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FRANCE

Crise du logement : plus de 15 millions de personnes touchées, selon la Fondation Abbé-Pierre

© Pauline Froissart, AFP | Plus de 15 millions de personnes touchées par la crise du logement : la Fondation Abbé-Pierre dresse le tableau d'une France "malade du mal-logement"

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 28/01/2016

La Fondation Abbé-Pierre, qui a publié jeudi son rapport annuel sur le logement, appelle les dirigeants à plus de "volontarisme politique". Plus de 15 millions de personnes en France sont touchées par la crise du logement, selon l'association.

La France est malade du mal-logement. La Fondation Abbé-Pierre a publié jeudi 28 janvier un rapport annuel peu reluisant sur le logement en France. Ses conclusions : plus de 15 millions de personnes sont touchées par le mal-logement, selon l’association française qui appelle, par ailleurs, à plus de "volontarisme politique".

Au total, 3,8 millions de personnes sont mal-logées et 12,1 millions de personnes "fragilisées", soit "15 millions de personnes touchées, avec une intensité diverse, par la crise du logement", a souligné Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, lors d'une conférence de presse.

Aggravation du mal-logement

Chiffre marquant, le nombre de sans-abri, qui a bondi de 50 % entre 2001 et 2012 : 141 500 personnes se retrouvent à la rue, à l'hôtel, sous un abri de fortune ou en centre d'hébergement, peut-on lire dans le document basé sur l'exploitation de la dernière édition de l'enquête nationale logement 2013 (Enl) de l'Insee.

En outre, près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions très difficiles, dont 2,1 millions ne possèdent pas d'eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou vivent dans un immeuble à la façade très dégradée. Et 934 000 personnes vivent en "surpeuplement accentué" c'est-à-dire qu'il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement (+17 % entre 2006 et 2013).

Pour Christophe Robert, "il y a une aggravation du mal-logement qui touche avant tout les classes populaires". Le taux d'effort net moyen (loyer + charges - allocations logement) des ménages les plus pauvres atteint ainsi 55,9 %, plus de trois fois supérieur à la moyenne (17,5 %).

Des engagements politiques "reniés"

Et l'extrême pauvreté, c'est-à-dire les personnes touchant moins de 40 % du revenu médian (660 euros par mois et par unité de consommation), qui avait diminué entre 1996 et 2002, est repartie à la hausse. "Le logement est le reflet des inégalités mais il est aussi accélérateur des inégalités", souligne le délégué général de la Fondation Abbé-Pierre.

Côté politique, si la fondation se félicite de "certaines avancées" comme le chèque énergie, qui doit remplacer en 2018 les tarifs sociaux de l'électricité et du gaz pour les ménages modestes, elle constate que certains engagements politiques "ont été tout simplement reniés".

C'est le cas de la garantie universelle des loyers, l'une des mesures phares de la loi Alur votée en 2014 puis abandonnée car jugée trop coûteuse. Quant à certains objectifs annoncés comme la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, ils "sont bien loin d'être atteints", souligne le rapport.

La Fondation Abbé-Pierre appelle une nouvelle fois les pouvoirs publics à agir, en particulier en construisant des logements, et surtout des logements sociaux accessibles aux ménages les plus modestes. Elle demande aussi que les pouvoirs publics logent les ménages reconnus prioritaires Dalo (Droit au logement opposable), mènent une politique de prévention des expulsions locatives et des évacuations de terrain et régulent les marchés de l'immobilier.

Avec AFP
 

Première publication : 28/01/2016

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