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Moyen-Orient

Pour l'opposition, toute transition politique doit commencer avec le départ d'Assad

© Louai Beshara, AFP | Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a prévenu, samedi 12 mars 2016, que la délégation syrienne n'attendrait pas plus de 24 heures pour entamer les pourparlers à Genève.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 13/03/2016

Alors que le régime syrien a prévenu que le sort du président Bachar al-Assad était une "ligne rouge", l'opposition a déclaré avant l'ouverture des négociations à Genève que toute transition politique devait commencer par son départ ou sa mort.

À la veille de la reprise des négociations de paix lundi à Genève, l'opposition au régime de Damas a exigé samedi 12 mars le départ du président Bachar al-Assad, mort ou vif.

"Nous considérons que la période de transition doit débuter avec la chute ou la mort de Bachar al-Assad", déclarait ainsi à deux agences de presse le négociateur en chef de l'opposition syrienne, le chef rebelle salafiste Mohammed Allouche.

Cette transition "ne peut pas commencer avec la présence de ce régime, ou avec le chef de ce régime encore en place", a-t-il également expliqué au cours d'une interview dans un grand hôtel de Genève.

>> À lire sur France 24 : "Syrie : organiser une élection présidentielle dans 18 mois, 'une utopie'"

Conformément au processus de paix adopté par l'ONU, un gouvernement de transition et une nouvelle Constitution doivent être mis en place dans les six mois, à partir de la reprise des discussions de paix lundi à Genève. Des élections législatives et présidentielles doivent ensuite être organisées dans les douze mois suivants.

L'ONU n'avait pas réussi à faire démarrer les pourparlers début février. Cette fois, ce démarrage est rendu possible par une trêve sans précédent entre armée et rebelles, initiée par Washington et Moscou et entrée en vigueur le 27 février.

"Bachar al-Assad est une ligne rouge"

L'issue des discussions reste très incertaine tant le fossé est grand entre le régime, soutenu par la Russie et l'Iran, et l'opposition appuyée par les Occidentaux, en premier lieu les États-Unis, ainsi que la Turquie et des pays arabes.

Pour Damas, il est en effet hors de question de discuter d'une présidentielle ou du sort de Bachar al-Assad, réélu en 2014 en pleine guerre pour un nouveau septennat. "Nous ne négocierons avec personne qui veut discuter de la présidence. Bachar al-Assad est une ligne rouge. S'ils [les responsables de l'opposition] veulent continuer avec cette approche, ce serait mieux qu'ils ne viennent pas" à Genève, a prévenu samedi le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem.

Pour Damas, l'autorité de transition ne serait rien d'autre qu'un "gouvernement d'unité" élargi à des opposants, mais toujours placé sous l'autorité du dirigeant syrien.

En réponse aux propos de Walid Mouallem, le Haut comité des négociations (HCN), qui rassemble les groupes clés de l'opposition a accusé Damas de mettre fin aux discussions avant même qu'elles aient commencé. "Je crois qu'il [Mouallem] porte un coup fatal à Genève, c'est clair", a déclaré Monzer Makhous, membre du HCN, à la chaîne de télévision Al Arabiya al Hadass. "Moualem arrête les pourparlers avant même qu'ils ne commencent."

La guerre en Syrie a fait plus de 250 000 morts depuis cinq ans. Le cessez-le-feu est globalement respecté depuis fin février. Le ministère russe de la Défense a cependant fait état samedi de dix violations de la trêve durant les dernières vingt-quatre heures et l'opposition syrienne a annoncé avoir abattu un avion de combat dans la province de Hama, dans l'ouest du pays.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 13/03/2016

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