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FRANCE

Procès : un dentiste néerlandais accusé d'avoir mutilé une centaine de patients

© ANP, AFP | Ce croquis d'audience d'octobre 2014 dans un tribunal d'Amsterdam montre Jacobus van Nierop, un dentiste néerlandais accusé d'avoir mutilé certains de ses patients.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/03/2016

Le procès du Néerlandais Mark van Nierop, surnommé le "dentiste de l'horreur" pour avoir mutilé des patients, s'est ouvert devant le tribunal correctionnel de Nevers. La justice lui reproche également des faits d'escroquerie et de faux en écriture.

Mutilations, violences sur personnes vulnérables, escroqueries, faux en écriture. La liste des accusations est longue à l’encontre du Néerlandais Jacobus Marinus, dit Mark, van Nierop, surnommé "le dentiste de l'horreur" dans la Nièvre. Il est jugé à partir du mardi 8 mars devant le tribunal correctionnel de Nevers.

Âgé de 51 ans, cet homme est principalement soupçonné d’avoir mutilé une centaine de patients dans le département de la Nièvre entre 2008 et 2012. Tout avait pourtant bien commencé lors de l'installation de ce dentiste à Château-Chinon, dans une zone connue pour être un désert médical notoire. Les habitants, obligés depuis plusieurs années de faire près de 20 km pour réaliser des soins dentaires, avaient manifesté leur joie à l’arrivée de ce praticien, recruté par un chasseur de tête.

"Il m'a arraché huit dents d'un coup"

À la tête d’un cabinet moderne, Van Nierop est décrit au départ comme avenant, alors que sa femme opère à ses côtés comme prothésiste. Mais dès mars 2011, l'Ordre des chirurgiens-dentistes dépose plainte pour pratiques illégales, l'épouse exerçant sans diplôme. Et les plaintes de patients commencent à affluer, tandis que se constitue un "collectif dentaire" autour de Nicole Martin.

Cette patiente, retraitée de l'enseignement, évoque sa première visite chez le dentiste comme "l'entrée dans un système, presque de gourou". "Toutes les fois, il nous faisait ce qu'il appelait ‘une petit piqûre’ et on était endormi, lessivé, on avait la moitié de la figure endormie pendant cinq ou six heures et quand on sortait, on trouvait un post-it pour un rendez-vous le lendemain ou le surlendemain", raconte celle qui a eu des "dents saines dévitalisées, des dents arrachées à cause d'abcès" et s'est vu poser une couronne "trop petite". Sous prétexte de mettre à jour sa carte Vitale, le Néerlandais en a même profité pour réclamer 1 400 euros de soins à sa mutuelle.

Sylviane Boulesteix, 65 ans, retraitée modeste et réservée, se souvient également avec effroi de son rendez-vous chez Van Nierop, en mars 2012, pour la pose d'un appareil dentaire : "Il m'a fait sept ou huit piqûres, arraché huit dents d'un coup et posé l'appareil à vif. Je pissais le sang. Pendant trois jours !". Au total, 120 victimes se sont signalées auprès du collectif, conseillé par un des avocats de la retentissante affaire du Mediator, Me Charles Joseph-Oudin.

Une fuite au Canada

Mais lorsque l’affaire prend une mauvaise tournure à l’été 2012, le Néerlandais prétend avoir le bras paralysé après une chute et son cabinet reste alors porte close. Le 7 juin 2013, il est mis en examen et placé sous contrôle judiciaire. Le 26 décembre 2013, sa compagne signale sa disparition et un mandat d'arrêt international est délivré à son encontre. L'homme avait fui au Canada, où il est interpellé en septembre 2014, tentant alors de mettre fin à ses jours.

Extradé vers les Pays-Bas, Van Nierop "a dit avoir tué sa première femme, il a joué la folie, il a dit être transsexuel... Il a joué le tout pour le tout" pour ne pas être renvoyé en France, où il encourt 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende, souligne Nicole Martin.

Selon la cour d'appel de Bourges, la demande d'entraide judiciaire adressée aux Pays-Bas a révélé que Jacobus van Nierop y avait fait l'objet de sanctions disciplinaires après plusieurs plaintes. Pour Me Joseph-Oudin, le procès doit permettre de "comprendre comment on en est arrivé à de tels comportements", les explications de Van Nierop étant "inexistantes ou farfelues". L'indemnisation des victimes reste, elle, un "problème" selon l'avocat, le dentiste étant insolvable et son assurance ayant annulé son contrat. Sur ce point, un arrêt de la cour d'appel de Bourges est attendu mi-mars.

"Il faut surtout que ce procès serve d'exemple pour que plus jamais on n'installe quelqu'un, en ville ou à la campagne, sans vérifier en amont ses compétences", conclut Nicole Martin, alors que l’audience doit durer une dizaine de jours.

Avec AFP

 

Première publication : 08/03/2016

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