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FRANCE

L’ancien chef de Guantanamo convoqué par la justice française

© Alex Wong, Getty Images North America, AFP | Le général américain Geoffrey Miller a dirigé le camp de Guantanamo entre novembre 2002 et avril 2004.

Texte par Bahar MAKOOI

Dernière modification : 19/02/2016

À la suite d'une plainte d'anciens détenus français de Guantanamo, la justice française a convoqué l'ex-général américain, Geoffrey Miller, ancien commandant de la base militaire, a indiqué jeudi l'avocat des plaignants.

Le 1er mars à 10 h. C'est à cette date que l’ex-chef de la base américaine de Guantanamo, Geoffrey Miller, est attendu dans le bureau de la juge parisienne, Sabine Kheris, a annoncé à France 24 et Libération William Bourdon, l’avocat de deux anciens détenus français de Guantanamo.

Postures humiliantes, utilisation de chiens, interrogatoires dénudés... Le camp militaire américain de Guantanamo aura connu de sombres heures sous la direction du général Miller entre novembre 2002 et avril 2004. L’ex-militaire américain est accusé de "séquestration suivie de torture" sur Mourad Benchellali et Nissar Sassi, les deux plaignants enfermés pendant plus de deux ans dans le camp, alors que Geoffrey Miller était aux commandes de la prison militaire.

Cette décision de justice permet de relancer une procédure entamée en 2007 et qui a connu de multiples rebondissements. La France est un des seuls pays où une procédure pénale tente encore de faire la lumière sur les méthodes controversées employées par l’ex-général.

Une victoire en demi-teinte

"D’évidence, il [le général Miller] ne viendra pas", a pourtant déploré William Bourdon, jeudi 18 février au micro de France 24. "Les grands responsables civils et militaires américains refusent de rendre des comptes aux juges nationaux s’agissant des crimes internationaux ou des crimes telle que séquestration suivie de tortures" a déclaré Me Bourdon. "C’est évidemment cohérent avec le boycott par les Américains de la Cour pénale internationale, ça s’inscrit dans une logique qui est celle d’essayer d’obtenir l’immunisation des fonctionnaires américains partout à travers le monde" a-t-il regretté.

Pourtant, l'envoi de cette convocation par la justice française, près de quinze ans après la création du camp de Guantanamo, constitue une première avancée judiciaire, car jusqu’ici les procédures menées à l’encontre du général Miller en Allemagne, en Suisse ou encore au Canada avaient toutes abouti à des non-lieux. William Bourdon ne compte toutefois pas en rester là, l’avocat spécialisé dans le droit international souhaite l’arrestation du général.

De Guantanamo à Abou Ghraib

Le nom du général Miller est également associé à la prison irakienne d’Abou Ghraib, où il avait apporté ses conseils en 2003, alors qu’il était à la tête du camp du Guantanamo. D’après le Washington Post, des techniques de torture tels que l’usage de chiens, les interrogatoires dénudés ou dans des positions humiliantes ont été utilisées en Irak juste après le passage du général Miller dans cette prison.

Le Sénat américain a d'ailleurs mené deux enquêtes sur l’ex-commandant, à la suite de la diffusion des photos de prisonniers d'Abou Ghraib présentés dans des postures dégradantes.

Le général Miller apparaît dans plusieurs rapports accusateurs. En 2005, Randall Schmidt, lieutenant général des forces aériennes américaines, chargé d'enquêter sur le général Miller, avait recommandé de sanctionner le militaire pour avoir "échoué à surveiller et fixer des limites sur l'application des techniques [d'interrogatoires] autorisées" à Guantanamo. Une recommandation que le Pentagone n’a jamais suivie. Et plus récemment, en février 2014, un rapport émis par le Centre européen pour les droits de l'Homme et droits constitutionnels (ECCHR) explique que la prison militaire d'Abou Ghraib serait devenue "un centre de recherches de la torture" sous l’impulsion de l'ex-commandant.

Mais pour Harvey Volzer, avocat de l’un des militaires américains accusés dans ce scandale, Miller a fait office de bouc-émissaire pour couvrir des politiques décidées à plus haut niveau. "Il fallait qu’ils trouvent un moyen de mettre fin à ces méthodes, le général Miller a servi de point limite. Ils l’ont livré au Sénat espérant qu’il se satisfasse de la tête de Miller", avait-il déclaré.

À 66 ans, aujourd’hui retraité de l’armée, Geoffrey Miller vit au Texas et préside une entreprise de consultants.

Première publication : 18/02/2016

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