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Amériques

Microcéphalie : des scientifiques accusent un insecticide plutôt que Zika

© Marvin Recinos, AFP | Certains médecins pensent que le moustique tigre ne joue pas de rôle dans les cas de microcéphalies.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 22/02/2016

Un collectif de médecins argentins dénonce le rôle du Pyriproxyfène, un insecticide commercialisé par un groupe japonais, dans la multiplication des cas de microcéphalies au Brésil, plutôt que celui du virus Zika.

Après la chasse au moustique tigre, va-t-on assister à la traque au Pyriproxyfène au Brésil ? Cet insecticide serait, en effet, lié à la multiplication des cas de microcéphalies chez les nouveaux nés au Brésil, d’après un collectif de médecins argentins.

Leur cri d’alarme, lancé mardi 9 février, a poussé le gouverneur de l’État du Rio Grande do Sul à interdire l’utilisation du Pyriproxyfène ce week-end. Cette réaction rapide, alors qu’aucun organisme reconnu tel que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) n’a évoqué de lien entre ce produit et cette déformation de la taille du crâne, démontre à quel point le sujet est sensible dans ce pays où 404 cas de microcéphalies ont été confirmés depuis octobre 2015.

Antidote plus nocif que la maladie ?

La thèse défendue par ce collectif a, il est vrai, de quoi séduire. Ces médecins rappellent qu’en Colombie, où plus de 5 000 femmes enceintes ont contracté le virus Zika, il n’y a encore eu aucun cas de microcéphalie. Le voisin du nord du Brésil a certes déjà acquis cet insecticide, mais ne semble pas l'avoir utilisé à grande échelle. Cette conséquence très handicapante pour l’enfant serait donc une spécificité brésilienne ?

Ils ajoutent que les régions brésiliennes - comme le Pernambuco (au nord du pays) - ayant connu les plus fortes augmentations de nourrissons frappés de microcéphalies ces derniers mois sont aussi celles où le Pyriproxyfène est le plus utilisé.

Cet insecticide a reçu, fin 2014, la bénédiction des autorités sanitaires brésiliennes pour lutter conter la prolifération… de moustiques tigres, aussi appelé Aedes aegypti. Ces scientifiques soupçonnent donc l’antidote d’être plus nocif pour l’enfant à naître que la maladie qu’il est censé combattre.

Le Pyriproxyfène est introduit directement dans les réservoirs d’eau potable pour y éviter la prolifération des moustiques vecteurs de dengue et Zika. Ce produit agit, en effet, comme un inhibiteur de croissance de larves. Les insectes contaminés propagent ensuite eux-mêmes ce “poison” à leurs congénères.

L'insecticide, dont l’utilisation est conseillée par l’OMS, a donc tous les atours de la solution miracle, sauf aux yeux de ces médecins argentins. Ils citent une autre étude de scientifiques brésiliens qui soulignaient, déjà en janvier 2016, que l’utilisation de Pyriproxyfène n’a pas eu l’impact attendu sur la population d’Aedes aegypti. Ces médecins et physiciens appellent tous à repenser d’urgence la politique de lutte contre ce moustique. Ils craignent aussi que les autorités tardent à réagir car le Pyriproxyfène est commercialisé par Sumitomo Chemical, connu pour avoi été un partenaire du puissant géant américain Monsanto. Le groupe américain a d'ailleurs tenu à préciser qu'il n'a eu de lien avec la société japonaise que dans le domaine des désherbants.

Bouc émissaire

Le groupe japonais a d’ailleurs rétorqué que les accusations lancées contre l’insecticide n’ont “aucune base scientifique”. Le fabricant rappelle, dans un communiqué publié samedi 13 février, que ce produit a été soumis à une série de tests qui ne révèlent aucun risque pour la santé.

Mettre les cas de microcéphalies sur dos exclusif du Pyriproxyfène semble aussi excessif à Frédéric Simard, spécialiste des maladies infectieuses au CNRS. “Les tests réalisés en laboratoire montrent qu’il faudrait une concentration très élevée de cet insecticide pour avoir un effet sur le corps humain”, rappelle-t-il à France 24. Il souligne également que l’absence de cas de microcéphalie en Colombie ne peut pas servir à accuser le Pyriproxyfène. “Il peut y avoir toute une série de facteurs, dont certains peuvent être génétiques, qui protègent mieux les Colombiens que les Brésiliens”, note ce spécialiste.

Mais il pense que faire de Zika le seul bouc émissaire des malformations de nouveau-nés est aussi prématuré. Il lui semble de plus en plus probable qu’un “cocktail” de facteurs a participé à la multiplication de cas de microcéphalies chez les nourrissons brésiliens. Il se pourrait, ainsi, que le virus Zika ait des effets bien plus dévastateurs chez des patients ayant ingéré d’une manière ou d’une autre du Pyriproxyfène. Pour en savoir plus, il faudra encore attendre les résultats des analyses de l’OMS qui devraient prendre encore “quelques semaines”.

Cet article à été modifié pour ajouter la réactioin de Monsanto à cette affaire

Première publication : 15/02/2016

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