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Lettre ouverte à sa fille : le "dernier effort" de Jean-Marie Le Pen pour l’unité du FN

© Joël Saget, AFP | Jean-Marie Le Pen dans sa villa de Saint-Cloud, le 27 janvier 2016.

Texte par Valentin GRAFF

Dernière modification : 23/02/2016

L’ex-dirigeant du FN, Jean-Marie Le Pen, s’est fendu mardi d’une lettre ouverte à sa fille, dernière tentative pour restaurer l’unité perdue du parti en vue de la présidentielle. En cas d’échec, il pourrait agir "en dehors du Front national".

Jean-Marie Le Pen a rendu publique, mardi 23 février, une lettre à "la présidente du Front national" (FN), comme il appelle désormais sa fille Marine Le Pen. Le fondateur et dirigeant historique du FN y fournit un "dernier effort" par écrit, "n’ayant plus de contacts, ni avec (elle), ni avec les dirigeants du Front national", pour rassembler le parti avant l’élection présidentielle de 2017.

Dans sa missive, Jean-Marie Le Pen décrit le "malaise profond" causé au sein du parti par son exclusion et la mise à l’écart de "certains militants […] qui avaient fait connaître leur désapprobation publiquement". Une fracture qui met en péril une éventuelle victoire du FN en 2017 et que n’a pas colmatée, juge-t-il, le séminaire qui s’est tenu les 5, 6 et 7 février derniers et au cours duquel devaient être réaffirmés "les grandes valeurs et les grands axes" du projet politique frontiste.

Au contraire, regrette-t-il, l’exercice a permis à certains d’exposer plus encore l’équilibre du parti en proposant de "supprimer le nom Front national (ou) le défilé du 1er mai" (au cours duquel le FN rend hommage à Jeanne d’Arc), deux symboles traditionnels du FN version Jean-Marie. La "faille" ainsi créée, poursuit-il, pourrait exalter "les ambitions de potentiels candidats" et mettre en péril la présence de Le Pen fille au second tour de l’élection présidentielle.

Agir "en dehors du Front national" ?

Cette crainte pourrait sembler irrationnelle tant le leadership de Marine Le Pen est incontesté au sein du Front national. Des inquiétudes qui puisent leurs racines dans l’histoire du parti. "Jean-Marie Le Pen a été très marqué, à partir des années 1970, par les petites candidatures concurrentes, comme celles de (Bruno) Mégret ou (Philippe) de Villiers, qu’il considérait avoir été mises dans ses pattes par la droite, qui voulait lui nuire", explique à France 24 Nicolas Lebourg, historien spécialiste de l’extrême droite et auteur de plusieurs ouvrages concernant le FN.

Un "fantasme", selon le chercheur, qui pousse néanmoins le fondateur du parti à mettre, comme il l'explique, "l’intérêt de la France et du Front national au-dessus de [sa] propre et légitime sensibilité" afin d’adresser à sa fille une ultime tentative de réconciliation. Jean-Marie Le Pen met ainsi de côté le ressentiment provoqué par son exclusion du parti fin août 2015, ainsi que la tentative de le déchoir de son poste honorifique de président d’honneur, qui fait encore l’objet à ce jour d’une procédure judiciaire.

"Si notre démarche n’aboutit pas, conscients des terribles dangers qui menacent notre patrie, nous ne baisserons pas les bras, et agirons alors et à regret en dehors du Front national", prévient l’ancien patron du FN. Une menace en filigrane, qu'il avait déjà partiellement mis à exécution lors de l'université d'été du parti frontiste en annonçant la création d'un "Rassemblement bleu blanc rouge". Objectif : "agir dans le même sens que le Front national, sans y appartenir". Mais Nicolas Dupont-Aignan, président de "Debout la France", a depuis annoncé qu'il ne "laisserait pas Jean-Marie Le Pen utiliser le nom", dont il revendique la paternité.

Devoir en arriver là "serait désolant", juge le député européen frontiste Bruno Gollnish, un fidèle de Jean-Marie Le Pen et partisan d’une vaste réconciliation frontiste. "Mais la nature a horreur du vide, donc si des patriotes se retrouvent irréductiblement ostracisés, il est certain qu’ils seront tentés de regarder ailleurs."

La direction du FN, sollicitée par France 24, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Première publication : 23/02/2016

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