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Afrique NIGER

Présidentielle au Niger : retour sur la campagne et le premier tour

© Nicolas Germain | Des électeurs attendent devant un bureau de vote de Niamey lors du 1er tour de la présidentielle, le 21 février 2016.

Texte par Nicolas GERMAIN

Dernière modification : 28/02/2016

À la surprise générale, il y aura un second tour à la présidentielle au Niger, organisé le 20 mars entre le sortant Mahamadou Issoufou et Hama Amadou, actuellement en prison. L’envoyé spécial de France 24 revient sur la campagne et le premier tour.

Pas simple d'organiser une élection dans un des pays les plus pauvres du monde, le Niger. Dans cet État de 18 millions d’habitants, un grand nombre de citoyens n’ont pas de pièces d’identité.

Cette année, un système biométrique devait être déployé à l’occasion de la présidentielle et des législatives du dimanche 21 février. Mais il ne fut pas opérationnel dans les temps. Pourtant le Nigeria voisin, dix fois plus peuplé avec 180 millions d'habitants, l’avait mis en place avec succès l’an dernier.

Les autorités nigériennes ont donc eu recours à une vieille tradition ici, le vote par témoignage. Une personne sans papiers peut voter si son identité est reconnue par deux témoins !

Durant des semaines, le président sortant Mahamadou Issoufou a martelé qu'il gagnerait au premier tour. "Un coup KO" selon l'expression consacrée. Un slogan qui a réussi à des candidats lors de trois présidentielles récentes en Afrique de l'Ouest : Guinée, Côte d'Ivoire et Burkina Faso.

Face à Mahamadou Issoufou, 14 candidats étaient en lice dont deux anciens Premiers ministres, Seyni Oumarou et Hama Amadou. Ce dernier, emprisonné depuis novembre 2015, attend son jugement dans une affaire de trafic de bébés. Une cabale politique selon le détenu, une affaire de droit commun selon le pouvoir.

>> À voir sur France 24 : "Présidentielle au Niger : Mahamadou Issoufou face à Hama Amadou au second tour"

Hama Amadou n'a donc pas pu battre campagne. Mais ma collègue Sarah Sakho et moi-même avons vu ses partisans défiler, vuvuzelas à la main, dans le bruit et la bonne humeur deux jours avant le vote.

En raison de difficultés logistiques, le jour J, de nombreux bureaux de vote ont ouvert avec plusieurs heures de retard. À tel point que dans certaines régions, le scrutin a été prolongé jusqu’au lendemain. Aucun incident sécuritaire majeur n’est venu troubler le scrutin, même dans la région de Diffa (sud-est) où Boko Haram a mené des attaques ces derniers mois.

"Il faut qu’ils donnent les résultats rapidement pour que la situation se décrispe"

Puis, ce fut la longue attente pour les résultats, cinq jours au lieu de deux ou trois habituellement. Chaque jour, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) égrainait les résultats partiels au Palais des Congrès devant des journalistes parfois assoupis.

Dans les rues de la capitale Niamey, certains s'impatientaient. Plus le temps passait, plus la suspicion de fraudes prenait de l’ampleur. "Il faut qu’ils donnent les résultats rapidement pour que la situation se décrispe, il y a une tension qui règne", nous confiait un habitant de la capitale.

Depuis plusieurs jours, les résultats partiels montrent un Mahamadou Issoufou frôlant les 50 %. La coalition de l'opposition (Copa) a tenu deux conférences de presse pour dénoncer des résultats fabriqués, des bureaux de vote fictifs et des duplicata de cartes d'électeurs.

"De la prison à la présidence, comme Mandela !"

Le vendredi 26 février, le suspense est total jusqu’à l’annonce des résultats par la Céni : ce sera finalement 48,41 % pour Mahamadou Issoufou. Un revers pour le président qui ne réussit pas son coup KO. Jubilation devant le siège de Hama Amadou. Le leader de l'opposition, crédité de 17,79 %, est bien au second tour. "De la prison à la présidence, comme Mandela !" hurlent ses partisans les plus enthousiastes.

Avant le premier tour, les principaux leaders de l'opposition avaient promis de se rallier à celui qui, parmi eux, arriverait en tête. En 2011, Hama Amadou, classé troisième, avait rompu ce pacte et finalement soutenu Mahamadou Issoufou au second tour. Une volte-face qui ne risque pas de se reproduire cette année.

La priorité : l'éducation et l'emploi

Le Niger est un partenaire important pour les Occidentaux dans la lutte contre les jihadistes au Sahel. Américains et Français ont installé des bases de drones, notamment à Niamey.

Dans une région tumultueuse, le Niger apparaît presque comme un havre de stabilité. Au nord, le chaos libyen, à l'ouest, les jihadistes du nord Mali et, au sud, le Nigeria où Boko Haram sème le chaos.

Mais la priorité des électeurs nigériens ? L'éducation et l'emploi.

Alors qui l'emportera ? Le président ou le prisonnier ? Rendez-vous le 20 mars.
 

Première publication : 28/02/2016

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