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L'ONU demande aux pays touchés par Zika d'autoriser la contraception et l'avortement

© Christophe Simon, AFP | Le virus Zika est soupçonné d'avoir un lien avec l'apparition de microcéphalies, une malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec un cerveau anormalement petit.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 05/02/2016

L'ONU a pointé du doigt vendredi l'incohérence des pays touchés par le virus Zika, qui demandent aux femmes de ne pas tomber enceintes alors que celles-ci n'ont pas, pour nombre d'entre elles, accès aux moyens de contraception et à l'avortement.

L'ONU a demandé, vendredi 5 février, aux pays touchés par le virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations congénitales chez les nouveaux-nés, d'autoriser l'accès des femmes à la contraception et à l'avortement.

Le Haut commissariat aux droits de l'Homme a en particulier visé les États d'Amérique du Sud, dont beaucoup n'autorisent ni l'avortement, ni la pilule contraceptive, et qui ont conseillé aux femmes d'éviter de tomber enceintes à cause du risque posé par Zika.

>> À lire sur France 24 : "Virus Zika : le Brésil refuse de céder à la panique à six mois des JO de Rio"

"Comment peuvent-ils demander à ces femmes de ne pas tomber enceintes, mais ne pas leur offrir la possibilité d'empêcher la grossesse", a déclaré la porte-parole Cécile Pouilly devant la presse.

Le virus est soupçonné d'avoir un lien avec l'apparition de microcéphalies, une malformation congénitale dont souffrent les enfants nés avec un cerveau anormalement petit. Compte tenu de ce risque, l'OMS a décrété le 2 février une "urgence de santé publique de portée internationale". Le virus se propage de manière exponentielle en Amérique latine via le moustique Aedes aegypti, mais les États-Unis ont fait état d'un cas de transmission par voie sexuelle, au Texas.

Des pays qui interdisent ou limitent l'accès aux méthodes de planning familial

Face à cette menace, certains pays latino-américains n'ont rien trouvé de mieux que d'encourager les femmes à ne pas tomber enceintes. Mais le Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a estimé que cette mise en garde n'avait aucune utilité dans les pays qui interdisent ou limitent strictement l'accès aux méthodes de planning familial, comme la contraception ou l'avortement.

"Le conseil adressé aux femmes de retarder la grossesse ignore le fait que beaucoup d'entre elles n'ont tout simplement pas le pouvoir de décider si ou quand elles veulent tomber enceinte, dans un environnement où la violence sexuelle est monnaie courante", a souligné Zeid Ra’ad Al Hussein dans un communiqué.

>> À voir sur France 24 : "Virus Zika : l'OMS s'attend à 3 ou 4 millions de cas en 2016"

Le responsable a au contraire enjoint les gouvernements de ces pays à "s'assurer que les femmes, les hommes et les adolescents ont accès à des services et des informations de qualité sur la santé et la reproduction, sans discrimination".

Cela inclut, a précisé le Haut commissariat, le droit à la contraception, aux soins maternels et à l'avortement dans un environnement sécurisé.

"Les lois et les politiques qui restreignent l'accès à ces services doivent être révisées en urgence, conformément aux obligations en matière de droits de l'Homme, afin de garantir à tous le droit à la santé", a demandé le représentant de l’ONU.

Avec AFP

Première publication : 05/02/2016

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