Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

L'ENTRETIEN

Teddy Riner : "Je suis allé chercher ma deuxième médaille d’or avec les tripes"

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Rio c'est parti, Lille c'est fini !

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Mort d'Adama Traore : la troisième autopsie n'aura pas lieu

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Burkini : le Conseil d'état tranche, le débat politique continue

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

L'offensive turque en Syrie - Arrêté anti-burkini suspendu

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Les secrets de l'Hôtel des Invalides

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Fiscalité, épargne, travail : les promesses économiques du candidat Sarkozy

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Le patriotisme économique prôné par Montebourg peut-il fonctionner ?

En savoir plus

FOCUS

Présidentielle au Gabon : bataille électorale à Port-Gentil

En savoir plus

EUROPE

L'interdiction du parti néo-nazi NPD en débat devant la justice allemande

© Marijan Murat / DPA / AFP | Les juges à Karlsruhe à l'ouverture de l'audience le 1er mars 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/03/2016

La Cour constitutionnelle allemande a commencé mardi à examiner une demande d'interdiction du parti néo-nazi NPD. Une procédure à l'issue hypothétique et que certains jugent inefficace pour lutter contre l'extrême droite.

Le parti néo-nazi NPD sera-t-il interdit en Allemagne ? La Cour constitutionnelle a commencé mardi 1er mars à examiner une demande d'interdiction de cette formation, une procédure que certains jugent inefficace pour lutter contre l'extrême droite.

Interdire un parti est "une épée à double tranchant qui doit être maniée avec prudence. Elle limite la liberté pour préserver la liberté", a déclaré en préambule le juge Andreas Vosskuhle, qui préside l'audience, à Karlsruhe, dans le sud-ouest du pays, où siège la plus haute juridiction du pays.

"Chaque procédure d'interdiction de parti représente un défi pour un État libre constitutionnel et démocratique", a-t-il ajouté.

>> À voir sur France 24 : "En Saxe, les néo-nazis occupent le terrain"

La Cour constitutionnelle a prévu au minimum trois journées d'audience pour examiner cette requête déposée en décembre 2013 par le Bundesrat, la chambre haute du Parlement, où siègent les représentants des États régionaux. Elle ne devrait pas rendre sa décision avant plusieurs mois.

Le Bundesrat estime que le NPD (Parti national-démocrate d'Allemagne) doit être interdit car il "veut déstabiliser et mettre à bas l'ordre libéral-démocratique" "de manière agressive et combattive".

L'idée de bannir le NPD, parti créé en 1964 notamment par d'anciens fonctionnaires du parti nazi, a ressurgi après la découverte en 2011 de l'organisation criminelle "Clandestinité national-socialiste" (NSU). Ses membres, proches du NPD, sont accusés d'avoir assassiné dix personnes, la plupart d'origine turque, entre 2000 et 2006.

>> À lire sur France 24 : " Un ancien garde d'Auschwitz rattrapé à 94 ans par la justice allemande"

Agents provocateurs ?

Mais la chancelière Angela Merkel a, elle, renoncé à se joindre à la demande du Bundesrat, même si le gouvernement juge le NPD "anti-démocratique, xénophobe, antisémite et contraire à la Constitution", alors qu'une précédente tentative d'interdiction du parti avait échoué en 2003 et tourné au camouflet pour la coalition Verts/SPD au pouvoir.

La Cour avait alors estimé ne pas pouvoir trancher tant que des informateurs des services du renseignement intérieur (Verfassungsschutz) travaillaient au sein de la direction du NPD. Pour les juges, le risque était trop grand que ces "indics" aient pu agir comme agents provocateurs et amener les membres du parti à enfreindre la Constitution.

Le NPD compte bien utiliser cet argument pour faire capoter la procédure.

Pour autant, les partisans de l'interdiction se montraient mardi confiants : "Nous sommes bien préparés et avons bon espoir que la procédure s'achève dans le bon sens", a jugé l'un des plaignants, le ministre de l'Intérieur de l'État régional de Saxe-Anhalt, Holger Stahlknecht.

"Enfumage"

Financièrement en difficulté (le parti a été privé de subventions en février 2013), le NPD n'a réuni qu'1,3 % des suffrages aux législatives de 2013.

Pour certains opposants à l'interdiction, une telle procédure serait devenue caduque car la situation politique allemande a changé, avec l'émergence du mouvement islamophobe Pegida ou le succès grandissant du parti Alternative für Deutschland (AfD), qui surfe sur les craintes liées à l'afflux de plus d'un million de migrants en 2015.

>> À lire sur France 24 : "À Dresde, le mouvement anti-migrants Pegida réunit des milliers de partisans"

"C'est de l'enfumage", estime ainsi pour l'AFP Timo Reinfrank, coordinateur de la Fondation Amadeu-Antonio, une organisation antiraciste qui porte le nom d'un Angolais assassiné à coups de batte de baseball dans le Brandebourg en 1990.

"Celui qui croit que cette interdiction peut résoudre quoi que ce soit oublie un peu que c'est dans les esprits qu'il faut faire disparaître cette idéologie", a-t-il affirmé.

Pour lui, "la priorité urgente, c'est d'empêcher que des attaques d'extrême droite se poursuivent contre les foyers de réfugiés".

Avec AFP
 

Première publication : 01/03/2016

  • ALLEMAGNE

    Crise des réfugiés : l'Allemagne veut savoir si la Russie organise une propagande contre elle

    En savoir plus

  • ALLEMAGNE

    Les attaques contre les centres d'accueil pour migrants se sont multipliées en Allemagne

    En savoir plus

  • ALLEMAGNE

    À Cologne, les agressions du Nouvel An ont "nui à l'image des réfugiés syriens"

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)