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Cinq ans après, que reste-t-il de la révolution égyptienne?

© Khaled Desouki, AFP | Du 25 janvier au 11 février 2012, des millions d'Égyptiens s'étaient rassemblés place Tahrir au Caire pour réclamer la chute de Hosni Moubarak.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 25/01/2016

Il y a cinq ans commençait le soulèvement populaire en Égypte qui, au bout de 18 jours, a conduit à la chute de Hosni Moubarak. Aujourd'hui, le pays sous la coupe d'un régime autoritaire, semble avoir perdu les espoirs nés de la révolution.

Le 25 janvier 2011, l'Égypte se soulevait contre le pouvoir de Hosni Moubarak, prenant la suite du Printemps arabe commencé un mois plus tôt en Tunisie. Des millions de personnes se sont rassemblées dans tout le pays et surtout sur la fameuse place Tahrir au Caire pour réclamer la chute du raïs, qui finira par céder le 11 février.

Une victoire du peuple qui a suscité de grands espoirs, mais cinq ans plus tard leurs demandes de justice et d'égalité sont loin d'être satisfaites dans une Égypte dirigée par un régime autoritaire, qui a laminé toute opposition sur fond de menace jihadiste et d'économie en berne. L'enthousiasme a cédé la place à la désillusion après cinq années agitées.

Lundi 25 janvier 2015, la police a renforcé son dispositif de sécurité au Caire, notamment dans le centre-ville, où la place Tahrir a été bouclée. Aucune force politique n'a annoncé son intention de manifester pour le cinquième anniversaire du soulèvement. Selon Assia Shihab, correspondante de France 24 au Caire, « il y a aura quelques commémorations de groupes politiques à l’intérieur de leurs quartiers généraux, pas dans les rues. Les autorités ont pris des mesures préventives les jours derniers : des centaines de perquisitions, d’arrestations et des espaces culturels fermés, à proximité de la place Tahrir". Selon la journaliste, "cette fébrilité des autorités montre qu’elles craignent un nouveau soulèvement".

Répression sans merci contre l'opposition

Aucune, à l'exception des Frères musulmans, qui avaient en 2012 remporté les élections législatives, et un des leurs, Mohamed Morsi, était devenu en juin le premier président élu démocratiquement dans le pays.

Mais un an plus tard, le chef de l'armée d'alors et actuel président Abdel Fattah al-Sissi le destitue, justifiant cette décision par les manifestations monstres réclamant son départ. L'été 2013 est le point de départ d'une répression sans merci contre l'opposition islamiste, qui s'étendra ensuite aux mouvements laïques et de gauche.

Au moins 1 400 manifestants islamistes ont été tués dans la dispersion violente de leurs rassemblements. Plus de 15 000 Frères musulmans, mouvement déclaré "terroriste", et sympathisants sont emprisonnés et des centaines ont été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs dénoncés par l'ONU.

L'opposition laïque et de gauche n'est pas en reste, comme le Mouvement du 6-Avril. À la pointe de la contestation de 2011, ce mouvement est aujourd'hui interdit. Plusieurs de ses dirigeants sont derrière les barreaux pour incitation à la violence.

Moustapha Maher, 28 ans, un des fondateurs du Mouvement du 6-Avril, ne dort plus chez lui et limite ses déplacements au maximum. Il confie à l'AFP craindre "qu'on lui colle une accusation et qu'on l'emprisonne".

L'état des droits de l'Homme est "pire que sous Moubarak"

Pour Gamal Eid, directeur du Réseau arabe des droits de l'Homme, basé au Caire, l'état des droits de l'Homme "est pire qu'il ne l'était sous Moubarak ou sous le règne des Frères musulmans".

"Les Égyptiens assistent, forcés, au retour de leur pays à un Etat policier", déplore de son côté Saïd Boumedouha, d'Amnesty International.

Fatigués par les années d'instabilité ayant suivi la révolte, la population a soutenu dans un premier temps Sissi, ne voyant pas d'autre alternative. Mais aujourd'hui, ils "sont en colère. Leur situation économique et sociale empire de jour en jour", affirme Hazem Hosni, professeur de sciences politique au Caire.

Le secteur touristique, pilier de l'économie, a subi de plein fouet le contrecoup de l'instabilité politique puis des violences jihadistes à partir de 2013. Le crash dans le Sinaï, dans l'est du pays, d'un avion russe transportant des touristes, revendiqué par l'organisation État islamique (EI), lui a porté un nouveau coup dur fin 2015.

Les violences jihadistes ont cependant principalement ciblé les forces de l'ordre, faisant des centaines de morts dans leurs rangs.

Dans ce contexte, les Égyptiens en oublieraient presque Moubarak qui a dirigé sans partage le pays pendant près de 30 ans. Âgé de 87 ans, il a passé le plus clair de son temps détenu dans un hôpital militaire du Caire depuis 2011. Son procès pour le meurtre de manifestants est toujours en cours.

Avec AFP

Première publication : 25/01/2016

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