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EUROPE

"Brexit" : des désaccords fondamentaux persistent entre Paris et Londres

© Mathieu Alexandre, AFP | Le Premier ministre britannique a rendu visite à François Hollande à Paris pour discuter du "Brexit", le 15 février 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/02/2016

Les négociations pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE se sont intensifiées lundi à Paris, où le Premier ministre britannique, David Cameron, a rencontré François Hollande, sans toutefois parvenir à aplanir les divergences entre les deux pays.

Lors d'une visite surprise à Paris, lundi 15 février, dans le cadre d'une tournée européenne, le Premier ministre britannique, David Cameron, s’est entretenu avec François Hollande sur les conditions d'un maintien du Royaume-Uni dans l'Union. Un entretien qui n'a pas aplani les divergences entre Londres et Paris sur un éventuel "Brexit", alors que le président du Conseil européen, Donald Tusk, a mis en garde contre un risque d'éclatement du bloc des Vingt-Huit.

>> À voir sur France 24 : "Le spectre du 'Brexit'"

Le Royaume-Uni négocie les termes de son maintien dans l'UE et espère parvenir à un accord lors d'un sommet européen qui se réunira jeudi et vendredi à Bruxelles, avant un référendum qui pourrait se tenir dès cet été. "Il y a une volonté politique de conclure à Bruxelles. Il y a encore du travail, en particulier sur la gouvernance économique", a déclaré lundi soir l'entourage de François Hollande au terme d'une heure de discussion entre le président français et le chef du gouvernement britannique.

Reçu lundi à la mi-journée, à l'Élysée, le président du Conseil européen, Donald Tusk, "espére" lui qu'un accord à Vingt-Huit puisse être trouvé. Les négociations avec Londres ont atteint un "moment critique", a-t-il toutefois prévenu, jugeant que "le risque d'éclatement est réel".

Des réformes avant un référendum en juin

Le Premier ministre britannique négocie avec l'UE sur quatre domaines (législation, zone euro, compétitivité, immigration) dans lesquels il réclame des réformes avant d'organiser un référendum pour ou contre le maintien du Royaume-Uni dans l'UE. La date du 23 juin pourrait être retenue par les autorités britanniques si un accord est trouvé avec les Européens, a appris Reuters de source diplomatique. David Cameron entend faire campagne pour le "oui" si ses demandes sont satisfaites par les Européens.

>> À voir sur France 24 : "Les Britanniques vont-ils filer à l’anglaise ?"

L’entretien avec le président français "intervient après la rencontre entre le Premier ministre et la chancelière allemande Angela Merkel vendredi", a souligné Downing Street. "Nous avons fait des progrès (dans les négociations) mais il reste des 'détails à régler', a déclaré la même source gouvernementale, précisant que "rien n'était réglé tant que tout n'est pas réglé". Dans le cadre de sa tournée, David Cameron doit encore rencontrer mardi le président du Parlement européen, Martin Schulz, et les présidents des groupes politiques de l'institution.

La France impose des lignes rouges

De son côté, la France a fait du respect des traités européens actuels et de la non interférence de la Grande-Bretagne dans la zone euro ses lignes rouges dans les discussions avec Londres pour éviter un "Brexit". Lors du Conseil européen, il ne pourra y avoir ni ajustement ni négociation sur les demandes britanniques liées au référendum, avait déclaré François Hollande début février.

>> À voir sur France 24 : "Le jeu dangereux de David Cameron"

Outre-Manche, les dernières enquêtes d'opinion soulignent un resserrement de l'écart entre les partisans et les opposants à une sortie des Britanniques de l'Union. Quelque 49 % voteraient pour le maintien de leur pays dans le bloc européen, contre 41 % pour une sortie, selon un sondage de l'institut Comres pour la chaîne ITV News rendu public lundi. Lors du précédent sondage de cet institut, 54 % des sondés se prononçaient pour le maintien dans l'UE et 36 % contre.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 16/02/2016

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