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Afrique

CPI : Laurent Gbagbo devant ses juges pour un procès inédit

© Michael Kooren, AFP | L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, lors de l'audience de confirmation des charges devant la CPI, le 19 février 2013.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/01/2016

Le procès de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et son ancien ministre Charles Blé Goudé s’ouvre jeudi devant la Cour pénale internationale (CPI). Pour la première fois, un ex-chef d'État africain est appelé à répondre de ses actes à La Haye.

Cinq ans après la crise post-électorale qui s’était soldée par la mort de 3 000 personnes et son arrestation sous les bombes françaises, l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo doit se présenter, jeudi 28 janvier, devant ses juges de la Cour pénale internationale (CPI). Une audience particulièrement attendue puisqu’elle marquera l’ouverture du premier procès d’un ancien chef d'État africain à La Haye.

Poursuivi pour crime contre l’humanité, Laurent Gbagbo, 70 ans, est accusé d'avoir fomenté et mis en œuvre un "plan" afin de rester au pouvoir après l'élection, en novembre 2010, de son rival et actuel président Alassane Ouattara. Son ancien ministre de la Jeunesse, Charles Blé Goudé, 44 ans, sera à ses côtés sur le banc des accusés.

L'accusation affirme que l'ancien président a fomenté ce "plan" alors qu'il était encore au pouvoir, "sachant qu'une élection présidentielle libre était à terme inévitable". Le tout avec l'aide de la police, de l'armée et plusieurs mouvements de partisans, dont celui des Jeunes patriotes menés par Charles Blé Goudé, appelé le "général de la rue".

Les explications de notre envoyée spéciale

Plus de 5 300 éléments de preuves, 138 témoins

"Des attaques ont été menées par des forces publiques ou des groupes organisés, qui agissaient sous le contrôle d'une certaine hiérarchie. Ce n'était pas des attaques improvisées", a assuré à l'AFP Richard Nsanzabaganwa, un membre du bureau de la procureure Fatou Bensouda. L'accusation assure disposer de 138 témoins, qui ne seront pas tous appelés en audience, et va présenter plus de 5 300 éléments prouvant notamment que des actions au caractère "généralisé" et "systématique" étaient dirigées contre "des communautés ethniques ou religieuses spécifiques".

>> À lire sur France 24: Charles Blé Goudé se présente comme "un faiseur de paix" devant la CPI

La défense assure, elle, que l'ancien président était un fervent défenseur de la démocratie et conteste l'existence même d'un "plan commun". Pour Laurent Gbagbo et ses partisans, dont 1 500 sont attendus jeudi devant la CPI, la France est derrière le "complot" qui a entraîné la chute de ce farouche nationaliste.

"C'est un homme de convictions, un homme sincère, un promoteur de la démocratie. Il veut que ce procès fasse éclater la vérité", a indiqué à l'AFP son avocat principal, Emmanuel Altit. De son côté, Claver N'Dry, un des avocats de Charles Blé Goudé, a assuré que son client allait plaider "non coupable" parce que tout "les faits parlent en [sa] faveur et qu’il "n'est pas un criminel comme on tente de nous faire croire".

Encore aucun pro-Ouattara inquiété

Reporté à plusieurs reprises, ce procès, qui devrait durer trois à quatre ans, est attendu par les partisans de Ouattara comme par les fidèles de Gbagbo, d'autant qu'elle repose la question cruciale des rapports entre justice et réconciliation. "Nous espérons que les victimes des violences post-électorales et les familles endeuillées soient entendues et, éventuellement, obtiennent réparation à l’issue du procès", estime Yacouba Doumbia, du Mouvement ivoirien des Droits humains (MIDH), interrogé par France 24.

>> À lire sur France 24 : "La réconciliation, ça prend du temps"

De nombreuses voix regrettent toutefois qu’aucun membre du camp Ouattara n'ait encore été inquiété par la CPI. En jugeant "Laurent Gbagbo seul, on comprendra en fait une partie mais pas l'ensemble de ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire", analyse Yacouba Doumbia. "Il y a des enquêtes [...] pour indexer aussi le camp de M. Ouattara" car il faut "qu'aucun camp ne puisse s'exonérer" pour que le procès "ait un impact véritable dans la société", dit-il.

Joel N'Guessan, porte-parole du Rassemblement des républicains (RDR), le parti d’Alassane Ouattara, assure que la justice passera pour tous. "En matière de crimes contre l'humanité, en matière de crimes de guerre [...] les responsabilités sont individuelles, dit-il. M. Gbagbo est là-bas aujourd'hui, ceux qui doivent y être, y seront."

La CPI critiquée

Ces audiences inédites doivent avoir valeur d'exemple en matière de lutte contre l'impunité : pour la première fois, un ancien chef d'État africain est appelé à répondre de ses actes devant un tribunal d'un autre pays du continent, selon le principe de "compétence universelle". "Ce procès a un rôle éminemment pédagogique aussi bien pour la Côte d'Ivoire que pour l'ensemble des chefs d'État africains qui s'accrochent au pouvoir", commente Yacouba Doumbia.

>> À voir dans l'Entretien de France 24 : "La CPI ne sait pas jongler avec les politiques"

La tenue d’un tel procès ravive cependant les critiques contre la CPI, accusée de poursuivre uniquement des Africains. "C'est comme si nous, les Africains, nous n'étions pas en mesure de dire le droit ou n'avions pas assez de ressources pour pouvoir juger nos propres fils", affirme à l'AFP à Dakar Babacar Ba, président du Forum du justiciable, qui regroupe divers acteurs judiciaires au Sénégal.

Jugée en Côte d’Ivoire pour son rôle dans la crise, Simone Gbagbo, l’épouse de Laurent, a été condamnée à 20 ans de prison, en compagnie de 78 autres personnes.

Avec AFP

Première publication : 27/01/2016

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