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Economie

Données privées : dans son opposition au FBI, Apple reçoit le soutien de Twitter et Facebook

© Stephen Lam, AFP | Apple conteste une décision de justice qui lui demande d'aider le FBI à "pirater" l'iPhone d'un des auteurs de la tuerie de San Bernardino.

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 19/02/2016

Facebook et Twitter ont rejoint le wagon déjà chargé des soutiens à Apple dans sa bataille contre le FBI. Le PDG de la marque à la pomme refuse d'aider à "pirater" l'iPhone d'un auteur de la tuerie de San Bernardino.

"Nous sommes aux côtés de Tim Cook et Apple !" Le PDG de Twitter, Jack Dorsey, a ainsi pris fait et cause pour la marque à la pomme dans son combat contre le FBI. Le site de microblogging a emboîté le pas de Facebook qui a condamné dans un communiqué les "demandes du gouvernement qui font obstacle à la protection des données".

La Silicon Valley semble donc en ordre rangé derrière le créateur de l'iPhone dans cette affaire, puisque la veille, Google avait aussi estimé que le FBI allait trop loin. Ce dernier avait obtenu de la justice, mardi, un jugement ordonnant à Apple d'aider les autorités à contourner la sécurité de l'iPhone de l'un des auteurs de la tuerie de San Bernardino, qui a coûté la vie à 14 personnes début décembre. C'est cette décision que Tim Cook conteste.

Bataille juridique et débat idéologique

Le PDG d'Apple affirme que coopérer créerait un "dangereux précédent". D'autant plus inacceptable que la solution demandée par les autorités leur permettrait de "pirater" n'importe quel iPhone et pas seulement celui d'un terroriste. Le FBI - et la Maison Blanche - conteste cette analyse et affirme que la décision judiciaire ne porte que sur cet iPhone en particulier.

L'ampleur des réactions - plusieurs candidats à la présidentielle américaine ont pris position - montre qu'Apple a réussi à faire de la bataille juridique un débat idéologique : la protection des données privées prime-t-elle sur la sécurité ?

Si cette affaire semble, en apparence, être un affrontement entre un État qui voudrait avoir accès à toutes les informations numériques disponibles et des géants du Net prompts à défendre la vie privée de leurs utilisateurs, la réalité est plus nuancée.

Pas si blanc que ça

D'abord, Apple a beau adopter une posture de grand défenseur de la vie privée, le groupe sait se montrer conciliant avec des régimes pourtant plus autoritaires, comme en Chine, quand son intérêt commercial est en jeu.

Le PDG de Twitter, de son côté, peut bien tweeter avec force son soutien à Apple, son groupe a récemment été accusé de ne pas en faire assez pour protéger les données de ses utilisateurs contre l'indiscrétion des services de renseignement. Il a laissé tomber, sans donner de raison, son effort pour permettre de chiffrer les messages privés. Une telle mesure aurait pourtant considérablement compliqué la tâche d'un espion trop curieux qui chercherait à lire la correspondance privée d'un utilisateur de Twitter.

Quant à Facebook, les données personnelles de ses utilisateurs sont la poule aux œufs d'or publicitaire. Le réseau social veut peut-être se construire une image d'intransigeance face aux autorités en soutenant Apple, il a été accusé à plus d'une reprise par le passé de vouloir, lui-même, tout savoir sur ses utilisateurs avec ou sans leur accord. Tous ces chevaliers blancs de la protection des données personnelles ne sont pas si blancs que ça.

Première publication : 19/02/2016

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