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EUROPE

Durant son procès, Anders Breivik accuse l'État de vouloir le "tuer"

© Lise Aserud, AFP | Anders Breivik arrive menotté à son procès, le 16 mars 2016.

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 16/03/2016

Au deuxième jour de son procès contre l'État norvégien, Anders Breivik, l'auteur de la fusillade d'Utoya en 2011, a accusé son pays de vouloir "le tuer". Il a également défendu ses convictions racistes, réaffirmant son adoration pour le nazisme.

Au deuxième jour de son procès contre l’État norvégien pour "traitement inhumain", Anders Behring Breivik, reconnu coupable de la mort de 77 personnes en 2011, a profité de son passage à la barre pour clamer son adoration pour le nazisme jurant de défendre cette idéologie raciste. "Je lutte pour le national-socialisme depuis vingt-cinq ans et je vais lutter pour lui jusqu'à ma mort", a déclaré l'extrémiste de 37 ans. Car "je suis national-socialiste depuis que j'ai 12 ans", a-t-il précisé, allégeance qu'il raconte avoir dissimulée jusqu'en 2014.

Cette violente prise de parole était redouté par les familles des victimes. Il s'agissait de ses premières déclarations publiques depuis le procès de 2012 qui a abouti à sa condamnation à vians de prison, peine susceptible d'être prolongée s'il reste considéré comme dangereux.

"Torture"

Il a également accusé l'État de vouloir le "tuer" à cause de l'isolement carcéral, qu'il a qualifié de "torture". Lorsqu'il a décliné son identité, il s'est présenté comme "secrétaire du parti politique État nordique", formation extrémiste qu'il essaie de monter depuis sa prison. La juge a coupé court, soulignant qu'il lui fallait s'en tenir à ses conditions de détention.

>> À lire sur France 24 : "Quatre ans après le carnage d'Anders Breivik, l'île d'Utøya reprend vie"

Se disant en guerre contre le multiculturalisme, il avait le 22 juillet 2011 tué 77 personnes. Dont huit en faisant exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo et 69 autres en ouvrant le feu sur un camp d'été de la Jeunesse travailliste. Pendant plus d'une heure, il avait traqué près de 600 adolescents piégés et terrifiés sur l'île d'Utøya, achevant la plupart de ses victimes d'une balle dans la tête.

 

Par égard pour les familles et les survivants, mais aussi pour l'empêcher d'envoyer des signaux codés à ses sympathisants, la justice norvégienne interdit de diffuser tout extrait vidéo des propos du tueur. Mais la presse peut les retranscrire.

>> À revoir sur France 24 : "Vivre après le massacre d’Utøya"

En prison, il dispose de trois cellules, soit plus de 31 m² répartis entre espace de vie, d'études et d'exercices physiques, avec télé et lecteur DVD, console de jeux, livres et journaux, puzzles, machine à écrire et appareils de musculation, ont fait valoir les représentants de l'État. Conditions plutôt confortables donc, à l'écart des autres détenus, mais qu'il juge insatisfaisantes.

Un détenu qui se dit "exemplaire"

Breivik accuse la Norvège de violer deux dispositions de la Convention européenne des droits de l'Homme, l'une interdisant les "peines ou traitements inhumains ou dégradants", l'autre garantissant le "droit au respect de sa vie privée (...) et de sa correspondance".

À l'appui de cette accusation, le détenu a reconstitué mercredi les inspections corporelles (885 selon son décompte) auxquelles il a été soumis depuis sa mise en détention il y a près de cinq ans, "humiliantes" et "insensées" d'après lui. Il a mimé, accroupi et debout, les différents contrôles de sécurité sous le regard attentif de trois surveillants.

"C'est compréhensible quand c'est justifié, par exemple quand il s'agit de personnes qui ont un passé violent ou quelque chose du genre, mais je me comporte de manière exemplaire depuis cinq ans", a-t-il déclaré. Il a dressé une rapide analogie avec la prison américaine de Guantanamo sur l'île de Cuba. "Personne, je crois, ne sera surpris d'apprendre que je suis torturé. Il n'y a qu'à voir Guantanamo Bay".

Avec AFP

Première publication : 16/03/2016

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