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Santé

Une étude fait le lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré

© Marvin Recinos, AFP | Zika se transmet par piqûres de moustiques du genre Aedes aegypti et de moustiques tigres (Aedes albopictus).

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 01/03/2016

Selon l’Institut Pasteur, le virus Zika qui sévit en Amérique du Sud peut entraîner plusieurs formes du syndrome de Guillain-Barré (SGB), une affection rare caractérisée par une paralysie progressive des membres et une faiblesse respiratoire.

L’Institut Pasteur est formel : le virus Zika, soupçonné de provoquer des malformations chez les nourrissons, nés de mères infectées, peut aussi entraîner un syndrome de Guillain-Barré (SGB), une affection grave mais réversible et plutôt rare pouvant entraîner à la fois une paralysie progressive des membres et une atteinte respiratoire.

>> À lire sur France 24 : "Zika : un vieux virus qui connaît une seconde jeunesse en Amérique latine"

Le SGB a été diagnostiqué après une étude menée chez 42 patients atteints de Zika, entre octobre 2013 et avril 2014, en Polynésie française, dont 16 sont passés en réanimation pour avoir une assistance respiratoire. Ces atteintes neurologiques ont touchées 20 fois plus de patients par rapport aux taux habituels. Pour l’heure, aucun n'est mort.

"Lien causal entre Zika et SGB"

Il s'agit de "la première démonstration d'un lien entre le virus Zika et le syndrome de Guillain-Barré", souligne le professeur Arnaud Fontanet, responsable de l'unité d'Épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur à Paris, qui a coordonné l'étude publiée mardi 1er mars dans la revue médicale The Lancet. "Le risque de développer un syndrome de Guillain-Barré a été estimé à 2,4 pour 10 000 infections par le virus Zika", note encore le Pr Fontanet.

Pour le spécialiste, les liens entre Zika et SGB sont aussi forts que lorsque l'on dit que "le tabac cause le cancer du poumon", même si l'étude ne permet pas d'expliquer le mécanisme par lequel le virus entraîne le syndrome neurologique. La présence récente du virus Zika a été retrouvé chez 100 % des patients atteints de Guillain-Barré, note encore le chercheur.

>> À lire sur France 24 : "L'ONU demande aux pays touchés par Zika d'autoriser la contraception et l'avortement"

L'étude est saluée par d’autres experts. "Cette étude fournit la preuve la plus convaincante à ce jour d'un lien causal entre l'infection par le virus Zika et le syndrome neurologique de Guillain-Barré", déclare Jeremy Farrar, directeur du Wellcome Trust au Royaume-Uni. Certains spécialistes, en revanche, sont plus réservés. "Il faudra encore beaucoup travailler avant que les mêmes conclusions [de lien entre SGB et le virus Zika] puissent être étendues à l'épidémie en Amérique du Sud", selon Peter Barlow, porte-parole de la British Society for Immunology.

Pas de lien entre la dengue et SGB

Avec plus de 1,5 million de cas au Brésil, et plusieurs dizaines de milliers sur le reste du continent sud-américain dont plus de 40 000 en Colombie, les chercheurs craignent surtout que les structures de soins ne soient pas suffisantes pour faire face au SGB, en particulier dans les campagnes. "Dans les zones qui vont être touchées par l'épidémie de virus Zika, il faut penser, quand c'est possible, à renforcer les capacités en soins intensifs parce qu'on sait qu'un certain nombre de patients vont développer un SGB et parmi eux, 30 % vont en avoir besoin, notamment pour une assistance respiratoire", a déclaré le Pr Fontanet.

>> À lire sur France 24 : "Virus Zika : le Brésil refuse de céder à la panique à six mois des JO de Rio"

Les chercheurs estiment également avoir écarté le rôle de la dengue dans la survenue de ces atteintes neurologiques SGB, une crainte exprimée par beaucoup de patients. Une infection par la dengue dans le passé n'augmente pas le risque de faire un SGB parmi les patients infectés par le virus Zika.

Par ailleurs, des études sont toujours en cours pour tenter de faire le lien entre le virus Zika et la multiplication des cas de naissance de bébés atteints de microcéphalie au Brésil, une maladie qui entrave grièvement le développement du périmètre crânien. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) doit prochainement donner des premières ébauches de réponses sur cette question, alors que certains chercheurs pointent du doigt un pesticide, abondamment pulvérisé dans les zones infestées de moustique.

Avec AFP

Première publication : 01/03/2016

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