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FRANCE

Les Calaisiens lundi à Paris pour faire entendre leur détresse

© Denis Charlet, AFP | Des manifestants tiennent des pancartes "J'aime Calais" lors d'un rassemblement en soutien aux commerçants, le 24 janvier 2016.

Vidéo par FRANCE 2

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 07/03/2016

À l'appel des commerçants de la région de Calais, un rassemblement est organisé à Paris pour demander le démantèlement total de la "jungle", qui affecte leur activité. Ils doivent défiler devant plusieurs ministères et l’Élysée.

Environ 500 Calaisiens, dont de nombreux commerçants, se rendent lundi 7 mars à Paris pour manifester près de l’Élysée contre les conséquences économiques de la présence des migrants dans leur région.

Selon M. Van Gansbeke, porte-parole du rassemblement, une délégation de cinq personnes doit être reçue par le ministre des Finances Michel Sapin, un proche collaborateur de François Hollande et un autre de Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères, en charge du tourisme.

Ils estiment payer un lourd tribut à la crise migratoire. Les images de camions pris d'assaut par des migrants ou des heurts dans la "jungle" ont terriblement nui à l'image de cette cité de 72 000 habitants, qui doit sa fortune et son infortune à sa proximité avec les côtes anglaises. Dix millions de passagers transitent chaque année par son port, mais elle attire aussi des clandestins rêvant de traverser le détroit.

"Il faut redorer le blason"

"Il y a une volonté de notre part de dire que les médias, surtout anglais, nous ont assassinés, il faut redorer le blason et dire qu'il ne se passe strictement rien à Calais. Certes, il y a un bidonville à côté de chez nous mais l'État a repris la main dessus et il était temps !", explique ainsi M. Nouchi, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (UMIH) du Calaisis, qui chiffre à "30 à 40 %" la baisse de chiffre d'affaires des commerces qu'il représente.

Quand on se promène dans le centre-ville, on ne remarque pas de migrants. La tristement célèbre "jungle", dont le démantèlement sous la contrainte a débuté lundi dernier, se situe à une bonne heure à pied de là. Mais on ne croise plus non plus de Belges et de Britanniques, eux qui étaient habitués à faire du shopping à Calais ou à s'y arrêter pour se restaurer sur la route de la Côte d'Opale.

"Depuis 20 ans, une habitante du Kent venait toutes les six semaines se faire coiffer ici et elle arrivait avec ses amis, mais avec toutes les images à la télévision, elle ne venait plus" ces derniers temps, regrette Frédérique, qui tient un salon de coiffure sur l'artère principale.

Ce déplacement intervient trois jours après celui de la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), reçue par le président de la République. "Je lui ai fais part des difficultés économiques de notre territoire ; bon nombre d'entre elles sont des conséquences de la crise migratoire", a indiqué l'élue, qui a souvent regretté de voir sa ville transformée "en terrain de jeu des extrémistes" lors de manifestations d'extrême gauche ou d'extrême droite.

Les milieux économiques du Calaisis ont bien accueilli l'annonce vendredi de la mise en service, le 29 mars, de l'autoroute ferroviaire pour les poids-lourds entre Calais et Le Boulou (Pyrénées-Orientales), ainsi que la mise à l'étude d'un dispositif permettant un report de charges fiscales, voire d'un effacement dans certains cas. Mais la délégation souhaite aussi "la création d'une zone franche à l'échelle du Calaisis" et "un grand plan de relance du tourisme", selon M. Van Gansbeke.

Avec AFP

Première publication : 07/03/2016

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