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FRANCE

France : la gauche divisée face à la réforme du travail, la droite satisfaite

© Kenzo Tribouillard, AFP | Myriam El Khomri arrive à l'hôtel Matignon le 18 février 2016 pour un rendez-vous avec Manuel Valls.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/03/2016

Le texte du projet de réforme du code du travail remis mercredi soir au Conseil d’État prévoit un assouplissement des 35 heures. Le Medef et la droite sont satisfaits, la gauche évoque un "dynamitage du droit du travail".

La réforme du droit du travail défendue par Myriam El Khomri ravive les tensions à gauche. Le texte prévoit entre autres de consacrer la primauté de l'accord d'entreprise sur la branche en matière d'assouplissement du temps de travail, un plafonnement des indemnités prud'homales en cas de contestation d'un licenciement, la création d'un compte personnel d'activité (CPA) et des mesures destinées à "lever la peur d'embaucher", selon les mots de la ministre du Travail aux "Échos".

Myriam El Khomri est vite montée au créneau pour défendre son projet, un jour après l'avoir transmis au Conseil d'État. Elle a même glissé qu'elle n'excluait pas le recours au 49-3, affirmant qu'elle et Manuel Valls prendraient "leurs responsabilités".

"Dynamitage du droit du travail"

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a déclaré qu'il aurait "du mal à voter" cette réforme "dans l'état" car elle "ne montre pas son équilibre entre une flexibilité et une sécurité". Pour lui, c'est notamment la question du licenciement économique qui coince : "Tout ce qui est dans ce texte" sur le sujet "est discutable".

>> À voir sur France 24 : "Faut-il 'déverrouiller' les 35 heures en France ?"

Pour le secrétaire national du PCF Pierre Laurent, ce texte représente un "dynamitage du code du travail".

L'ancien ministre Benoît Hamon a lui dénoncé un texte qui "visiblement ne passe pas" auprès des organisations syndicales "toutes obédiences confondues".

Une réforme qui "va dans le bon sens"

Pour le patronat et la droite, la réforme "va dans le bon sens". Les représentants du patronat Pierre Gattaz (Medef) et François Asselin (CGPME) ont salué le projet de loi, le premier appelant le gouvernement à "aller jusqu'au bout".

Chez Les Républicains, le secrétaire général Éric Woerth s'est satisfait que son parti ait été "entendu".

À l'inverse, Marine Le Pen a qualifié ce texte de "régression pour tous". "Ce projet est clairement d'inspiration bruxelloise, s'inscrivant dans la feuille de route d'austérité édictée par une Union européenne aux abois, qui cherche à imposer comme seule voie possible la précarité générale", a dénoncé jeudi soir la présidente du Front national.

Avec AFP
 

Première publication : 18/02/2016

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