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FRANCE

D'après un sondage Ipsos, les stéréotypes sur le viol perdurent en France

© France 24 | D'après une enquête Ipsos, les clichés sur le viol perdurent.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 02/03/2016

Un sondage réalisé pour l'association Mémoire traumatique et victimologie publié ce mercredi révèle que les idées fausses sur le viol sont encore très répandues chez les Français. Ils ont tendance à responsabiliser la victime plutôt que le violeur.

Si une plainte pour viol est en moyenne enregistrée toutes les 40 minutes chaque jour en France, le phénomène reste mal perçu ou mal compris par une large proportion des Français. Un sondage Ipsos, réalisé pour l’association Mémoire traumatique et victimologie et publié mercredi 2 mars, confirme que les stéréotypes sur le viol sont encore très largement répandus dans la population française.

"Nous vivons dans une société où la méconnaissance de la réalité des violences sexuelles, de leur fréquence et de la gravité de leur impact traumatique conduit à les reléguer dans la catégorie 'faits divers' alors qu’elles représentent un problème majeur de santé publique, et participe à la non reconnaissance des victimes et à leur abandon sans protection, ni soin", est-il expliqué dans cette étude réalisée entre le 25 novembre et 2 décembre 2015 auprès d’un échantillon représentatif de 1001 personnes.

Souvent glaçantes, les statistiques révélées dans cette enquête viennent soutenir l'idée que la culture du viol est bien ancrée dans les mentalités. Ainsi, pour quatre Français sur 10, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a une attitude provocante et pour deux sur 10 "une femme qui dit 'non', ça veut souvent dire 'oui'… Sans parler du fait que près d’un tiers des 18-24 ans estiment que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d'une relation sexuelle.

"Elle l'a bien cherché..."

Sur la définition du viol, presque tous les Français (96 %) sont d’accord. Ils le qualifient à juste titre comme "le fait de forcer une personne qui le refuse à avoir un rapport sexuel". Mais c’est quand on regarde dans le détail que les choses dérapent. Ils sont encore – très – nombreux (24 %) à considérer qu'une fellation forcée relève de l'agression sexuelle, non du viol. Même constat pour une pénétration avec le doigt. Une distinction que ne fait pas le Code pénal qui définit le viol comme "tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol".

De même, les notions de contrainte et d'emprise sont mal reconnues et les victimes sont souvent mises en cause à la place de leur agresseur. Parmi les personnes interrogées, la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une attitude provocante en public (40 %), si elle a flirté avec le violeur (38 %), si elle a accepté de se rendre seule chez lui (36 %), ou si elle portait une "tenue sexy"  (27 %). Pour peu qu'une victime d'attouchements sexuels ait bu ou se soit droguée ou soit tout simplement endormie, ils sont 39 % à penser qu'il s'agit d'une "agression sexuelle" et non d'un viol. En résumé, "elle l’a bien cherché"… 

>> À voir sur France 24 : Violences conjugales : la France s'attaque à la source du fléau

Enfin, une proportion non négligeable –17% – estime aussi que forcer sa conjointe à avoir un rapport sexuel alors qu'elle le refuse n'est pas un viol. Car le mythe du "vrai viol" perdure : à l'extérieur, sous la menace d'une arme, par un inconnu, à l'encontre d'une jeune femme séduisante. C’est faux. Dans 90 % des cas, les victimes connaissent leur agresseur : 58 % des viols sont perpétrés dans le couple et, pour les mineurs, 53 % au sein du cercle familial.

Des statistiques sous-estimées

Le nombre annuel de viols est lui-aussi sous-estimé par 41 % des Français. S’ils pensent qu’il y en a entre 10 000 et 50 000, en réalité, 98 000 viols ou tentatives de viol ont en fait été perpétrés en moyenne sur les cinq dernières années, dont 14 000 sur des hommes. On arriverait sans doute "à plus de 200 000" en incluant les mineurs, premières victimes des violences sexuelles, selon l'association.

Les Français estiment que 25 % des victimes portent plainte alors qu’elles ne sont que 10 %. Enfin, les sondés considèrent que certaines victimes accusent à tort leur agresseur, pour se venger (32 %) ou pour attirer l’attention (23 %). "Ce mythe est tenace. Ce sont les seuls crimes ou délits pour lesquels on soupçonne a priori la personne qui s’en déclare victime", dénonce la présidente de Mémoire traumatique, la psychiatre Muriel Salmona.

Avec AFP

Première publication : 02/03/2016

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