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Afrique

La guerre de l’ombre de la France contre les jihadistes de l’EI en Libye

© Kenzo Tribouillard / AFP | Des soldats de l'armée française (photo d'illustration).

Vidéo par FRANCE 2

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 25/02/2016

Jean-Yves Le Drian a lancé mercredi une "enquête pour compromission" du secret-défense après la publication d'informations faisant état de la présence de forces spéciales françaises et d'agents secrets en Libye, pour contenir l’EI.

Une guerre de l'ombre pour contenir l’expansion de l'organisation de l’État Islamique (EI) en Libye. Selon un article du quotidien Le Monde, publié mercredi 24 février, la France mène des opérations secrètes, voire clandestines, dans ce pays livré au chaos, dont se nourrit le groupe jihadiste pour gagner du terrain depuis le printemps 2014. L’EI contrôle notamment la ville de Syrte, sur la côte méditerranéenne.

>> À (re)voir sur France 24 : "Le Drian : L’EI ne progresse plus, mais nous sommes encore loin du compte"

Ces révélations, qui n’ont pas été confirmées par le gouvernement français, ont provoqué l’ire de Jean-Yves Le Drian. Le ministre de la Défense a en effet lancé dans la foulée une "enquête pour compromission" du secret-défense.

"L'enquête devra établir si des éléments relevant du secret-défense ont été révélés dans cet article", a déclaré à l'AFP un proche du ministre, confirmant une information du Point.

Sans se prononcer sur le contenu de l'article, l'entourage de Jean-Yves le Drian estime que "quand des opérations secrètes ont lieu, le but n'est pas qu'elles soient révélées pour la sécurité des hommes et des opérations."

"Des actions discrètes, voire secrètes"

Officiellement, l’armée française mène depuis plusieurs semaines des vols de reconnaissance au-dessus de la Libye. Paris a toujours conditionné une éventuelle intervention militaire dans ce pays à une demande faite par un gouvernement d'union nationale libyen qui, jusqu'ici, tarde à être formé. Ce qui semble obliger la France à agir, en coordination avec le Royaume-Uni et les États-Unis, dans l’ombre.

De fait, selon Le Monde, la stratégie adoptée par Paris consiste en des "frappes ponctuelles très ciblées, préparées par des actions discrètes, voire secrètes". "La dernière chose à faire serait d’intervenir en Libye. Il faut éviter tout engagement militaire ouvert, il faut agir discrètement", confie un haut-responsable de la défense française cité par le journal.

Ces opérations non-officielles, qui visent à éliminer les cadres locaux de l’EI, s'appuieraient à la fois sur le concours des forces spéciales françaises et du service Action de la DGSE, la Direction générale de la sécurité extérieure, selon Le Monde. L’implication éventuelle de forces spéciales engage la France "car leurs soldats, même très discrets, agissent sous l'uniforme", indique le quotidien.

Une stratégie "par défaut"

"Le choix de cette stratégie d’endiguement qui consiste à contenir et à éliminer des leaders du groupe jihadiste par des opérations ciblées, tantôt secrètes [menées par les forces spéciales, NDLR] tantôt clandestines [menées par les agents de la DGSE, NDLR], est par défaut la plus adaptée à la complexité chaotique du théâtre libyen", explique à France 24 Michel Goya, ancien colonel des Troupes de Marine et consultant en stratégie militaire. "Faute d’un cadre légal permettant d’opérer directement et ouvertement en Libye, il est par ailleurs exclu, pour des raisons budgétaires et politiques, d’envoyer des soldats au sol pour contrôler et occuper du terrain", affirme le militaire.

Selon Michel Goya, ces opérations, qui nécessitent "un effort considérable de renseignements", sont facilitées par la présence de troupes et de forces spéciales françaises dans le Sahel. "Avec une telle stratégie, il est possible d’étouffer l’ennemi, de lui porter des coups physiques en éliminant ses chefs et de maintenir sur lui une pression psychologique, dans le sens où on lui fait comprendre qu’il peut être atteint n’importe où et à tout moment", ajoute-t-il.

Toutefois, l’ancien colonel reste sceptique quant à l’efficacité d’une telle stratégie à long terme, car "elle permet rarement d’obtenir des résultats décisifs et définitifs si le groupe ciblé jouit d’une implantation locale minimum". Il estime que ces opérations peuvent cependant s’avérer efficaces si des forces locales dites amies profitent de ce soutien pour combattre les jihadistes au sol, comme en Syrie et en Irak.
 

Première publication : 24/02/2016

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