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FRANCE

Sarkozy entendu par les juges dans l’affaire du financement de ses comptes de campagne

© Lionel Bonaventure, AFP. | Nicolas Sarkozy durant le Conseil national du parti Les Républicains, le 14 février 2015, à Paris.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/02/2016

Nicolas Sarkozy était entendu mardi par les juges dans l'enquête sur les fausses factures de Bygmalion et les comptes de sa campagne de 2012. À l’issue de cette audition, il pourrait être mis en examen ou placé sous le statut de témoin assisté.

Nicolas Sarkozy était entendu par les juges d’instruction parisiens mardi 16 février. L’ancien président de la République a été convoqué dans le cadre de l'enquête sur les fausses factures de Bygmalion et les comptes de sa campagne présidentielle de 2012. Il risque une mise en examen ou un placement sous statut de témoin assisté.

L'ex-chef de l'État, qui ambitionne de disputer la primaire de la droite et du centre à l'automne pour revenir au pouvoir en 2017, est arrivé en voiture vers 8 h 40 au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Son audition se poursuivait dans l'après-midi, a-t-on précisé à l'AFP de source proche de l'enquête.

>> À lire sur France 24 : "35 heures, bouclier fiscal, ISF, 'casse-toi pauvre con' : les "erreurs" de Nicolas Sarkozy"

 

L'enquête Bygmalion, du nom de la société qui organisait ses meetings pendant sa campagne, porte à l'origine sur un vaste système de fausses factures pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses pour la présidentielle de 2012, fixé à 22,5 millions d'euros. Ces fausses factures auraient eu pour objet d'imputer à l'UMP, devenue Les Républicains, quelque 18,5 millions d'euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans les comptes de campagne. Au final, le Conseil constitutionnel avait quand même rejeté ces comptes, pour un dépassement de quelques centaines de milliers d'euros.

Plusieurs cadres de Bygmalion, son comptable, ainsi que Jérôme Lavrilleux à l'UMP, ont reconnu l'existence de la fraude aux fausses factures, mais aucun protagoniste n'a mis en cause Nicolas Sarkozy pour l'avoir décidée ou en avoir eu connaissance.

"Une farce"

"À mon avis, il est impossible qu'il en ait été informé", avait affirmé en garde à vue Jérôme Lavrilleux, ex-bras droit de Jean-François Copé, président du parti au moment des faits.

>> À lire sur France 24 : "Les Républicains : Jean-François Copé, septième candidat à la primaire"

L'enquête montre cependant que Nicolas Sarkozy a demandé et obtenu davantage de meetings, vers la mi-mars 2012. Entendu par les enquêteurs, Il a assuré ne pas s'en souvenir et a relativisé le coût des événements ajoutés.

"L'argument d'une campagne qui dérape est une farce", a affirmé Nicolas Sarkozy aux enquêteurs le 4 septembre 2015. Il a renvoyé la responsabilité des fausses factures sur Bygmalion et l'UMP dirigée alors par Jean-François Copé, qui a été placé la semaine dernière sous le statut de témoin assisté.

Mais depuis, l'enquête s'est élargie à des dépenses qui n'ont rien à voir avec la société de communication fondée par des proches de Copé. Les juges s'interrogent notamment sur une ligne "présidentielle" dans le budget 2012 du parti, indiquant 13,5 millions d'euros de dépenses engagées, alors que trois millions d'euros seulement ont été communiqués dans les comptes de campagne.

Trains, salles de meetings, tracts, sondages... les juges ont remonté la trace de nouvelles factures oubliées, qui apparaissent dans les comptes détaillés de l'UMP.

Malgré ses dénégations, les juges pourraient considérer que Nicolas Sarkozy doit être mis en examen. Selon une source proche de l'enquête, le délit de financement illégal de campagne peut être constitué par le simple fait de dépasser sciemment le plafond des dépenses de la part du candidat, signataire de son compte de campagne.

L'enquête est aussi ouverte pour faux, abus de confiance et escroquerie. Les juges ont mis en examen treize anciens responsables de l'UMP, de la campagne ou de Bygmalion.

Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen pour corruption et trafic d'influence dans le dossier des écoutes, dans lequel il est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir, début 2014, auprès d'un haut magistrat, des informations couvertes par le secret dans une procédure judiciaire. Dans ce dossier, les juges d'instruction ont notifié la fin de leurs investigations et le président du parti Les Républicains risque un renvoi au tribunal correctionnel.

Avec Reuters
 

Première publication : 16/02/2016

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