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Libye : selon Obama, Sarkozy voulait "claironner ses succès"

© Nicholas Kamm, AFP | Le président américain Barack Obama, le 7 mars 2016 à Washington.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/03/2016

Dans un entretien accordé à un magazine américain, le président Barack Obama a décoché quelques critiques à l'égard de ses alliés européens. Selon lui, ils ont une part de responsabilité dans la situation actuelle de la Libye.

Cinq ans après les raids aériens en Libye, qui ont conduit à la chute du régime de Mouammar Kadhafi, le président américain Barack Obama est revenu dans un entretien publié jeudi 10 mars par le magazine The Atlantic sur cette intervention militaire.

Dans cette interview, il impute aux alliés européens de Washington une part de responsabilité dans la situation actuelle de la Libye. "La Libye est plongée dans le chaos", constate le président américain.

"Lorsque je me demande pourquoi cela a mal tourné, je réalise que j'étais convaincu que les Européens, étant donné la proximité de la Libye, seraient plus impliqués dans le suivi", poursuit-il.

"Je suis très fier de ce moment"

Selon lui, le Premier ministre britannique David Cameron a ensuite été "distrait par d'autres choses". Quant à l’ancien président français, Nicolas Sarkozy, Barack Obama estime qu’il "voulait claironner ses succès dans la campagne aérienne, alors que nous avions détruit toutes les défenses anti-aériennes".

En ce qui concerne la Syrie, le chef d’État déclare ne pas regretter sa décision, prise à l'été 2013, de ne pas lancer de frappes aériennes contre le régime du pays, malgré la "ligne rouge" qu'il avait fixée concernant une utilisation d'armes chimiques.

La paix au prix d'un bon voisinage entre l'Arabie saoudite et l'Iran

"Je suis très fier de ce moment", explique-t-il. "Appuyer sur le bouton 'pause' à ce moment-là, je savais que cela me coûterait, sur le plan politique. Et le fait que j'ai pu m'extraire des pressions du moment et penser par moi-même à ce qui était dans l'intérêt des États-Unis, non seulement par rapport à la Syrie, mais aussi par rapport à notre démocratie, a été la décision la plus difficile que j'ai jamais prise – et je crois qu'au bout du compte, c'était la bonne décision", conclut-il.

Le président estime par ailleurs dans l'interview, qui aborde divers aspects de sa politique étrangère, que les conflits et le chaos au Moyen-Orient ne cesseront pas tant que l'Arabie saoudite et l'Iran ne trouveront pas un moyen de vivre en bon voisinage.

"La rivalité entre les Saoudiens et les Iraniens, qui alimente des conflits et le chaos en Syrie, en Irak et au Yémen, nous oblige à dire à nos amis, ainsi qu'aux Iraniens, qu'ils doivent trouver un moyen efficace de cohabiter et de décréter une sorte de paix froide", conclut-il.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 11/03/2016

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