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Afrique

Tunisie : tensions à Kasserine après le décès d'un chômeur sur fond de crise sociale

© Fethi Belaid, AFP | Des policiers déployés à Tunis lors de la manifestation du 18 janvier contre le chômage (photo d'illustration)

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 19/01/2016

Plusieurs centaines de manifestants réclamant des emplois ont été dispersés par la police à Kasserine, dans le centre-ouest de la Tunisie, quelques jours après le décès d'un jeune chômeur dans cette région déshéritée.

Quatorze personnes ont été légèrement blessées, mardi 19 janvier, à Kasserine, région défavorisée du centre-ouest de la Tunisie, lorsque la police a dispersé des manifestants réclamant des emplois, et ce, quelques jours après le décès controversé d'un jeune chômeur.

Ridha Yahyaoui, 28 ans, s'est électrocuté le 16 janvier, après être monté sur un poteau en marge d'une manifestation contre la "modification d'une liste d'embauches au sein du ministère de l'Enseignement". Selon une source à la préfecture de Kasserine, sept noms, dont celui de la victime, avaient été retirés de cette nouvelle liste, qui comprenait à l'origine 79 personnes.

"Le travail est un droit"

Mardi, près de 500 personnes, selon un correspondant de l'AFP - un millier d'après un responsable du ministère de l'Intérieur -, se sont rassemblées devant le siège du gouvernorat en scandant "Le travail est un droit". "Certaines ont lancé des pierres, d'autres sont montées sur le toit du gouvernorat. La police les a dispersées avec des gaz lacrymogènes", a indiqué le responsable du ministère, qui a toutefois confié que la situation était "stable" en milieu de journée.

Police et armée se sont déployées devant le siège du gouvernorat, a précisé le correspondant de l'AFP, rapportant que des habitants ont coupé l'une des principales rues de la ville avec des pneus en feu.

Dimanche, en réaction au décès de Ridha Yahyaoui, plusieurs dizaines d'habitants avaient exprimé leur colère devant le siège de la préfecture de Kasserine. Lundi, entre 150 et 200 personnes ont manifesté sur l'avenue Habib Bourguiba à Tunis, à l'appel de l'UDC et de l'Union générale des étudiants de Tunisie (UGET).

Les participants ont appelé les autorités à agir davantage contre le problème de l'emploi chez les jeunes, en particulier dans les régions de l'intérieur, les premières à s'être soulevées avant 2011 contre le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Le Premier ministre limoge le sous-préfet de Kasserine

Les autorités n’ont pas tardé à réagir pour tenter de calmer les esprits. Dans un communiqué, la présidence du gouvernement a indiqué lundi que le Premier ministre Habib Essid avait autorisé l'ouverture d'une "enquête sur les circonstances de l'élaboration de cette liste afin de prendre les mesures nécessaires".

Par ailleurs, un haut responsable du gouvernorat de Kasserine a été limogé. "Au vu des circonstances ayant entouré l’établissement de la liste des chômeurs à Kasserine, le traitement de la question des diplômés du supérieur et la mort du jeune Ridha Yahyaoui, le chef du gouvernement Habib Essid a décidé de démettre le premier délégué de la ville de son poste", a annoncé la présidence du gouvernement dans son communiqué.

Ce n’est pas la première fois que Kasserine, qui reste l'une des régions les plus pauvres de Tunisie, est le théâtre de tensions sociales. Depuis la révolution de 2011, plusieurs mouvements de protestation ont dégénéré, parfois en affrontements violents avec la police, sur fond de misère et de chômage.

Avec AFP
 

Première publication : 19/01/2016

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