Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

LE JOURNAL DE L’AFRIQUE

Présidentielle : Le Gabon suspendu à la décision de la Cour Constitutionnelle

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Attentats aux États-Unis: la peur du terrorisme ravivée (partie 2)

En savoir plus

UNE SEMAINE DANS LE MONDE

Mort d'un homme noir tué par la police aux États-Unis: racisme ou dérapage ? (partie 1)

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Quelle politique mener à l'égard des réfugiés en Europe ?

En savoir plus

LA SEMAINE DE L'ECO

Budget de l'État 2017 : le grand bluff ?

En savoir plus

TECH 24

La dictature des algorithmes

En savoir plus

FOCUS

Adulé ou conspué : Jeremy Corbyn, une figure qui divise le Labour au Royaume-Uni

En savoir plus

#ActuElles

Pénélope Bagieu raconte en BD l'histoire de 15 héroïnes culottées

En savoir plus

À L’AFFICHE !

"Djihad" ou l'art comme rempart à l'extrémisme

En savoir plus

Afrique

Grand-Bassam : une confirmation de l'avancée des jihadistes vers le golfe de Guinée

© Issouf Sanogo, AFP | Des soldats ivoiriens marchent sur la plage à Grand-Bassam, le 13 mars 2016, après l’attaque terroriste.

Vidéo par FRANCE 24

Texte par Charlotte OBERTI

Dernière modification : 14/03/2016

Pour les spécialistes de l’Afrique de l’Ouest, l’attaque contre la station balnéaire de Grand-Bassam, en Côte d’Ivoire, revendiquée par Aqmi, n’est pas une surprise. Elle confirme l’expansion des groupes jihadistes sahéliens vers le Sud.

En attaquant la cité balnéaire de Grand-Bassam, située à seulement 40 kilomètres de la capitale de la Côte d'Ivoire, les terroristes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) confirment des craintes vieilles de plusieurs mois : les jihadistes sahéliens ont bel et bien mis cap vers le Sud. Depuis notamment l’attaque de Ouagadougou en janvier, Abidjan apparaissait, au même titre que la capitale sénégalaise Dakar, comme une potentielle "cible naturelle" des groupes jihadistes, selon Vincent Hugeux, journaliste à L’Express et spécialiste de l’Afrique. Dimanche 13 mars, les craintes ont laissé place à un macabre constat : 18 personnes, parmi lesquelles un Français et une Allemande, ont été tuées par un commando terroriste dans une attaque revendiquée par Aqmi. De source proche du dossier, des ressortissants du Liban, du Burkina Faso et du Mali figurent aussi parmi les morts.

"Il fallait s’attendre à ce que la Côte d’Ivoire soit attaquée"

Pourquoi la Côte d’Ivoire ? "C’est évidemment un symbole, explique Vincent Hugeux à France 24. À Grand-Bassam, le week-end, et d’autant plus en période caniculaire comme maintenant, on trouve des expatriés occidentaux mais aussi des membres des élites ivoiriennes. Il y a là une logique de double châtiment : châtier d’une part l’Occident, et la France en particulier, pour son engagement dans la lutte contre le jihadisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest, et d’autre part châtier leurs alliés, perçus comme les supplétifs impies d’un projet quasiment néocolonial."

La Côte d'Ivoire, où un peu plus de 550 militaires français sont stationnés, participe à la force de l'ONU déployée au Mali.

>> À relire sur France 24 : "Face à la montée de l’EI en Afrique, Al-Qaïda montre ses muscles"

La Côte d’Ivoire, un pays fragile

Au-delà du symbole, l’attaque de la plage de Grand-Bassam correspond à une stratégie connue d’Aqmi et personnifiée par l’emblématique chef jihadiste Mokhtar Belmokhtar, à savoir l’expansion vers le Sud de l’Afrique. L’organisation est dans une logique de "lutte d’influence avec d’autres groupes qui s’avèrent de plus en plus puissants, à savoir l’organisation de l’État islamique", précisait Wassim Nasr, spécialiste des réseaux jihadistes à France 24, il y a quelques mois. "Mokhtar Belmoktar a toujours voulu pousser les attaques d'Aqmi vers le Sud, explique-t-il. Cela s'inscrit dans la continuité de la lutte au Sahel, dans une guerre qui cible les lieux de rencontres des Occidentaux et déstabilise les économies de ces pays africains."

Cette même logique avait déjà prédominé lors des retentissantes attaques à l’hôtel Radisson Blu à Bamako, en novembre 2015, et à l’hôtel Splendid et au café Cappucino de Ouagadougou, en janvier, toutes deux revendiquées par Aqmi.

"Les services de sécurité ivoiriens n’ont pas été à la hauteur"

"Ces groupes qui sévissent en Afrique de l’Ouest sont d’une efficacité redoutable, ils se coordonnent très bien et sont très mobiles", estime Emmanuel Dupuy, professeur de géopolitique à l’université Paris-Sud et président de l'Institut Prospective & Sécurité en Europe. "Le front est en train d’évoluer du Sahel vers la savane, de la côte méditerranéenne (Algérie, Tunisie, Libye) vers le golfe de Guinée. C’est une évolution très inquiétante pour les pays en question. Désormais, on peut dire qu’il s’agit d’une guerre urbaine ciblant des lieux très fréquentés mais difficilement protégés."

>> À voir sur France 24 : "Un terroriste a tiré dans l'hôtel où nous étions cachés à Grand-Bassam"

Si, aujourd’hui, le pays des éléphants est visé c’est en outre parce qu’il représente une cible toute trouvée pour Aqmi, souligne quant à lui le politologue et spécialiste de la région, Michel Galy, sur l’antenne de France 24. "La Côte d’Ivoire est très divisée et fragile depuis la guerre civile de 2011 et les violences qui s’en sont suivies. Niveau sécurité, il y a un grand mélange des genres dans le pays : d’un côté des forces pro-Ouattara, qui sont des sortes de milices, puis les Forces armées de Côte d’Ivoire (FDS), et enfin des forces françaises. Le pays est sans doute attaqué en raison de ces fragilités."

Première publication : 14/03/2016

  • CÔTE D'IVOIRE

    Côte d'Ivoire : Aqmi revendique l’attaque terroriste de Grand-Bassam

    En savoir plus

  • CÔTE D'IVOIRE

    Attaque de Grand-Bassam : "Ils ont tué trois personnes derrière nous"

    En savoir plus

  • CÔTE D'IVOIRE

    Une fusillade sur une plage de Grand-Bassam en Côte d'Ivoire fait au moins 16 morts

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)