclaration du chef du gouvernement français est tout sauf un lapsus", explique Arthur Page, journaliste gabonais aux Échos du Nord. "Les propos de Manuels Valls traduisent un agacement au plus haut point des autorités françaises face au non-respect de plusieurs engagements qu’Ali Bongo Ondimba a pris", estime le journaliste. Et d’ajouter : "Ses propos apparaissent comme une nouvelle posture de la France" qui ne veut pas accepter un "nouveau passage en force" du président aux prochaines élections présidentielles de 2016.

"Peut-on de toute façon parler d’un dérapage lorsque l’on dit la vérité ?", s’interroge encore François Ondo Edou. "Manuel Valls a parlé avec son cœur". Et de conclure, philosophe : "La vérité n’a pas de tombe, elle finit toujours par triompher".
 

Première publication : 18/01/2016

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