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Passe d’armes entre Manuel Valls et l'Observatoire de la laïcité, fustigé par le Premier ministre

© Eric Feferberg / Pool / AFP | Manuel Valls a sévèrement taclé lundi soir les deux responsables de l'Observatoire de la laïcité.

Dernière modification : 19/01/2016

Une vive polémique oppose depuis lundi soir Manuel Valls à l'Observatoire de la laïcité, qui a répliqué mardi aux attaques du Premier ministre, qui l'avait accusé de "dénaturer" les principes qu'il doit défendre.

Une violente passe d’armes oppose depuis lundi soir Manuel Valls à l'Observatoire de la laïcité, qui a riposté mardi 19 janvier aux critiques du Premier ministre, par la voix de son président Jean-Louis Bianco.

La polémique est née à la suite d’une prise de parole de Manuel Valls au cours d'une conférence-débat des Amis du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) organisée à Paris. "L'Observatoire de la laïcité, placé d'ailleurs sous ma responsabilité (...), ça ne peut pas être quelque chose qui dénature la réalité de cette laïcité", avait asséné Manuel Valls.

Dans le viseur du Premier ministre : la signature par l'Observatoire de la laïcité d'un appel, publiée après les attentats du 13 novembre. "On ne peut pas signer des appels, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant du climat que l'on a évoqué tout à l'heure, ça, ce n'est pas possible", a-t-il ajouté, après avoir évoqué un peu plus tôt un "climat nauséabond".

Manuel faisait une allusion à une tribune publiée dans Libération et intitulée "Nous sommes unis" que Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, rapporteur général de cet Observatoire, avaient signée avec 80 personnalités de divers horizons dont Samy Debah et Yasser Louati, respectivement directeur et porte-parole du controversé Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), et Nabil Ennasri, président du Collectif des musulmans de France (CMF) et réputé proche des Frères musulmans.

Bianco réaffirme l’indépendance de l'Observatoire de la laïcité

Cet appel a été signé, entre autres, par le président de la Fondation Abbé Pierre, ATD Quart monde, des responsables syndicaux (CFDT, FSU, Unsa) ou religieux (Fédération protestante de France, Conseil français du culte musulman, le secrétaire général de l'enseignement catholique et le grand rabbin de France), a rétorqué ce mardi Jean-Louis Bianco dans un communiqué.

Le Premier ministre a également critiqué Nicolas Cadène pour s'en être pris à la philosophe Elisabeth Badinter, qui, sur France Inter le 6 janvier, avait déclaré qu'il ne fallait pas "avoir peur de se faire traiter d’islamophobe", en tweetant : "Quand 1 travail de pédagogie de 3 ans sur la #laïcité est détruit par 1 interview...".

'"Un collaborateur d'une organisation de la République ne peut pas s'en prendre à une philosophe comme Elisabeth Badinter", a déclaré le chef du gouvernement qui a salué chez elle "une défense intransigeante de la laïcité" qu'il "partage d'ailleurs dans bien des domaines". Et de conclure : "l'Observatoire est indépendant mais là, il y a des lignes qui ont été dépassées, et je le rappellerai à chacun".

De son côté, Jean-Louis Bianco estime que "Nicolas Cadène se bornait à rappeler le droit existant" et que Manuel Valls n'a "manifestement pas lu" le tweet incriminé.

"L'Observatoire de la laïcité n'est pas placé sous sa responsabilité", a répliqué Jean-Louis Bianco, accusant le Premier ministre de méconnaître "la réalité des institutions indépendantes". Enfin, "sur le plan humain, un minimum de respect aurait justifié qu'il m'appelle avant qu'il s'exprime publiquement", a ajouté l’ancien Secrétaire général de l'Élysée sous la présidence de François Mitterrand.

Cette instance, jugée trop accommodante dans sa défense de la laïcité, fait l'objet depuis des mois d'une fronde menée par trois de ses membres, l'ancien ministre socialiste Jean Glavany, la sénatrice PRG Françoise Laborde et Patrick Kessel, président du Comité Laïcité République.

Avec AFP

Première publication : 19/01/2016

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