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La bataille d’Alep, un tournant majeur dans la guerre en Syrie

© George Ourfalian, AFP | Les troupes syriennes et leurs alliés enchaînent les succès militaires dans la région d'Alep.

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 08/02/2016

Les succès militaires du régime syrien, qui mène une offensive de grande ampleur dans la région d'Alep, d’où les rebelles risquent d’être balayés, pourraient changer la donne du conflit en Syrie.

L’étau se resserre sur les groupes rebelles dans le nord de la Syrie, qui sont en passe d’être chassés du champ de bataille par l’offensive éclair de l’armée syrienne dans la province d’Alep. Appuyées par des milices chiites pro-iraniennes, dont le Hezbollah libanais, et par une campagne de raids aériens russes aussi intense que décisive, les troupes du président Bachar al-Assad sont en train de changer la donne du conflit syrien.

Les formations rebelles, composées de groupes modérés, de combattants islamistes et de jihadistes du Front al-Nosra, branche syrienne d’Al-Qaïda, sont désormais menacées d'un siège total à Alep, la principale route d'approvisionnement entre l’ancienne capitale économique de la Syrie et la Turquie voisine ayant été coupée en milieu de semaine par les forces gouvernementales.

Outre les conséquences humanitaires de cette opération militaire majeure, lancée en début de semaine, qui a vu des milliers de civils fuir en direction de la frontière turque, les retombées sont aussi diplomatiques. En effet, les critiques pleuvent contre Moscou accusée de torpiller les négociations de sortie de crise. Mais c’est bel et bien sur le plan militaire que cette bataille risque sans doute de constituer un tournant.

L'exode des civils d'Alep s'accélère

Le chef de la diplomatie turque, Mevlut Cavusoglu, a indiqué samedi que son pays s'attendait à devoir accueillir dans les prochains jours jusqu'à 55 000 réfugiés syriens, après l'offensive dans la région d'Alep.

"Nous maintenons notre frontière ouverte pour les gens qui fuient. Nous en avons déjà accueilli 5 000, 50 à 55 000 autres sont en route et nous ne pouvons pas les abandonner car les bombardements (russes) ne s'arrêtent pas. Ils bombardent les écoles, les hôpitaux et les civils", a-t-il déclaré.

(Reuters)

De lourdes conséquences en vue pour les rebelles

"Les rebelles sont sur une trajectoire descendante et la descente est de plus en plus raide", avertit Emile Hokayem, chercheur à l'Institut international pour les études stratégiques, basé à Londres, interrogé par l’AFP.

Et pour cause, si à terme Damas parvient à reprendre la province d’Alep, toute la bande frontalière avec la Turquie tombera aux mains du régime et des combattants kurdes des Unités de protection du peuple (YPG), qui contrôlent une bonne partie du nord de la Syrie. Attaquée sur deux fronts et privée de ravitaillement en vivres et en armes, la rébellion risque fort de perdre pied dans cette région, où elle est très active depuis 2012.

Pour les experts Faysal Itani et Hossam Abouzahr du centre de réflexion américain Atlantic Council, l'avancée du régime est un "coup dur" asséné aux rebelles et démontre à quel point l'intervention de Moscou a grandement bénéficié au pouvoir à Damas. "En comparaison avec ses revers il y a tout juste cinq mois, le régime est aujourd'hui bien placé pour diviser, isoler et avancer sur les positions de l'opposition dans plusieurs secteurs-clés", écrivent-ils sur le site du centre de réflexion.

Stratégiquement, selon les experts, les troupes gouvernementales pourraient même se contenter d’assiéger les rebelles toujours présents dans certains quartiers d’Alep, sans prendre le risque d’essuyer des pertes dans des zones urbaines où les combats seraient meurtriers, afin de se concentrer sur la reprise des localités situées plus au nord dans la province.

Une victoire qui aurait des conséquences sur d’autres territoires qui échappent encore au contrôle de Damas. "Outre le symbole fort que constituerait un succès militaire dans la province d’Alep, l’enjeu est très stratégique car cela aura pour conséquence d’isoler la zone d’Idleb, [situé au sud d’Alep et autre fief des rebelles en Syrie, NDLR], qui sera elle aussi encerclée et donc coupée des voies de ravitaillements depuis la Turquie, ce qui aurait pour conséquence d’asphyxier la rébellion dans ce territoire également", remarque Wassim Nasr, spécialiste des mouvements jihadistes à France 24.

Un revers stratégique pour la Turquie et l’Arabie saoudite

Pour l’instant, rien ne semble pouvoir enrayer l’offensive d’une ampleur inédite du régime syrien, couvert d’un point de vue diplomatique par la Russie, qui n’a pas hésité malgré les pressions à intensifier ses raids aériens contre les rebelles. Damas, qui est en position de force sur la table des négociations, a même décidé de jouer carte sur table en dévoilant ses intentions, samedi 6 février, par la voix de son ministre des Affaires étrangères. Lors d'une conférence de presse organisée à Damas et retransmise à la télévision d'État, Walid Moualem a jugé "impossible" de mettre en œuvre un cessez-le-feu en Syrie tant que les frontières avec la Turquie et la Jordanie ne seraient pas bouclées.

Ces développements irritent grandement l’Arabie saoudite et la Turquie, principaux soutiens des groupes rebelles du nord de la Syrie, qui assistent jusqu’ici passivement aux succès militaires de Damas.

Toutefois, à Riyad, le ministère de la Défense a fait savoir que le royaume wahhabite était prêt à participer à des opérations terrestres en Syrie, si la coalition conduite par les États-Unis décidait d'en mener, sans préciser contre qui seraient envoyées ces troupes.

Quant à la Turquie, l'armée russe l’a accusée le 4 février de se préparer à une "intervention militaire" en Syrie, alors que les deux pays traversent une grave crise diplomatique depuis novembre. Des propos jugés risibles par le président turc Recep Tayyip Erdogan qui a dénoncé en retour "l'invasion" conduite par la Russie dans ce pays, et qui redoute plus que tout des gains kurdes le long de la frontière.

"Ces évènements constituent un revers stratégique pour la Turquie, car ces développements remettent en cause tout ce que le pouvoir turc a entrepris ces dernières années pour soutenir les rebelles dans cette région, explique à France 24 Khalil Hélou, ancien général de l’armée libanaise et expert des questions militaires et stratégiques. Ce qui peut pousser Ankara à entrer dans le conflit d’une façon directe, avec l’aval des États-Unis, en envoyant des troupes au sol ou en d’une façon indirecte, en fournissant aux rebelles des armes et des missiles sol-air pour résister à la puissance de feu russe".

Une livraison qui semble très compromise si les troupes gouvernementales syriennes parviennent à reprendre le contrôle des frontières avec la Turquie.
 

Première publication : 06/02/2016

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