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Des Femen en procès à Lille pour "exhibition sexuelle"

© Philippe Huguen, AFP | Une des trois militantes Femen arrêtées à Lille, le 10 février 2015, pour avoir manifesté seins nus lors du procès du Carlton.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 23/02/2016

Trois Femen doivent comparaître mercredi devant le tribunal de Lille pour "exhibition sexuelle". Les militantes "sextrémistes" avaient manifesté seins nus lors de la comparution de Dominique Strauss-Kahn dans le procès dit "du Carlton".

Mercredi 24 février, trois militantes du mouvement Femen comparaîtront devant le tribunal de Lille pour répondre d’accusation "d’exhibition sexuelle". Le 10 février 2015, alors que Dominique Strauss-Kahn comparaissait à Lille pour proxénétisme dans le procès dit "du Carlton", elles avaient manifesté devant le tribunal, le torse recouvert de slogans contre la prostitution et les violences faites aux femmes.

Seins nus, deux d’entre elles avait encerclé la voiture dans laquelle se trouvait l'ancien directeur du FMI, tandis que la troisième était montée sur le capot en hurlant "macs-clients déclarés coupables". Le tout a duré une minute, les policiers ayant immédiatement interpellé les trois militantes, tandis que la voiture amenant DSK s’engouffrait dans le parking.

"Un comble"

L’assignation en justice des "sextrémistes" fait réagir les défenseurs des droits des femmes qui dénoncent un "comble" dans une tribune publiée mardi 23 février, dans Libération. Écrite à l’initiative de l’Alliance des femmes pour la démocratie (AFD) et signée notamment par l’ancienne Première ministre Edith Cresson, le sociologue Alain Touraine ou les écrivains Erri de Luca et Taslima Nasreen, la lettre dénonce une "injustice notoire" et demande l’abandon des poursuites.

>> Débat sur France 24 : "Les Femen servent-elles la cause des femmes?"

"Au cours de ce procès pour proxénétisme, ceux qui ont reconnu avoir eu des pratiques sexuelles violentes à l’encontre de femmes prostituées ont été relaxés. Et ce sont finalement les militantes venues dénoncer ces violences qui sont poursuivies sur le fondement inique d’une prétendue 'agression sexuelle'. Les femmes seraient-elles encore et toujours coupables et jamais victimes ?", questionne le texte.

Délit pénal

Les prévenues risquent un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. Le délit d’exhibition sexuelle "suppose, dit la loi, que le corps ou la partie du corps volontairement exposé à la vue d’autrui soit ou paraisse dénudé", et ce dans "un lieu accessible aux regards du public".

Reste à savoir si le fait de montrer sa poitrine constitue une exhibition sexuelle. En 1965, une jeune fille avait été condamnée pour outrage à la pudeur pour avoir disputé une partie de ping-pong seins nus sur une plage de Cannes. Si l'"outrage à la pudeur" a disparu du Code pénal en 1994, le cas continue de faire jurisprudence dans les dossiers d'exhibition sexuelle, notamment ceux concernant les Femen.

En octobre 2014, une militante ukrainienne, qui avait attaqué la statue de cire du président russe Vladimir Poutine au Musée Grévin à Paris, avait été condamnée à ce titre à 1 500 euros d'amende. Deux mois après, la française Éloïse Bouton était condamnée à un mois de prison avec sursis et 2 000 euros de dommages et intérêts pour avoir fait irruption seins nus dans l'église de la Madeleine, dans la capitale, le 20 décembre 2013.

Première publication : 23/02/2016

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