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FRANCE

France : début du démantèlement de la zone sud de la "jungle" de Calais

© Philippe Huguen, AFP | Protégés par des policiers, deux bulldozers et une vingtaine d'hommes détruisent les abris de la zone sud de la "jungle" de Calais.

Vidéo par FRANCE 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 29/02/2016

Des bulldozers et une vingtaine d'hommes ont commencé, lundi, à démanteler la zone sud de la "jungle" de Calais, plus grand bidonville de France, où des milliers de migrants survivent dans l'espoir de passer au Royaume-Uni.

Les autorités n’ont pas tardé à passer à l’action après la validation de l’arrêté d’expulsion d’une partie de la "jungle" de Calais. Lundi 29 février, les premiers enlèvements des abris vides situés dans la zone sud du bidonville ont débuté sous la protection d'un important dispositif policier.

>> À (re)voir sur France 24 : "La boue au ventre immersion dans le camp de migrants de Grande-Synthe"

Deux bulldozers et une vingtaine de personnes d'une entreprise privée mandatée par l'État se chargeaient de démonter une vingtaine d'abris situés sur une zone de 100 mètres sur 100 encadrée par des CRS, mettant les détritus dans une benne. Plusieurs migrants venaient cependant récupérer des affaires personnelles ou des bonbonnes de gaz pour les installer plus loin dans la "jungle".

"Entre 800 et 1000 personnes" vivent sur cette partie de la "jungle" selon la préfecture, 3 450 selon les associations. La zone nord, qui abrite dans des tentes et cabanes entre 1 100 et 3 500 réfugiés selon les sources, n'était pas concernée par cette décision de justice.

"Démantèlement sans brutalité"

Le 25 février, le gouvernement, qui veut démanteler le plus grand bidonville de France où survivent entre 3 700 et 7 000 migrants – selon les sources - dans l’espoir de passer au Royaume-Uni, avait obtenu gain de cause auprès de la justice administrative pour une évacuation de la zone sud du camp. Une décision contestée par des migrants et des associations, mais les autorités avaient immédiatement assuré qu'elles n'entendaient pas recourir à la force.

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait également promis, la même semaine, que le démantèlement de la partie sud de la "jungle" se ferait progressivement, sans "brutalité". Manuel Valls avait pour sa part assuré que l’évacuation prendrait "le temps nécessaire" pour apporter une "réponse humanitaire" aux migrants en quête d’un passage vers le Royaume-Uni.

Lundi, plus de 30 véhicules de CRS et deux camions anti-émeutes étaient stationnés à l'entrée ouest du camp. Les forces de l'ordre ont pour but de "sécuriser" les maraudes sociales censées offrir des solutions d'hébergement aux migrants du bidonville, a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais. Elle a confirmé avoir mis en place "un dispositif de protection des forces de sécurité pour permettre à la société qui procède au retrait des tentes et abris inoccupés d'effectuer son travail".

Accueillir les migrants dans des centres

Une activiste no border britannique – un mouvement altermondialiste qui lutte pour l'abolition des frontières – a été interpellée lors de cette opération, ont indiqué deux sources policières.

Il y a un mois, les autorités avaient contraint quelque 700 migrants à abandonner une large bande longeant la rocade menant au port, empruntée notamment par les poids lourds se rendant au Royaume-Uni, pour les déplacer dans une autre zone du camp.

Cette fois, il s'agit de faire partir la population concernée vers les Centres d'accueil et d'orientation (CAO), dont le nombre n'a cessé d'augmenter. Il en existe désormais 102, accueillant près de 2 700 migrants. Il reste d'autre part 300 places dans le Centre d'accueil provisoire de Calais, constitué de conteneurs-dortoirs chauffés.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 29/02/2016

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