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FRANCE

La commission d’enquête parlementaire donne la parole aux victimes du 13-Novembre

© Miguel Medina, AFP | Les attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Vidéo par FRANCE 3

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/02/2016

Des victimes des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis ont pointé du doigt les dysfonctionnements d'aide et d'information lors d'auditions menées, lundi, par une commission d'enquête parlementaire.

"Nous avons mille questions et nous attendons des réponses." Des victimes des attentats du 13 novembre à Paris et à Saint-Denis ont été entendues, lundi 15 février, par une commission d'enquête parlementaire. Elles ont raconté les ratés des dispositifs d'aide et d'information et questionné la responsabilité de l'État français sur plusieurs points.

Numéros de téléphone saturés, identifications tardives, institut médico-légal (IML) dépassé... Après un jour d'attente, des proches de Georges Salines, président de l'association "13 novembre, fraternité et vérité", ont appris la mort de sa fille, présente au Bataclan, par des tweets d'inconnus. Lui n'était pas encore au courant. Les annonces de décès sont allées "au-delà de tout ce qu'on peut imaginer comme ratage", a sobrement commenté ce médecin. Et de pointer "l'atroce impréparation" des dispositifs d'information le soir même et les jours suivants.

Des familles informées trop tard

Sophie Dias, elle, a perdu son père de nationalité portugaise devant le Stade de France. Si le consulat du Portugal lui a appris sa mort le 14 novembre, l'appel des autorités françaises n'est arrivé qu'un jour et demi plus tard. Un délai "inadmissible", selon cette communicante, qui a également regretté n'avoir toujours pas eu accès au rapport d'autopsie pourtant "important pour faire le deuil".

À l'IML, dont elle a dénoncé le comportement "honteux" de certains employés, Sophie Dias, venue reconnaître son père a entendu : "Ne vous inquiétez pas si on ne vous montre pas la tête, vous verrez un pied". Des failles dans la communication ont également été rapportées durant l'intervention policière au Bataclan, dont l'efficacité a par ailleurs été saluée.

Caroline Langlade, vice-présidente de l'association "Life for Paris - 13 novembre 2015", a raconté les trois heures passées avec quarante personnes dans une loge, dont la porte était barricadée par un frigo et un canapé. Un jihadiste a tenté de se faire passer pour un gendarme pour qu'on lui ouvre. Demande rejetée par "vote à main levée". Durant ce temps, impossible de joindre police-secours. "Il a fallu que j'appelle ma maman à Nancy pour qu'elle appelle la police de Nancy et leur communique les informations", a expliqué Caroline Langlade. Une policière lui a ensuite raccroché au nez parce qu'elle "chuchotait".

"Vous êtes en train de bloquer la ligne pour une réelle urgence"

Marathon administratif

Caroline Langlade se plaint également du manque d’information. "Ça a été constamment à nous de chercher l'information. C'est le cas depuis le début (...) On ne devrait plus se battre pour ça", a-t-elle observé, en référence au marathon administratif et judiciaire des victimes et leurs proches.

Les carences des services de renseignement et les réponses politiques aux attentats ont également été épinglées. Le patron du bar La Belle Equipe, Grégoire Reibenberg, s'est vivement agacé que le débat se focalise autour de la déchéance de nationalité pour les personnes condamnées pour terrorisme : "On a un problème de moteur et on va changer la couleur de la banquette ?"

"Comment se fait-il qu'un terroriste interdit de territoire français et européen se retrouve à diriger une attaque de cette ampleur ?", s'est pour sa part interrogé Mohamed Zenak, trésorier de l'association "13 novembre", au sujet d'Abdelhamid Abaaoud, un des organisateurs présumés des attentats.

Selon son rapporteur, le socialiste Sébastien Pietrasanta, la commission d'enquête parlementaire sur les "moyens mis en œuvre par l'État pour lutter contre le terrorisme" rendra son rapport en juillet. Les attentats du 13 novembre ont fait 130 morts et des centaines de blessés. Le nombre total de victimes, physiques ou psychologiques, est estimé à 4 000, a rappelé la commission.

Avec AFP
 

Première publication : 16/02/2016

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