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Allemagne : Merkel et les populistes de l’AfD s’affrontent par scrutins régionaux interposés

© AFP | Une pancarte de l'AfD qui proclame vouloir "plus de sécurité pour nos femmes et nos filles"

Vidéo par Laure WAGNER

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 12/03/2016

Les Allemands votent dans trois Länders dimanche. Au-delà de l'enjeu local, ces élections vont faire office de test électoral à l'heure de la crise des migrants, non seulement pour la chancelière Angela Merkel, mais aussi pour le parti populiste AfD.

Ils ne sont que trois Länders, mais ils pourraient faire basculer la donne politique allemande à l'issue du processus électoral qui s’y déroulent dimanche 13 mars. Les habitants des régions administratives de Bade-Wurtemberg, de Saxe-Anhalt et de Rhénanie-Palatinat vont en effet décider de la recomposition de leur parlement régional.

L’Allemagne entière s'intéresse au scrutin, car il va marquer le "premier test électoral important pour Angela Merkel depuis le début de la crise des réfugiés", explique à France 24 Robert Pausch, chercheur en sciences politiques à l’Institut de recherche pour la Démocratie de Göttingen.

Angela Merkel contre Frauke Petry

L’onde de choc provoquée par les violences sexuelles perpétrées dans la nuit du Nouvel an à Cologne a nourri le discours des populistes, prompts à mettre ces agressions sur le dos des réfugiés. Le mouvement contestataire antimusulman Pegida en a notamment profité pour critiquer la politique migratoire de la chancelière, jugée "trop laxiste".

Les résultats de dimanche seront un indicateur important pour juger de la propagation de ces idées au sein du peuple allemand. Quoi qu'il en soit, la bataille par urnes interposées fera une gagnante. Soit Angela Merkel, la chancelière fédérale depuis 2005. Soit Frauke Petry, la dirigeante d'Alternative für Deutschland (AfD), un parti populiste né en 2013 qui cherche à capitaliser sur le rejet des migrants. La percée de ce jeune mouvement très à droite sera synonyme de "message négatif envoyé à Angela Merkel", assure Robert Pausch, co-auteur d'un rapport de soixante page sur "l'AfD dans le contexte des élections régionales" de ce dimanche.

Un test à l'Ouest

Ce parti est devenu la lubie des médias, le thermomètre électoral de la popularité du gouvernement. Qui semble ne pas être très favorable pour Angela Merkel. Les sondages donnent  en effet à l’AfD de fortes chances d’arriver au moins en troisième position dans les trois Länders. En Saxe-Anhalt, il est même au coude à coude avec le parti d’extrême gauche "Die Linke" pour décrocher la deuxième place du scutin, derrière la CDU. Quoi qu'il en soit, tout porte à croire que l'AfD fera un bon score dans ce land d'ex-RDA. À l’Est "leur discours très populiste a toujours eu un impact plus fort que dans le reste de l’Allemagne", rappelle Robert Pausch. La faute à la frustration des "Ossies" (ces ressortissants de l’ex-RDA longtemps restés à la traîne économique de l’ouest) qui a nourri le vote protestataire.

Le vrai test va se dérouler dans les deux autres régions concernées par ces élections. L'AfD va tenter de faire une première percée électorale à l'Ouest, où l'on pensait que la bonne santé économique et du souvenir de la seconde guerre mondiale suffirait à éviter un retour du populisme.

Que l'AfD décroche des sièges aux parlements régionaux serait un signe important "que le scénario d’une force de droite populiste politiquement établie et présente dans les institutions nationales peut devenir une réalité", analyse le rapport coécrit pas Robert Pausch.

Populiste, mais pas (encore?) d’extrême-droite

En revanche, le politologue met en garde contre la tentation de placer l’AfD à "l’extrême droite". Alternative für Deutschland n’est pas le versant politique du mouvement xénophobe et antimusulman Pegida, même si "80 % de ces manifestants voteraient en priorité pour ce parti", reconnaît le politologue.

Selon lui, "AfD est beaucoup plus hétérogène que Pegida. On y trouve aussi bien des politiciens de centre-droit que des défenseurs de valeurs beaucoup plus extrémistes". Le parti en lui-même a beaucoup évolué". Ainsi, ses dirigeants n’ont intégré la thématique des migrants qu’en 2015. Auparavant, cette formation était essentiellement constituée d’universitaires qui militaient pour une sortie de l’Allemagne de l’Union européenne et encore davantage de libéralisme dans l’économie allemande.

C’est à l’occasion d'un combat de chefs, fin 2015, que la ligne "nationale conservatrice", incarnée notamment par l’actuelle présidente Frauke Petry, s’est imposée. La plupart des doctes économistes avaient alors quitté le navire, mais leurs idées continuent à figurer au programme. Les candidats de l’AfD peuvent donc choisir sur quel levier appuyer en priorité en fonction de l’électorat qu'ils veulent séduire.

Il existe cependant un socle de trois "valeurs" qui doivent figurer dans tous les programmes, même si les candidats veulent mettre d’autres points en avant : la sécurité (augmenter le budget de la police), la politique familiale (taxer davantage les couples sans enfant) et la promotion d’une politique migratoire plus sévère. Ces trois axes sont le reflet de la dérive droitière de l’AfD.

Va-t-elle s’accentuer après les élections de dimanche ? C’est, au-delà du score, la grande inconnue. En cas de succès, l’AfD, conforté dans son discours populistes, peut être tenté de pousser le bouchon droitier toujours plus loin, jusqu’à basculer clairement dans les extrêmes. Mais pour cette jeune formation, la confrontation avec la réalité du pouvoir et la nécessité de faire des compromis peut aussi avoir un effet modérateur.

Première publication : 12/03/2016

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