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EUROPE

À Berlin, Varoufakis revient dans l'arène pour réformer l'Europe

© Tobias Schwarz, AFP | L'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a lancé un nouveau parti paneuropéen à Berlin, le 9 février 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 09/02/2016

L'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a fait son retour sur le devant de la scène : il a lancé mardi un mouvement politique pour tenter de sauver une Europe menacée, selon lui, de désintégration, sur fond de crise des réfugiés.

Sept mois après avoir démissionné avec fracas du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis fait son grand retour. L'ancien ministre grec des Finances, économiste iconoclaste et chantre de l'anti-austérité, a présenté à Berlin DIEM 25 (pour Democracy in Europe - Movement - 2025), un mouvement paneuropéen qui veut agir pour plus de démocratie et de transparence dans une Union européenne ébranlée.

Dressant le portrait d'une Europe qui se fourvoie, Yanis Varoufakis a fustigé "l'échec spectaculaire [des 28 pays membres de l'UE] à gérer la crise des réfugiés de manière sensible et humaniste, à l'exception possible d'Angela Merkel", la chancelière allemande avec qui il a pourtant croisé le fer l'an dernier lors de son bref passage aux commandes des finances grecques en lambeaux.

La solution pour gérer l'arrivée sur le Vieux Continent de centaines de milliers de personnes jetées sur les routes de l'exode par les guerres et la misère "n'est pas de construire des murs" ou des "camps de concentration", selon lui. "Ces barbelés et ces murs reflètent l'insécurité et ne font que répandre de l'insécurité" assène-t-il.

>> À lire sur France 24 : "Varoufakis, nouvelle coqueluche de la gauche européenne ?"

"La désintégration de l'Union européenne va susciter un effondrement qui va ressembler de manière terrible à ce qui s'est passé dans les années 30" avec l'arrivée des nazis au pouvoir, a-t-il prédit lors d'une conférence de presse sur l'une des scènes théâtrales les plus connues d'Allemagne, la Volksbühne.

"Absolument utopique"

Son mouvement a aussi pour objectif d'en finir avec "un processus de décision politique opaque" dont "l'objectif est d'empêcher les Européens d'exercer un contrôle démocratique sur leur argent, leur finance, leurs conditions de travail et l'environnement", selon le manifeste fondateur.

"Ouvert à tous les démocrates libéraux, sociaux, radicaux, verts" en Europe, DIEM 25 a pour le moment bénéficié d'un soutien modéré de la gauche européenne.

DIEM 25 - une référence au "Carpe Diem" de la Grèce antique - considère comme "obsolète le modèle des partis nationaux qui forment des alliances fragiles au niveau du Parlement européen". Mais l'homme de 54 ans, qui ne dispose plus d'aucun mandat politique depuis les élections législatives grecques du 20 septembre, n'a pas précisé si le mouvement comptait présenter des candidats aux scrutins européens.

Sa plateforme prône la mise sur pied d'une "assemblée constituante" pour, d'ici 2025, rédiger une "Constitution démocratique qui viendra remplacer tous les traités européens actuels". Dans un souci de transparence, elle réclame aussi la publication ou la retransmission de toutes les réunions des dirigeants européens et de la Banque centrale européenne (BCE).

Qualifiant DIEM 25 de projet "absolument utopique", Varoufakis reconnaît qu'il "pourrait très bien échouer", mais l'estime sans alternative.

Avec AFP

Première publication : 09/02/2016

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