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Afrique

Élections en Ouganda : la police tire des gaz lacrymogènes contre des électeurs mécontents

© Capture d'écran France 24 | Pour compenser les retards, la commission électorale a annoncé que les bureaux de vote de Kampala et Wakiso resteraient ouverts jusqu'à 19 h.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/02/2016

Des heurts entre électeurs et policiers ont perturbé le premier tour de l’élection présidentielle, jeudi, en Ouganda. Les forces de l'ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes contre des électeurs furieux de ne pas avoir pu voter.

La police ougandaise a utilisé des gaz lacrymogènes dans la capitale Kampala, jeudi 18 février, pour disperser des électeurs mécontents de ne pas avoir pu voter lors de la présidentielle et des législatives.

Des heurts ont notamment éclaté dans le district de Ggaba, dans le sud de la capitale, où le matériel n'était toujours pas disponible, plusieurs heures après l'ouverture officielle des bureaux de vote. Ce n'est qu'après une longue attente que les bulletins sont arrivés, mais ne concernaient que les législatives et pas la présidentielle.

À voir sur France 24 : "Présidentielle en Ouganda : manifestation violemment dispersée, le principal opposant interpellé"

À Kabalagala, un quartier populaire du sud-est de la capitale, les urnes sont arrivées avec du retard, mais les bulletins n'étaient toujours pas disponibles en fin de matinée, selon une journaliste de l'AFP. Agacés et nerveux, les électeurs y ont cassé des tables en les lançant vers la police, qui a appelé des renforts armés et en tenue anti-émeute, selon la même source.

Pour compenser les retards, la commission électorale a annoncé que les bureaux de vote de Kampala et Wakiso (un district au nord-ouest de Kampala) resteraient ouverts jusqu'à 19 h et non 16 h, fin officielle du scrutin.

"Personne ne soutient Museveni"

À cette colère s'est ajoutée la crainte de possible fraudes, notamment de la part de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 30 ans et qui brigue un cinquième mandat.

"Comme vous pouvez le voir, on ne vote pas. Les gens sont là depuis très tôt ce matin et il ne se passe rien. On sait que c'est fait intentionnellement. Personne ne soutient Museveni et il le sait", a déclaré un des électeurs, Marius Nkata.

Les Ougandais, qui devaient choisir leurs 290 députés et décider s'ils maintenaient ou non leur confiance à Yoweri Museveni, avaient le choix avec sept autres candidats à la présidentielle, parmi lesquels Kizza Besigye, principal opposant au chef de l'État. 

Ce dernier, qui estime être en mesure d'emporter cette élection, a été brièvement arrêté par la police jeudi après-midi. Selon les médias ougandais, le candidat du Forum pour le changement démocratique (FDC) se tenait à proximité d’une maison qu'il soupçonnait de servir de centre pour truquer les élections à Naguru, un quartier du nord-est de Kampala, au moment de son arrestation.

C'est la deuxième fois cette semaine que Kizza Besigye est interpellé par la police. Lundi, il avait été brièvement arrêté alors qu'il tentait de faire campagne dans le centre de Kampala. La police avait alors dispersé sans ménagement ses sympathisants.

Acte de "censure"

L'opposition, même si elle n'a pas réussi à s'accorder sur une candidature unique, espère un second tour inédit dans ce pays enclavé d'Afrique de l'Est, qui n'a jamais connu d'alternance politique pacifique depuis son indépendance en 1962.

Autre problème : l'accès à Internet était inhabituellement difficile à Kampala, où de nombreuses personnes n'ont pu accéder aux réseaux sociaux. La Commission des communications, l'organe gouvernemental qui régule le secteur, a justifié ce blocage par des "raisons de sécurité", sans plus de détail. Amnesty international a dénoncé dans un communiqué un acte de "censure".

Les résultats des élections sont attendus dans les 48 heures.

Avec AFP
 

Première publication : 18/02/2016

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