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FRANCE

"Si les Noirs parlaient comme les Blancs..." le hashtag qui dénonce les clichés racistes

© AFP

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 18/02/2016

Le hashtag "Si les Noirs parlaient comme les Blancs", lancé mardi sur Twitter par une étudiante bourguignonne, inverse les préjugés pour dénoncer avec humour le racisme ordinaire dont certains Français sont victimes.

"C’est tes vrais cheveux ? Je peux toucher ? Ils sont super lisses, on dirait des poils de chiens #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs". Derrière ce tweet posté mardi 16 février et repris plus d’un millier de fois se cache Jade, 19 ans, étudiante en langues. La jeune Bourguignonne se dit surprise face à cet engouement soudain sur le réseau social. Son trait d’humour, visant à retourner les clichés racistes contre les Noirs en les appliquant aux Blancs pour mieux les dénoncer n’a pas laissé les internautes de marbre. Le hashtag (mot-clé) qu’elle a utilisé, #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs, a été largement décliné depuis mardi sur le réseau social.

"Ils sont sympas les voisins blancs, là, mais ça sent la moutarde et les pâtes dans tout l'immeuble." écrit un twittos. "Y'a Johnny Hallyday qui passe, Vincent vient danser, c'est une musique de chez toi ça !!", ironise un autre. Tout y passe : les préjugés culturels, l’assimilation d’un pays à un continent, l'Afrique, ou d’un individu à son origine, forcément exotique…

"'Regarde c'est moi en safari en Europe… J'avais envie de tous les adopter" poste une internaute qui se prend en photo avec des enfants blonds, interprétant l’attrait pour un certain exotisme comme une forme de condescendance.

Dénoncer le manque de tact

"Ce n’est pas vraiment du racisme" explique Jade, Française et métisse, d’un père noir d’origine camerounaise et d’une mère blanche. "L’anecdote sur mes cheveux, ça m’est déjà arrivée plusieurs fois. Des copains me touchent les cheveux parce qu’ils trouvent cela marrant. Je n’appellerais pas cela du racisme mais un manque de tact qui trahit surtout un manque de culture", raconte la jeune femme, qui s’est également retrouvée dans certains des tweet humoristiques postés à la suite du sien pour dénoncer ces maladresses du quotidien. "Il m’est arrivé que des amis lancent en soirée : 'N’éteignez pas la lumière, on ne verra plus que les dents de Jade' ou encore 'Hey Jade, on met de la musique africaine, tu danses ?' Cela ne me viendrait pas à l’idée de faire ce genre remarque, c’est absurde", commente l’étudiante.

Certains tweetos vont plus loin et dénoncent également une forme de misogynie contenues dans des commentaires sur les femmes africaines, comme cette étudiante de l’université Paris VIII-Saint-Denis qui se définit comme une "Afroféministe", "afropéenne". "Elle avait la couleur peau jambon.... et elle bougeait avec la grâce d'une louve du Périgord" écrit ainsi @ThisisKiyemis, critiquant les tournures littéraires ou journalistiques telles que "sa peau couleur ébène", qui se veulent souvent flatteuses, mais qui, à force de répétition, se révèlent plutôt malvenues.

Inspiré par les États-Unis

Pour Jade, ce problème n’est pas spécifiquement français et il peut être transposé à d'autres origines ethniques. Elle a eu le déclic en visionnant une vidéo sur Youtube, "Si les latinos parlaient comme des Blancs" (If Latinos Said The Stuff White People Say), réalisée par l’équipe américaine de Buzzfeed, dans laquelle des journalistes américains dénoncent les commentaires déplacés sur les Américains d’origine hispaniques. "Mais aux États-Unis, on dénonce plus souvent ce genre de préjugés", estime la jeune femme.

Outre-Atlantique justement, une parodie réalisée par l’émission humoristique "Saturday Night Live" a tourné en ridicule une controverse lancée après la sortie du dernier tube de la chanteuse Beyoncé début février. Dans son clip, la star revendique plus que jamais ses racines afro-américaine et s’engage en faveur de la cause noire aux États-Unis, ce qui n’a pas plus à certains élus conservateurs. Dans une vidéo présentée comme une bande annonce de blockbuster américain et intitulée "Le jour où Beyoncé est devenue noire", l’équipe d'humoristes se moque de la controverse en mettant en scène les réactions d’horreur d’Américains blancs qui découvrent que leur concitoyenne est en fait de couleur noire. La parodie a été très largement partagé sur les réseaux sociaux, en France y compris.

Première publication : 17/02/2016

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